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FESTIVAL PANTIERO – CANNES du 8 au 11 août

Le principe reste inchangé, l’organisation métronomique, le plaisir bien présent !
Si vous vous questionnez à cause de l’appellation « musiques électroniques » : Comment vous donner envie d’aller au festival de la Pantiero l’an prochain ? Déjà en vous expliquant un peu ce que sont les musiques « électroniques » ou plutôt ce qu’elles ne sont pas forcement : en aucun cas, il ne s’agit UNIQUEMENT que d’un grand dance floor avec des musiciens placés derrières des ordinateurs, ne bougeant qu’un coude ou un doigt devant un public déchaîné et en transe, ne diffusant qu’une musique enregistrée à la maison, ne faisant qu’appuyer sur la touche « envoi » de l’ordinateur…. Bien sûr il y en a bien quelques uns comme ça… Ce n’est pourtant pas le cas de la majorité et puis tant pis ! Du moment que le son est bon et que tout le monde en profite ! Pour ceux qui ne supportent vraiment pas ça, il est toujours possible de se replier dans la partie « salons de jardins » de la terrasse, pour déguster un verre tout en attendant son heure ! Car bien sûr, il n’y a pas que ce genre de prestation à la Pantiero : il y a de vraies découvertes sonores à y faire. Des rencontres musicales où l’on comprend que l’électronique après tout n’est presque qu’un instrument comme un autre qui s’insinue au gré de l’inspiration, dans différents courants musicaux : rock et électro, hip-hop et électro, chanson et électro, etc… Et pour ça, si vous avez encore quelques préjugés sur « l’électronique » je vous invite à tout laisser derrière vous et à vous rendre à l’édition 2009 ! La programmation de cette édition 2008 correspondaient bien à cette pluralité de l’électronique d’aujourd’hui : Midnight Juggernauts, Sébastien Tellier, Mouse on Mars, Ratatat, Sebastian… Il y en avait pour tous les goûts ! Et puis la fête ne se termine pas à minuit. On connaissait déjà les afters du Sun7. On pouvait y prolonger agréablement la soirée autour de sets électro de qualité, tout en sirotant un verre. Et bien pour la première année les choses deviennent encore plus « sérieuses » avec des afters organisées au Jimmy’s : sortes de continuations de la programmation du festival où on a même pu écouter sur le dance floor certains des artistes qui s’étaient produits quelques heures avant sur scène dans une ambiance explosive !
Mention « Excellentissime » à Antipop Consortium !
Non seulement il vous donne une autre image du Rap, pas du tout « Bling Bling » celui là, mais comme un vrai moyen d’expression du courant « Hip Hop » et puis c’est une vraie bande de copains unis pour le travail qui est très important pour eux et cela se ressent bien. Chacune de leur prestation est différente, ils laissent pas mal de place à l’improvisation, ce qui est bien sûr l’intérêt de leur apparition sur scène. La musique de ces New Yorkais s’inspire de Public Ennemy (dont ils ont assuré une première partie) ou de De La Soul. Antipop Consortium est un groupe résolument alternatif qui a marqué les années 90. APC a collaboré avec DJ Vadim, DJ Shadow ou encore Radiohead. On attend avec impatience leur prochain album !
Mention « Brillantissime » à Goose !
Les quatre belges forment un vrai groupe de rock (avec instruments « classiques ») voir même « métal ». Leur son est puissant, agressif et on adore ça ! Leur album « Bring it on » est à écouter d’urgence.

