NIGHT OF THE PROMS 2OO7 : DANS LA CHALEUR DE LA NUIT

Tout d’abord, il faut vous dire d’emblée que cette édition 2007… on a a-do-ré !
Par rapport à l’an dernier où le programme ne nous avait pas plus convaincu que ça, cette année tout y était : l’orchestre Novecente de Robert Groslot et la chorale Fine Fleur parfaits, un jeu de lumière formidable, un animateur plein d’humour en la personne de Carl Huybrechts et le choix des artistes bien dosé en classique et moderne, les voix toutes superbes, le rythme bien tempéré et le mélange « moderne façon classique » et « classique façon moderne » parfait. Une belle homogénéité et un spectacle où tout le monde y trouvait son compte.
Parlons tout d’abord d’une révélation, pour nous néophytes : Tony Henry, un ténor black superbe. Grand, beau et une voix absolument époustouflante, jouant de son organe avec talent, humour et maestria, passant du « Barbier de Séville » à « Delilah » de Tom Jones avec une facilité déconcertante. Le duo avec l’incontournable John Miles (qui, pour la circonstance, avait posé un casque de moto sur sa tête, à la grande surprise de Tony Henry !) dans un « Miserere » grandiose a été l’un des points forts du spectacle.
On découvrait – enfin ! – sur scène le gagnant de La Nouvelle star 2006 Christophe Willem qui a vraiment un talent unique, tout dégingandé et hirsute qu’il soit, que ce soit avec des grands classiques des variétés comme « Où sont les femmes ? », « Sunny » ou encore, en duo avec Murray Head « Dancing in the street ». Par contre, sa nouvelle chanson « Elu produit de l’année » ne nous a pas vraiment convaincus après cette énergie vocale des autres chansons.
Murray Head, parlons-en. Quel plaisir de retrouver ce bel artiste même si la voix n’est plus vraiment ce qu’elle était dans « Jesus Christ Superstar » où il eut quelques difficultés à monter la note, bien aidé par un trio de charme et de belles voix : Liv Van Aelst, Marjolein Cneut et Hille Bemelmans. Mais « One night in Bangkok » a soulevé la foule !
Notons un duo fantastique au xylophone : Patrick de Smet (il est belge… aussi !) et Carlo qui nous ont fait une démonstration époustouflante sur « Le vol du bourdon » de Rimsky-Korsakoff, incroyable de virtuosité.
Unique élément féminin de la tournée, mais non le moindre : Lara Fabian. Egale à elle-même, souriante, heureuse, éclatante de beauté et très en voix que ce soit dans cet émouvant « Adagio » d’Albinoni où elle donne toute la plénitude d’une voix unique ou en se déchaînant sur scène avec les 80 musiciens sur « I am so excited »… Excités, les fans l’étaient et avec raison.
Un très beau trio avec nos deux larrons, stars de cette saison : Tears for Fears avec qui elle chanta superbement « Woman in chain ». Juste une petite critique : Lara, qui est toujours magnifiquement habillée (les smokings noir ou blanc lui vont à ravir), semblait quelque peu négligée dans un petit haut bleu pailleté et un pantalon noir pas très accordé au tee shirt. Mais, bon, elle était belle et a irradié de son sourire encadré de sa cascade de cheveux blonds.
Enfin, donc, les héros de l’année de retour sur scène : les Tears for Fears qui ont mis le feu dans la salle en déplaçant d’un coup le public qui est venu s’agglutiner devant la scène, chantant avec eux et par cœur leurs succès immortels : « Seeds of love », « Shout », « Everybody wants to rule the world ». Ils n’ont pas perdu le rythme ni la voix, nos vétérans et ce fut du délire.
Avant-dernière estocade : l’incontournable « Land of hope and glory » par tout l’orchestre et chanté debout et en chœur par toute la salle et enfin, tout le monde réuni pour un hommage aux Beatles et un « All you need is love » plein de fougue, de plaisir et d’humour, Lara ayant fauché le casque à John Miles, faisant signer des disques aux fans de Tears for Fears et chacun offrant son bouquet aux spectateurs.
Spectacle chaleureux et d’une grande qualité, même s’il semble que le public était bien moins nombreux que les autres années. Mais ne boudons pas notre plaisir d’avoir passé trois merveilleuses heures de communion musicale, tous style confondus
Jacques BRACHET |