THE SHOW MUST GO ON
C’est sur la plage des Jumeaux, au restaurant du même nom, que nous avions pris l’habitude de nous retrouver annuellement au cours d’un repas de presse amical, autour d’une présidente et d’un directeur artistique qui nous dévoilaient le programme du Festival de Ramatuelle.
Mais cette fois, ce n’était pas un rendez-vous comme les autres puisque si la présidente, Jacqueline Franjou, était là, fidèle au poste, il y avait un grand absent : le directeur artistique, Jean-Claude Brialy.
C’est à la même époque, l’an dernier, que l’on devait voir pour la dernière fois notre ami Jean-Claude, très affaibli mais masquant sa maladie par cet humour et cette chaleur qu’il garda jusqu’à la fin. Il devait nous quitter quelques jours après.
Aussi, c’est avec beaucoup d’émotion que nous nous retrouvions tous, un an après mais aussi avec de la curiosité puisqu’on allait pour la première fois, déjeuner avec le nouveau directeur artistique qui, de son côté, appréhendait un peu cette première rencontre avec son nouveau titre et cette nouvelle fonction : Michel Boujenah.
Bien sûr, ce n’était pas notre première rencontre avec ce talentueux comédien que l’on retrouvait tel qu’en lui-même : intimidé et un peu gêné. D’abord parce que s’il est expansif sur scène, il est très discret dans la vie et que prendre la place d’un homme qui avait autant de personnalité que Jean-Claude ne doit pas être si facile que ça.
Mais le premier moment de gêne passé, c’est avec cette passion qu’il a en lui qu’il se mit à nous parler de ses nouvelles fonctions, de ses ambitions pour ce festival, de son amitié avec Jacqueline et Jean-Claude et comment il voyait sa nouvelle fonction qu’il prend très au sérieux et… « pour longtemps, j’espère », nous a-t-il dit.
Auparavant, Jacqueline tenait bien sûr à rendre hommage à son complice de 25 années

JACQUELINE FRANJOU : « La succession est assurée »
« Il y a un an, nous étions réunis tous ensemble autour de Jean-Claude déjà très affaibli mais qui nos présenta son programme avec un courage remarquable et avec passion car ce festival était devenu sa famille. Je suis sûre que, où qu’il soit aujourd’hui, il nous surveille et il est heureux que nous continuions son travail et, entre autres, que grâce à Anne-Marie Philipe, on ait repris l’affiche du début qu’il aimait tant et qu’il avait choisie.
Heureux aussi que Ramatuelle soit le seul festival en France qui n’ait pas changé de présidente et de directeur artistique.
Heureux enfin que ce soit Michel Boujenah qui lui succède. Je sais qu’il aurait apprécié ce choix et je remercie Michel d’avoir accepté ma proposition l’espace d’un coup de téléphone. Toute l’équipe est unanime, enchantée, rassurée car Michel assurera la continuité de cette œuvre avec la même tendresse, la même passion, la même solidarité.
Je veux aussi rendre hommage à Albert Raphaël, l’ancien maire de Ramatuelle aujourd’hui décédé, à qui nous devons tout, le festival et ce théâtre qui, aujourd’hui, reçoit plusieurs événements d’importance.
Michel et moi allons donc travailler ensemble, sans oublier le passé mais en pensant au présent et à l’avenir, en collaborant dans l’affectif, en continuant à être une famille.
Cette année, je n’aurai pas à monter sur scène et c’est un vrai soulagement tant j’ai la trouille de dire des conneries !!! Je ne suis vraiment pas faite pour ça et comme on a un directeur – comédien qui plus est – c’est lui qui va s’y coller !
L’an dernier, lorsque j’ai annoncé que ce serait Michel qui succèderait à Jean-Claude, j’avais un peu peur de la réaction du public mais j’ai très vite été rassurée lorsque tout le monde s’est levé pour l’applaudir.
Ensemble, nous avons donc monté ce programme. C’est toujours très difficile à cause de l’indécision des artistes, de ceux qui disent oui puis se rétractent et surtout pour les spectacles de variété qui sont de plus en plus lourds en matériel, en techniciens, en décors, en musiciens et donc, qui deviennent de plus en plus chers. Mais le programme se partage bien entre musique, théâtre, humour… Je pense que Jean-Claude l’appréciera ! »
MICHEL BOUJENAH :
« Dans les pas de Jean-Claude tout en innovant… »
« Je tiens avant toute chose à rester fidèle à l’esprit de Jean-Claude, à l’éclectisme du festival, festival qui n’est même pas rare mais unique. Je respecterai donc son travail mais en même temps, j’ai envie d’avancer, d’envisager un certain développement, élargir un public en dehors de celui qui s’est fidélisé au cours des années.
On continuera donc à mélanger les genres, passer du théâtre classique au théâtre de boulevard, de la musique à l’humour mais en offrant aussi des passerelles aux jeunes artistes, aux « vedettes » en devenir. Je voudrais étonner, surprendre, éveiller a curiosité en présentant des spectacles, des artistes qui méritent qu’on les découvre, tout en gardant des têtes d’affiches qui entraîneront le festival.
Pour moi, cette année, Jean Rochefort était incontournable car un lien très fort nous unit, le trait d’union étant Philippe Noiret. Mais je suis heureux qu’auprès de lui, de Jean-Louis Trintignant, on trouve Grand Corps Malade, Arthur ou Liane Foly dans son spectacle d’imitation. D’avoir à la fois Torreton et Myriam Boyer, Dany Brillant et Véronique Sanson.
