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RAMATUELLE – 25 ANS…..
DE BONS MOMENTS

JACQUES WEBER, ETONNANT FLAUBERT
« Sacré nom de Dieu »… quel comédien magnifique, ce Weber !!!
Le voici dans la peau de Flaubert. Un Flaubert dans l’errance d’un soir d’orage où il partage son angoisse de la page blanche avec sa servante.
Flamboyant, il est, dans ce rôle à sa démesure, où il râle, crie, vitupère contre les pseudo-écrivains et surtout contre lui-même qui n’arrive pas à trouver l’inspiration, la phrase juste, qui voudrait écrire « le » roman d’une vie d’écrivain, celui qui l’amènerait à… l’Académie Française qu’il exècre et qu’il fustige ! Entre coups de tonnerre et coups de gueule, il crie aussi contre le sort qui le retrouve malade et abandonné de sa maîtresse, il est désespéré de vivre dans un monde médiocre et se pose toutes les questions existentialistes de la terre.
Dans cette pièce « Sacré nom de Dieu », écrite par Arnaud Benouet d’après la correspondance de l’écrivain, on retrouve la force et la fragilité de l’homme, de l’artiste qui se consume dans son art… l’art de vivre, l’art d’écrire… l’Art avec un grand A.
Dans des lumières tout en demi-teinte et de belles trouvailles de Loïc Corbery, « le grand Jacques » est tout simplement formidable. Ce fut un grand moment de théâtre.

PATRICIA KAAS… SUBLIME MENEUSE DE CABARET !
Ce fut la folie des grands soirs. Une salle archi-bourrée. Le fan club au complet. Et une Kaas divine, flamboyante, belle à couper le souffle, à la fois tragique et mutine, liane et féline, Piaf et Dietrich.
On entre dans son « Kabaret » dans des lumières glauques, dans une ambiance feutrée où, durant deux heures, elle va nous offrir toute sa panoplie de rêves, de nostalgie et de mélancolie, de mystère et de grains de folie. De poésie aussi.
Un abattage incroyable, une grâce incroyable, une voix incroyable qui sort des tripes et vous fait à la fois trembler et frissonner.
Elle fait corps avec ses musiciens qu’elle fait entrer dans son jeu et avec sa danseuse avec qui elle a des moments de complicité totale. Elle est tragédienne et meneuse de revue, dans des costumes hyper-sexy et nous présente ses tubes revus et corrigés et tous ses nouveaux titres inspirés de ce cabaret des années 30 où la femme était reine.
Quant au final, sorte de danse folle, on n’avait plus vu ça depuis Claude François !!!!
Ce soir-là elle fut plus que reine dans un spectacle beau, original, une presque comédie musicale à l’image d’une Minelli française, féline et blonde. Elle transcende la variété, elle nous offre son Music-Hall et le succès fut à la hauteur de ce spectacle… et des coussins reçus sur scène !!!

Jacques Brachet

© 2008 Evasion Mag