Opéra de Toulon Provence Méditerranée
PSYCHE (1671 et 1678)
Pièce de Molière (1622-1673) et Corneille (1606-1684)
Musique de Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
Adaptation inspirée de la tragédie ballet de 1671
et de la tragédie lyrique de 1678
Vendredi 23 octobre : 14.00 h (matinée scolaire)
Vendredi 23 octobre : 20.00 h - Dimanche 25 octobre : 15.00 h
Afin de célébrer la puissance du Roi Soleil et ainsi éblouir sa cour, Molière, Corneille, Quinault et Lully réunirent leurs talents autour de Psyché, sujet emprunté à la mythologie. Tel un miroir, dans ce XVII ème siècle qui adorait le merveilleux, le monde des Dieux reflète celui des humains (et vice versa !) et la rencontre entre les deux clans fait des étincelles, pour notre plus grand plaisir !
A partir de deux matériaux : la tragédie ballet de 1671 (pièce de Molière et Pierre Corneille, intermèdes musicaux de Lully sur un livret de Quinault) et la tragédie lyrique de 1678 (Livret de Thomas Corneille et musique de Lully) nos deux compagnies, l’une théâtrale (Compagnie du Griffon, direction Julien Balajas), l’autre musicale (Compagnie Les Bijoux Indiscrets, direction Claire Bodin) proposent aux spectateurs une version inédite du mythe de Psyché. Le spectacle suit la trame de la pièce (version abrégée) et inclut une heure de musique (instrumentale et vocale). La musique, très présente, n’a pas ici vocation à servir d’intermèdes (comme c’était le cas dans les tragédies ballets). En effet nous avons souhaité une interaction permanente entre théâtre et musique. Cette dernière, en s’insérant avec fluidité dans les scènes, soutient l’action dramatique, lui permet de respirer, et lui donne une autre densité. Claire Bodin et Julien Balajas

Synopsis
Un roi a trois filles. La plus jeune, Psyché, est insensible à l’amour mais d’une beauté si parfaite qu’elle attire au palais tous les hommes venus des quatre coins du globe, lui demander sa main. Ainsi, les temples dédiés à Vénus sont désertés et la déesse, furieuse, ordonne à son fils l’Amour d’exécuter sa vengeance : Psyché aimera sans retour l’être le plus bête et difforme que la Terre ait jamais porté. Mais l’Amour tombe lui aussi sous le charme de la Belle. Avec l’aide du Zéphyr, il décide de l’enlever pour l’aimer dans un somptueux palais, à l’abri du regard des mortels... et de sa mère ! Quelque temps après, elle reçoit la visite d’Aglaure et Cydippe, ses jalouses sœurs, qui la persuadent de démasquer son amant. En révélant son appartenance divine, l’Amour est contraint de quitter pour jamais la jeune fille qui doit subir désormais les représailles de Vénus. Aux termes de pénibles épreuves, Psyché meurt. Mais l’Amour se bat, se débat contre sa mère, contre le Destin, et en appelle à Jupiter pour soutenir sa cause. Psyché sera non seulement ressuscitée mais élevée au rang des dieux.
Distribution
Julien Balajas - Mise en scène et adaptation
Claire Bodin - Direction musicale et choix musicaux
Sarah Berreby - Chorégraphe et danseuse
Luc Londiveau - Scénographie
Gabriel Vacher - Costumes
Marc-Antoine Vellutini - Lumières
Aurélie Cohen - Assistante à la mise en scène
Compagnie du Griffon – Julien Balajas
Compagnie Les Bijoux Indiscrets – Claire Bodin (Instruments anciens)
Nouvelle production de l’Opéra Toulon Provence Méditerranée
Côté mise en scène
Psyché découvre le sentiment amoureux (ses joies et ses souffrances) et renonce à sa vie passée dans le cercle familial.
L’Amour se métamorphose en jeune homme et impose ses choix bravant ainsi l’autorité parentale.
Psyché. L’Amour. Tous deux quittent l’Enfance pour devenir, au terme des épreuves rencontrées, des adultes responsables.
Au-delà de la beauté du langage du XVII ème et de la puissance évocatrice des vers, cette pièce m’a séduit par son caractère baroque, bigarré.
On voyage, en effet, de lieux terrestres en lieux divins, on assiste à des scènes tour à tour comiques ou tragiques, et le ton de la pièce est à la fois féerique et contemporain, naïf et incisif.
Psyché est à la fois un conte (on retrouve dans l’histoire des similitudes avec Cendrillon, Blanche-Neige et La Belle et la Bête) et une étude de mœurs : les rapports et les enjeux des personnages restent très actuels (une mère qui veut rester éternellement jeune, des jeunes filles complexées et mal dans leur peau…).
Le spectacle situe l’action dans la période 1900-1925.
Dans Psyché, les figures féminines sont omniprésentes. Aussi le premier quart du XX ème témoigne d’une réelle émancipation de la Femme, plus significative encore que dans les années soixante : le corset vit ses derniers instants, les femmes accèdent à des postes d’hommes durant la guerre, mais surtout elles affirment leurs désirs, tout comme le fait Psyché.
C’est aussi une période charnière; un nouveau monde voit le jour (l’exposition universelle à Paris, les débuts de l’aviation et du cinéma, le sacre de l’Art Nouveau…) tandis que l’autre s’efface (le déclin annoncé des monarques, la crise puis la désaffection croissante du christianisme, la Grande guerre qui s’approche…).
Dans l’inconscient collectif, l’image que nous avons de 1900 est celle d’une époque où l’Art, la Science, et l’Histoire peuvent encore faire coexister le réel et l’onirique.
Julien Balajas
Opéra : 04 94 92 70 78 |