J’ai aussi envie d’innover avec des rencontres autour du rire et de l’humour, faire venir des artistes comme Diam’s ou MC Solar qui sont de vrais auteurs, réunir les génération avec Juliette Gréco et Abd Al Malik sur la même scène, que les grands soient des passerelles pour ces artistes qui arrivent…
Sans être prétentieux, je voudrais sinon changer mais développer les goûts du public, élargir ce public et surtout, continuer à le faire rêver.
Bien évidemment, je sais que nous sommes liés aux recettes. Il nous faut donc penser à remplir le théâtre et prendre des risques calculés en étant novateur, en apportant des choses nouvelles qui amèneront un public nouveau. Je voudrais établir des relations de fidélité avec ces jeunes artistes pour qu’un jour ils puissent revenir en remplissant le théâtre sur leur seul nom.
Je veux organiser des soirées du rire et cette année, grâce à Anne Barrère, on démarrera le festival avec de l’humour. Et ça, ça me tient très à cœur.
Etre directeur artistique est une lourde tâche, une tâche complexe. Ca demande beaucoup de travail, je m’en rends compte tous les jours ! Je vais prendre ce boulot très au sérieux, sans essayer de ressembler à Jean-Claude – je n’ai ni sa classe, ni son aisance, ni son élégance, ni son vocabulaire, ni ses relations ! – je vais essayer d’installer mon empreinte, mes idées, mes goûts, tout cela avec Jacqueline bien sûr… et je présenterai effectivement le spectacle tous les soirs dans le style du spectacle qu’on recevra… Ce sera ma première empreinte !
Dans la vie je suis très timide, je vais donc faire un gros effort sur moi-même en endossant cette énorme responsabilité. Je le dois à Jean-Claude et si, je l’avoue, j’ai très peur, ça me passionne aussi énormément.
Ce qui est très dur pour moi en ce moment, c’est que nombre d’artistes m’appellent pour jouer à Ramatuelle et ça m’est très difficile de refuser mais je ne peux dire oui à tout le monde ! Nombre de gens aussi commencent à me réclamer des places pour certains spectacles… Je ne pourrai pas contenter tout le monde… Et ça m’est très très dur de dire non à quelqu’un !
Enfin, dernière chose, je vous rassure – si tant est que cela vous rassure ! – je continue mon métier de comédien. Je reste comédien et humoriste avant tout. Je prépare un nouveau spectacle que je donnerai cet été en avant-première dans mon fief à St Paul de Vence.
Deux films sortent prochainement : « Les bureaux de Dieu » de Claire Simon, qui sera présenté à la Quinzaine des réalisateurs avec plein de belles comédiennes : Isabelle Carré, Nicole Garcia, Marie Laforêt, Béatrice Dalle, Nathalie Baye… et « La loi du plus fort » d’Alain Tasma. Je suis aussi en train d’écrire un nouveau film, à mon rythme…
Je sais que je ferai du cinéma toute ma vie… du moins, tant que le public voudra de moi et que des producteurs me feront confiance !
J’aime trop ça pour m’en passer… Aussi, je me prépare des années difficiles ! »
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ANNE BARRERE : Cent pour sang la vie… Cent pour cent le rire…
Anne Barrère n’est pas seulement une grande productrice de télévision mais aussi la présidente de l’association « Cent pour sang la vie » qui fédère toutes les associations luttant contre les leucémies.
Liant ses deux casquettes elle a créé une émission sous le signe de rire et de l’humanitaire. Cette émission, intitulée « La vie en rire » passe en direct ou en différé sur France 3 et réunit un bouquet d’humoristes connus ou débutants qui viennent - bénévolement, précisons-le - offrir au public un sketch ou deux. Les buts sont de faire rire tout en faisant connaître cette belle association et récolter des fonds pour l’aider à combattre ces terribles maladies.
C’est Michel Leeb qui est le parrain de cette soirée parce qu’il a été le premier à répondre présent à Anne. Bien entendu, les potes ont suivi et c’est ainsi que, de Michel Boujenah à Anne Roumanoff, , nombre d’humoristes ont très vite agrandi le cercle.
Il était donc imparable que Michel monte au créneau et du coup, Anne, Jacqueline et lui ont décidé de proposer, en ouverture de ce festival, cette émission qui se déroulera dans ce beau théâtre en plein air le jeudi 31 juillet. L’on y retrouvera les deux Michel, Leeb et Boujenah, Liane Foly qui sera le jour suivant la première invitée du festival avec son spectacle d’imitations « La folle parenthèse », Anne Roumanoff, Armelle, Vrginie Hocq, Michaël Grégorio qui sera le fil conducteur de la soirée, Jérôme commandeur, Denis Maréchal, Didier Bénureau et quelques autres car chaque jour vient s’ajouter un nouveau complice.
Une soirée pour joindre l’utile à l’agréable qui risque de se terminer fort tard sur les fameux coussins rouges de Ramatuelle !
Renseignements :
Editel : 01.55.20.07.80 – editel@sn-editel.com
Festival de Ramatuelle : 04.98.12.64.00 - 04.94.79.25.63
www.festivalderamatuelle.com et www.culture-et-mecenat.fr
LE LIVRE
A l’occasion de l’anniversaire de la disparition de Jean-Claude Brialy, j’ai voulu lui dédier ce livre qui raconte toutes mes rencontres avec ce beau comédien et la belle histoire d’amour qui l’a lié 23 ans à ce festival de Ramatuelle qui est l’œuvre de trois belles personnes : Jean-Claude, Albert Rapaël, maire d’alors à Ramatuelle, sa complice Jacqueline Franjou qui m’a fait l’amitié de préfacer ce livre. De beaux souvenirs, de belles soirées, de belles photos…
Merci Jean-Claude de m’avoir offert tous ces beaux moments…
Jacques BRACHET
"Jean-Claude Brialy - Ramatuelle : Une histoire d'amour"
(Ed Didier Carpentier)

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