TOURNAGE AU PRADET
LINE RENAUD : "C'est toujours le public qui guide mon destin".

En ce début d'automne, les tournages s'enchaînent, se suivent et ne se ressemblent pas. Après Macha Méril et les naturistes, voici Line Renaud dans un sombre polar au soleil du Pradet, dans cette demeure insensée qu'est la villa Roca Bella. Une maison immense qui domine la mer et ressemble à une pièce montée avec un escalier intérieur rose bonbon; qui peut défier celui de Fontainebleau. Plus kitch que ça, tu meurs !
C'est la demeure de Laurence Weber, alias Line Renaud, célèbre concertiste multimilliardaire qui va faire l'objet d'un sombre complot. Un film que tourne Henri Helman (Lagardère, Méditerranée, Tramontane, Joséphine Ange gardien...) pour France 3, avec Olivier Minne; Romane Portal et Yvon Back et qui a pour titre "Simple question de temps".
Line en est donc l'héroïne et c'est toujours un plaisir que de la retrouver, belle et pétulante, toujours simple et de bonne humeur...
Aussitôt que j'arrive, entre deux scènes, elle me fait visiter cette incroyable maison et me parle du succès de "Isabelle disparue" qui vient de passer sur France 3.
"Tu te rends compte, nous avons fait 3 millions 1/2 de spectateurs face à "Danse avec les stars", si tu savais comme ça me rend heureuse !
C'est un des rôles les plus durs que j'aie eu à jouer. J'appréhendais beaucoup la réaction du public : allait-il accepter ce film en costume avec un langage du XVIIIème siècle, un texte ciselé très dur à apprendre ?..."
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Notre Line nage donc dans ce bonheur tout récent qui se prolonge avec ce tournage :
"Nous tournons ici, au Pradet, à Nice, à Marseille et je suis dans un merveilleux hôtel à Bandol avec un temps magnifique et une équipe adorable... On serait heureuse à moins !
Regarde, il y a des photos de moi partout dans la maison, avec Raimondi, Rostropovitch, Pavarotti... Des vraies photos qui vont bien avec mon rôle de concertiste.... Que de souvenirs...
Parle-moi donc de ce film...
Il est tiré d'un roman de série noire de James Hardley Chase. Il avait déjà fait l'objet d'un film avec Françoise Rosay sous le titre "Pas folle la guêpe". Je suis au centre d'un sombre complot car je suis très riche et tout se trame autour de moi pour récupérer ma fortune... C'est l'affaire Bettencourt avant la lettre mais je ne serai pas mise sous tutelle et peu à peu je vais me rendre compte de ce qui se passe dans mon dos. Au fur et à mesure, je vais dénouer le fil de l'histoire. Ils sont très forts mais seront en fait les arroseurs arrosés !
Je suis aussi heureuse de retrouver Henri Helman pour la troisième fois avec qui j'avais tourné "Rendez-moi ma fille" et "Une vie pour une autre".
La voici qui repart tourner et qui revient en me disant :
"Ah, tu sais que mon DVD Olympia sort en novembre... Je suis ravie.
Tu peux l'être car ça a été un succès !
C'est vrai, ça a été une belle aventure. Pourtant Dieu sait si j'ai hésité à revenir à la chanson...

Alors, pourquoi repiquer au jeu ?
Je crois que la chanson était enfouie en moi et qu'elle n'attendait qu'une occasion pour revenir à la surface. Et puis, je rencontrais tellement de gens qui me disaient : "Alors, on vous revoit quand sur scène ?. Les plus âgés voulaient me revoir chanter et beaucoup de jeunes aussi voulaient découvrir la chanteuse... Alors j'ai dit oui. C'est toujours le public qui me dicte mon destin.
Referas-tu un disque ou une scène ?
Il ne faut pas dire "fontaine, je ne boirai pas de ton eau"... la preuve ! Mais pour le moment je suis au moins occupée... pour deux ans !
C'est à dire ?
Après ce téléfilm, je ferai "Jacqueline et Belinda" puis je tournerai dans le premier film réalisé par Didier Van Cauwelaert "J'ai perdu Albert" avec François-Xavier Demaison, Robert Hirsch. C'est un sujet magnifique. Et puis, je reviendrai au théâtre.
Raconte...
Non... Je ne peux pas encore en parler mais... Je suis déjà dessus. Pour ce film je connais mon texte par cœur alors, entre deux retours à Paris, j'apprends mon texte car au théâtre, l'erreur ne pardonne pas. Il faut donc que je commence à engranger !
Mais qu'est-ce qui fait courir Line ?
(Un silence, un regard lointain, bleu azur, un regard de tendresse)
Je ne sais pas... Si, je sais... Ma nature, ma passion. Je dirais d'abord ma passion puis ma nature puisque, Dieu merci, je suis en bonne santé... Et puis le public que j'adore et qui me le rend bien, toutes générations confondues.
Alors... Je continue ma route"
Jacques Brachet |