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POLNAREFF AU ZENITH DE TOULON… DE LA HAUTE VOLTIGE !

On le croyait perdu à tout jamais entre les sables américains et la suite du Royal Monceau. Et coucou, le revoilou !
Surprise, surprise !
30 ans sans le voir sur scène, ce fut long pour tous ceux qui avaient aimé ce drôle de bonhomme aux looks incroyables, passant du blondinet aux cheveux longs, au brun filiforme aux premières lunettes lui donnant un air de libellule, puis à nouveaux les cheveux blonds, longs et bouclés avec chapeau à fleurs et fesses à l’air !
Il nous aura tout fait avant de quitter la France. Mais il nous a tout fait à fond la caisse, avec humour, avec culot et je dirai même avec classe car jamais il ne fut vulgaire malgré les critiques acerbes qui ont critiqué sa façon de faire. Provocateur, oui, mais avec un certain panache.
La presse et le show-biz français n’ont pas compris, le fisc l’a emm…dé…
Il est alors parti à notre grand regret.
Et lorsqu’on le revoit aujourd’hui sur scène on a d’autant plus de regrets de l’avoir perdu de vue si longtemps.
Je suis l’un des privilégiés à avoir sillonné les routes avec lui lors d’une tournée mémorable en France. Il était alors brun, frange et cheveux mi-longs, portait déjà lunettes mais à montures noires et avait une barbe (photo) et chantait « Le roi des fourmis ». Il partageait la vedette avec Sophie Darel et Michèle Torr ! Ce ne fut pas une tournée de tout repos car, déjà perfectionniste, les tournées d’été de l’époque, en plein air, avec des podiums brinquebalants, des sonos pourries, ça n’était pas pour plaire à ce véritable artiste qui aimait les beaux sons et les spectacles intimistes. Alors il piquait des colères folles mais chantait toujours et l’on était sous le charme, même inconfortablement installés sur des chaises de fer, au courant d’air, avec une sono grésillant à tout và. Et je ne vous parle pas de ce qu’on appelait alors « les loges d’artistes » !

C’est grâce à Dalida que je l’avais rencontré pour la première fois en interview puisqu’elle l’avait pris en vedette américaine de son Olympia où déjà, il avait des idées fort originales… La scène s’allumait, il était là… mais ce n’était pas lui mais une statue de cire (photo Angeli) ! Et le charme opérait très vite, déjà, même si alors, il s’accompagnait plus de la guitare que du piano.
Bref, tout cela en préambule pour dire combien on est ravi de le retrouver après tant de bruits sur son retour toujours reporté. Il est là et bien là et, après son triomphe à Paris, la tournée des Zénith est encore pour lui un grand moment de retrouvailles avec un public qui ne l’a pas oublié et, ce qui est encore plus fort, avec autant de jeunes que de… moins jeunes, qui connaissent par cœur toutes ces chansons qui, sans avoir pris une ride, commencent à dater, d’autant qu’à part une nouvelle, toutes sont de son époque magique.

Et là encore, c’est très fort de sa part : faire un retour uniquement avec ses chansons d’hier ! Personne n’avait osé jusque là, l’artiste attendant de faire une scène avec un nouveau disque. Mais, comme il ne fait jamais comme les autres, il remonte sur scène pour deux heures de concerts et, à chaque intro on retrouve un tube ! Qu’est-ce qu’il a pu faire comme succès en quelques années. Et des succès qui sont directement entrés dans la légende de la chanson française. Il les reprend avec des orchestrations beaucoup plus musclés (bravo les musiciens qui sont au top !), beaucoup plus rock mais elles n’ont perdu aucun pouvoir même si, à la fin du concert, il nous charme encore plus avec trois chansons piano-voix absolument fantastiques car c’est un pianiste remarquable, un mélodiste génial, un chanteur étonnant qui n’a pas perdu cette voix qui monte avec une impression d’incroyable facilité.
D’ailleurs, sur scène, il se permet avec humour de dire que ce spectacle montre qu’il n’est pas mort, qu’il a du souffle et qu’il peut toujours monter… dans tous les sens du terme !
Ajoutez à tout ça un décor de lumières somptueux et, si vous n’y étiez pas, vous avez raté un moment unique, magique et fantomatique : le retour d’un artiste magistral dans tout ce qu’il y a de talent, de folie, de génie et du sens du spectacle.
D’accord, il ne nous a pas reçus. D’accord, on a fait des photos à trois lieues de lui… Mais malgré ces petits ratages qui, avouons-le, nous ont fait râler, on a été repris sous le charme d’une grand monsieur, d’une vraie diva de notre belle chanson française.
Bravo l’artiste !

Jacques Brachet


© 2005 Evasion Mag