Bons plans
    - Les bons plans

  Cinéma
    - DUBOSC Disco
    - MR 73
    - Dany BOON

  Ecriture
    - Jean-Marie PERIER
    - Dominique MARNY
    - Deux coups de coeur
    - Notes de lecture

  Evénement
    - Chasse au diamant... belge
    - Forum de la mer
    - Carnaval de Nice

  Expos
    - La Toscane à Sanary
    - Salon d'automne
    - Jacques RENOIR

  Festivals
    - L'Anche à Hyères
    - MIDEM 2008
    - Les Fantaisies Toulonnaises

  Gastronomie
    - Belgentier tout chocolat
    - La Bastide de Tourtour
    - Des nouvelles du Bandol

  Musique
    - Michelle TORR à l'Olympia
    - Tout Cloclo !
    - Nouveautés
    - Mes sixties

  Portraits
    - Chimène BADI

  Théâtre
    - Le bruit des hommes
    - WILDE à Sanary
    - Stéphane ROUSSEAU
    - Un beau Quadrille

  Tourisme
    - Des guides
    - Le Puy de Dôme
    - La truffe blanche
    - Noël à Montbéliard
    - Les 3 Vallées

 

SANARY, THEÂTRE GALLI : UN FORT ELEGANT QUADRILLE

Les pièces de Sacha Guitry sont toujours des moments d’élégance et d’humour, d’usage et de raison et synonyme de qualité et de divertissement.
« Quadrille » est une pièce qui a vu le jour en 1937 et 70 ans après, elle n’a pas pris une seule ride. C’est un vaudeville plein de charme et bien entendu truffé de « mots », de phrases assassines et quelquefois aussi, de pensées à étudier comme : « Au début de l’aventure, le cocu y est toujours pour quelque chose » ou encore « Il ne faut jamais aller au devant des choses qu’on redoute »
Et c’est pourtant ce que va faire Paulette, comédienne de théâtre (Caroline Tresca) compagne de Philippe, rédacteur en chef de « Paris Soir » (Patrick Préjean), en tombant amoureuse d’un jeune comédien anglais Carl et en se trouvant bien embêtée entre un amant qu’elle a envie de suivre à Hollywood et son compagnon qu’elle aimerait épouser. Quant à Philippe, jaloux et possessif, il est très en colère de se savoir cocu et jette son dévolu sur une jeune journaliste amie de la comédienne, Claudine (Julie Arnold).

Nous voici donc partis dans un jeu de l’amour et du hasard, entre vérités et mensonges, entre situations drôles et tragiques, entre vengeance et pardon, culpabilité et repentance, sentiments et pulsions…. Mais comme c’est une comédie, les portes vont s’ouvrir et se fermer sur les personnages qui se croisent, s’attirent et s’éloignent, partagés entre envie, passion, bienséance… Chacun son tour va aller de mensonges en vérité face à l’autre et ainsi des échanges naissent pleins de sel et d’esprit, qui vont quelquefois plus loin que le bon mot et l’humour. Pièce dont les dialogues sont élégamment, intelligemment ciselés et où nos comédiens font merveille : Patrick Préjean, stature imposante, belle prestance, voix de basse, pris entre deux amours et deux sentiments, la vengeance pour l’une, l’attirance pour l’autre et malgré tout terriblement atteint, plus dans sa fierté que dans ses sentiments d’être le cocu de l’histoire.

Julie Arnold est d’une rare élégance, d’une grande sobriété, balançant entre son amitié pour la comédienne, son attirance pour le journaliste… et le titillement de sauter le pas avec le comédien, tout en nuances et en regards qui en disent long.
Caroline Tresca, comédienne pétillante et sublimement belle, légère, volage et coquette, franche et naïve, mais néanmoins rouée, embringuée dans cette aventure dont elle ne connaît pas le dénouement et le désir de devenir une épouse rangée et sans surprise.
Nombre de vérités vont sortir sans jamais tomber dans le sordide ou le vulgaire, tout le temps sur une corde raide mais restant toujours dans la plus grande élégance.
Nous avons passé un grand moment de charme avec un Guitry pétillant et un trio de comédiens épatants de classe et de talent.
Décidément, notre Sacha national est indémodable !

Jacques Brachet

© 2008 Evasion Mag