PELLEAS ET MELISANDE DE DEBUSSY A L'OPERA DE TOULON

On n’aborde pas Debussy comme on aborde Mozart, Verdi, Bizet et tous ces grands compositeurs qui, chacun dans leur style, ont donné leurs lettres de noblesse à la musique dite « classique ».
Debussy est à cheval sur deux siècles, puisque né en 1862 et mort en 1918. Il peut donc être considéré comme contemporain et, comme tel, il fait partie de ces compositeurs qui ont créé une nouvelle mouvance dans la musique et l’opéra. Ce pourrait être « la nouvelle vague de la musique classique » qui annonce une musique plus dissonante, moins coulante, plus fragmentée… Des notes qui flottent, un aspect musical imprécis…Une musique alors d’avant-garde, dont Debussy est un peu le chef de file puisque viendront prendre son chemin d’autres compositeurs comme Stravinsky ou Bartok.
Né en France, il sera influencé par l’air du temps d’une époque qui voit naître les poètes symboliques, les Impressionnistes ainsi que les musiques venues d’ailleurs puisque, grâce aux moyens de locomotion qui se développent, un certain exotisme avec les musiques d’Extrême Orient par exemple, arrivent en France et avec elles tout un monde nouveau qui marquera tous les arts en général.
Il sera donc un novateur en son domaine et restent de lui, en autres le fameux «clair de lune», «Les chansons de Bilitis», «Les Fêtes Galantes», «Prélude à l’après-midi d’un faune» qui révolutionnera la musique mais aussi le ballet, grâce à Nijinski, autre novateur du monde de la danse.
«Pelléas et Mélisande» est donc un opéra retentissant qui, à sa création en 1909, fera scandale mais va asseoir le talent de Debussy. En effet, il balaye la règle des trois unités qu’on retrouve dans la tragédie classique, l’histoire est loin d’être limpide, il faut aller plus loin, chercher des symboles et… suivre la musique innovante du compositeur.
Aujourd’hui encore nombre d’amateurs d’opéras ne sont pas entrés dans le monde musical de Debussy.
A vous de vous faire une idée de cette œuvre et de découvrir cette histoire mythique et mystique qui se passe dans les temps anciens dans un pays nommé Allemande, puisque l’Opéra de Toulon vous l’offre les vendredi 26 et mardi 30 janvier 20h et le dimanche 28 janvier 14h30, dans une mise en scène et des décors d’Olivier Bézézech, avec l’orchestre et les chœurs de l’Opéra de Toulon dirigés par Jean-Luc Tingaud.
Nous y retrouverons la soprano Isabelle Cals dans le rôle de Mélisande, le baryton québécois dans le rôle de Pelléas, ainsi que l’alto Elodie Méchain dans le rôle de Geneviève. Notons que cette dernière fut la révélation de l’ADAMI à Cannes en 2000 et nommée aux Victoires de la Musique Classique en 2004. A leurs côtés : Fernand Bernardi, la basse toulousaine qui interprète Arkel et le baryton lyonnais François le Roux qui jouera Golaud.
Une belle distribution pour un opéra qui ne manque pas d’intérêt. |