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PANTIERO 2009
Une déferlante de musiques actuelles a envahi la terrasse du Palais...

Pour cette nouvelle édition, le festival Pantiero nous a proposé une programmation encore une fois de qualité, un peu plus éclectique cependant en comparaison des éditions précédentes, la direction artistique ayant pris l'heureuse initiative d'ouvrir le festival à d'autres genres musicaux que l'électronique, notamment en laissant la part belle aux tendances funk, hip hop ou rock. Quoi qu'il en soit, le Pantiero s'impose comme l'un des meilleurs festivals de musiques actuelles de la Côte d'azur (avec Les Nuits Carrées à Antibes) et nous a permis de faire de belles découvertes.

Nous avons commencé avec la pop rock décalée et intrigante des quatre anglais de The Chap et pu apprécier ensuite le rock électro des Fujiya & Miyagi, dont le groove pertinent fait de plus en plus d'adeptes. Mais le coup de cœur de la soirée fut pour nous ESG, puis Ebony Bones... ESG (pour « Emerald, Sapphire and Gold »), groupe exclusivement féminin, est né dans le bronx à la fin des années 70. Un nombre considérable de groupes de ces dernières décennies revendiquent leur influence (même si elles ne sont pas tellement médiatisées). Leur musique, souvent qualifiée de “punk-funk”, mêle également, de manière très inspirée, une rythmique latine et du hip hop. Il en résulte un cocktail ingénieux et plein d'énergie qui n'a pas manqué d'enflammer la terrasse du Palais. Quand à la délurée Ebony Bones, elle nous a agréablement surpris tant son jeu scénique est époustouflant. Les déguisements qui costumaient musiciens, chœurs et chanteuse rendaient le show encore plus captivant et s'alliaient parfaitement à l'exubérance de cette musique qu'on pourrait situer entre ska funky, hip-hop déjanté et transe afro beat. Un moment inoubliable...

La soirée du lendemain se déroulait sous le signe du rock et attirait un public plus jeune (16-20 ans !). Elle débuta avec Naïve New Beaters : ce trio parisien réunit David Boring au chant, Martin Luther BB King à la guitare et Eurobélix aux machines et sert une poprock énervée qui donna le ton à cette seconde soirée. Les 3 jeunes musiciens cédèrent ensuite la place à un autre groupe parisien : Stuck in The Sound composé de José Reis Fontao au chant et à la guitare, Emmanuel Barichasse à la guitare, Arno Bordas à la basse et Ernie F.Billant à la batterie et aux chœurs, un groupe qui commence à faire de plus en plus parler de lui sur la scène rock indé française. Leur musique se caractérise avant tout par un gros son de guitares, flirtant parfois avec le hard. On continua avec un duo originaire de la région bordelaise : Kap Bambino, alias Caroline Martial au chant et Orion Bouvier aux machines, qui nous proposa un show électro punk sauvage avec là aussi, dans le traitement du chant cette fois, quelques résurgences hard rock. On termina avec un très jeune groupe anglais : Late of the Pier aux couleurs Glam rock que semblaient fort apprécier les jeunes festivaliers du Pantiero.

La troisième soirée nous plongea dans un son d'avantage hip hop avec pour commencer Kid Acne : ce rappeur et producteur anglais, qui a eu également une belle carrière de graffeur, distille un hip hop aux influences punk, un brin décalé. Ceux qui ont été captivés par cet univers peuvent d'ailleurs se délecter de son second opus, fraîchement paru sous l'intitulé "Romance ain't dead"... Puis, la scène fut investie brillamment par le DJ Krazy Baldhead qui invita, en exclusivité pour cette soirée au Pantiero, le rappeur Beat Assaillant et le chanteur Outlines. Il en résulta un hip hop électro de premier choix, porté par des personnalités fortes et un public complètement conquis. La soirée se poursuivit dans le même esprit avec Yo ! Majesty, un trio qui ce soir-là ne comportait que deux membres et donc une chanteuse sur deux. La prestation n'en fut cependant pas affectée. Yo ! Majesty fut pour nous une des plus belles révélations du Pantiero ! Nous avons apprécié la dynamique revendicative de cette tchache aux accents jubilatoires et le fait que cette chanteuse semble engager corps et âme dans son art. En d'autres termes, nous avons été sensibles à l'authenticité de Yo ! Majesty. De ce fait, la chanteuse suivante, Lady Sovereign nous a paru un peu terne et moins riche artistiquement, même si elle bénéficie apparemment d'une forte médiatisation... Ceci dit, cette troisième soirée nous procura dans l'ensemble beaucoup de plaisir. C'est cependant la dernière soirée qui comptabilisa le plus de spectateurs (3000 personnes). The Oscillation nous introduisit parfaitement dans l'ambiance dance floor de cette soirée avec son électro teintée d'une disco rock flamboyante. Ensuite des vagues techno concoctées par Arnaud Rebotini continuèrent d'hypnotiser les festivaliers. Mais c'est Mr Oizo que tout le monde attendait ce soir (date unique dans le sud de la France ). Ce DJ très convoité laissa déferler ses rythmiques ondulatoires auxquelles le public adhéra avec plaisir. DJ Erol Alkan vint ensuite prendre la relève. Cette figure montante de la scène électro pop londonienne, en remettant au goût du jour le son 80’s, électrisa ainsi les derniers festivaliers.

Il serait dommage de conclure sans évoquer l'effort considérable du Festival Pantiero envers la promotion de la scène locale qui assura brillamment intermèdes ainsi qu'after show (au Jimmy'Z). En somme, un beau festival qu'on espère retrouver l'année prochaine d'aussi bonne qualité...

© 2008 Evasion Mag