Cette année, le thème retenu était planétaire.
Le cinéma peut-il sauver la planète? Probablement non mais de l'ennui très certainement.
Ont été projetés durant cette session quelque 35 films ayant un rapport avec l'écologie et la défense de l'environnement. Ecologie et politique, environnement et société…Du film catastrophe au film militant, les approches sont diverses mais la volonté est la même: faire prendre conscience du danger qui nous menace.
Ainsi les films tels que Zone Rouge de Robert Enrico, Soleil Vert, Stalker d'Andrei Tarkovski, L'armée des 12 singes, Bienvenue à Gattaca ou Erin Brockovich ont pu être découverts par les plus jeunes spectateurs ou revus par les plus anciens.
Comme je fais partie du second groupe, mon choix s'est porté sur les huit films présentés en avant première et en compétition.
La session est terminée, je vous livre les prix:
Le coup de cœur du public a été attribué à un film allemand: La Vague de Dennis Gansel –Bronze du meilleur film au Deutscher Filmpreis (sortie prévue le 28/01/2009). C'est un film inspiré de faits réels qui raconte l'évolution d'un atelier destiné à des lycéens pour la définition de "l'autocratie". Professeur charismatique, discours serré, coup de poing sur cohésion et discipline, corps élitiste rigoureux et hiérarchisé. L'avenir sur un passé douloureux…film à voir absolument, puissant, dérangeant.
Le prix du Jury Presse a été donné à Frozen River de Courtney Hunt USA (sortie prévue le 07/01/2009). Ce film a été primé à Sundance en 2008; l'actrice a été consacrée à San Sebastian. Le thème est celui des minorités (indienne en l'occurrence ici ) et des "losers" de la société de la société américaine, prêts à devenir passeurs pour faire entrer des clandestins aux USA en traversant la rivière gelée qui sépare une petite ville américaine du Canada.
Le prix Jury/Jeune (Président: Serge Riaboukine qui a joué dans "la Balance", "Peau d'homme", "Cœur de bête" ou "Comme elle respire") a été pour Boy A de John Crowley, GB. Un jeune de 24 ans, Jack, doit échapper à un lourd passé, il sort de prison, il est en quête d'une nouvelle vie: n'est-ce pas une utopie?
Mention spéciale à Le Père de Giovanna de Pupi Avati. Histoire relationnelle très forte entre une fille et son père, histoire sociale (Les années 30 à Bologne; la guerre). Ce film a déjà été distingué à la "Mostra" de Venise 2008 (Prix du meilleur acteur).
Le Prix Musique a été retenu pour le film québecois Everything is fine (sortie le 07/01/2009). Ce film "Tout est parfait" est paradoxalement à l'opposé de son titre puisqu'il s'agit d'un suicide collectif d'adolescents et de l'extrême difficulté pour l'un d'entre eux, de continuer à vivre. "Valois" du meilleur acteur au festival d'Angoulême, et prix du Jury/Jeune au Festival de Sarlat, le film est subtil quant à l'évocation de l'intériorité d'un être qui n'arrive pas à dépasser sa culpabilité et son désir de non vie.
Plus légère car c'est une comédie italienne, Le déjeuner du 15 août de Gianni Di Gregorio (sortie prévue le 11/03/2009) vous réjouira: un homme d'une cinquantaine d'années vit encore avec sa mère dans une vieille demeure de Rome. On rit, tant les propos et situations sont évoqués avec un humour que seuls les Italiens ont quand ils ne s'engluent pas dans la lourdeur.
Je ne voudrais pas ne pas signaler I feel good de Stephen Walker –Meilleur film international du Festival de Los Angeles 2007, (sortie prévue le 24/12/2008). Une chorale mixte hors du commun. Avec une moyenne d'âge de 80 ans, ses chanteurs se consacrent à un répertoire inattendu (tubes punk, soul et hardrock). Mais ce n'est pas que cela: c'est aussi un regard sans concession sur nos parents et grands parents qui aborde totalement des questions taboues comme le sexe, la mort, la maladie, etc.. Défi à l'âge et aux conventions. La troupe se promène depuis plusieurs années dans le monde. Une énergie et un plaisir sans cesse renouvelés: le leur...le nôtre!