Laurence Argueyrolles

Le 08/08/08 : Pantie-Rock de choc !
Une fois de plus, J. Marie Sevain, programmateur de Pantiero et directeur artistique de ce festival atypique nous fait partager ses découvertes.
La première soirée électrique et éclectique nous a fait apprécier toutes les déclinaisons du pop-rock à l’électro, des groupes britanniques ont démarré Pantiero 2008 avec une énergie et un professionnalisme indéniables.
« The Invisible » , trio de qualité marque le début des festivités avec un chanteur noir doté d’une voix à la Barry White à la fois douce et charmeuse mais les envolées des guitares électriques sont puissantes et ne seraient pas reniées par Pink Floyd ! Le son des guitares électriques domine mais le synthétiseur et la batterie sont très présents aussi et on passe du pur pop-rock à des morceaux de jazzy et même transcendantaux, on se laisse porter et c’est efficace. La pelouse de Pantiero, elle, se remplit timidement et on regrette un peu qu’il n’y ait pas plus de spectateurs pour apprécier ces morceaux variés avec des aigus particuliers. « London girl », un des derniers morceaux peut très bien marcher en boite ou se laisser écouter, un casque sur les oreilles. Le groupe ne cache pas son plaisir d’être à Cannes et annonce la prochaine sortie d’un single et d’un album. A suivre donc, le potentiel des « Invisible » est réel et leur « Cool Attitude » est pleine de simplicité et attire la sympathie.
Avec Retronomy, groupe Londonien de dix ans d’âge, « ça déménage » tout de suite : le groupe dégage une énergie communicative et une aisance évidente sur scène. Le parterre des spectateurs est bien rempli et l’ambiance a monté de plusieurs crans sur l’échelle chaleur ! Les pulsations sont très rapides, les rythmes syncopés et les bidouillages électroniques très sophistiqués, on est à la limite de l’expérimental ; quant aux « Sinclar, Solveig et Guetta », ils peuvent s’accrocher ; ce petit groupe a de quoi les concurrencer : voix trafiquées, sons bizarroïdes, morceaux très saccadés qui montent en puissance avec effets de lumière en prime. Le son est très actuel et correspond à ce que les jeunes écoutent le plus souvent. C’est parfois un peu répétitif mais il n’y a aucun temps mort, les morceaux s’enchaînent les uns aux autres et s’imbriquent pour former une composition originale. C’est puissant et dynamique ; sur le parterre : … ça se déhanche !
Troisième groupe de la soirée, Archie Bronson Outfit – A.B.O- change radicalement le ton. C’est du « hard rock », - on peut le dire -, on n’est pas loin des « Iron Maiden » ou «  Métallica » ; basse lourde et batterie martiale composent l’essentiel du cocktail. L’énergie et le savoir-faire de ce groupe londonien ( une fois de plus ) sont indiscutables mais le son n’est pas très novateur, il reste un goût de « déjà trop entendu » ! L’ensemble fonctionne mais dégage peu d’originalité, pour les inconditionnels du genre surtout. « Mouse on Mars » remplaçants de Ladytron, initialement prévus termine cette première soirée avec brio. Voilà un groupe « Méteore » qui nous offre un délire électro-pop aux accents psychédéliques. Ca bouscule autant que Retronomy, les sons bizarres en moins, les rythmes très syncopés s’enchaînent et s’inscrivent dans la tendance actuelle ; là aussi l’ambiance s’échauffe sur la pelouse et les sons électroniques dégagent toute leur puissance et leur énergie.
Maîtrise des rythmes, des morceaux bien rodés, une présence magnétique des musiciens et les effets de lumière assurent un spectacle complet. Un groupe à conserver pour les plages électroniques…

I. Giulietti.

Soirée du 11/08/08 : Pantierock de choc
Poney-Poney : « Rock parisien ». Un trio parisien sympathique et bourré d'humour ; lors de leur interview, ils ont déclaré ne pas vouloir être étiquetés « électro-pop » tellement ils se nourrissent d'influence diverses : Metallica, Pantera, Sepultura, Beasty Boys, le grunge et garage font aussi partie de leurs sources d'inspiration. Ils continuent à s'exercer dans une cave, mais attention, si leur fraîcheur et leur jeunesse les caractérisent, ils font preuve d'une grande maturité musicale et intellectuelle. Sur scène, à 20 heures, ils ont assuré une prestation de grande qualité, c'est du bon rock-pop solide et rythmé. Les Poney déclarent ne pas hésiter à faire une musique « 90 ties » mais au format MP3, internet leur permet de véhiculer le fruit de leur travail plus facilement. Ce sont les Anglais de Perspen qui ont signé leur dernier single « Cross the Fader », or, en matière de pop, les Anglais s'y connaissent ! Un groupe doué et professionnel donc, qui n'a laissé personne indifférent, et très prometteur pour la scène musicale française.
Midnight Juggernauts « WORK in progress » (travaux en cours) :
Trio australien en pleine ascension, ils ont fait un triomphe lors de leur prestation cannoise. Déjà connu, grâce à leur album « Dystopia », sorti cette année en Europe, Daniel, Vincent et Andy dégagent sérénité et décontraction et nous ont permis de goûter à l'ambiance « Melbournienne » de l'autre coté du globe lors de leur interview.

Interview
Pourquoi avoir choisi le nom « Juggernauts » (mastodonte), c'est chargé de sens, c'est voulu ?
Daniel (batterie) : En fait oui, car Juggernaut fait penser à une force implacable qui emporte tout sur son passage et à laquelle rien ne résiste, pour nous c'est ce que la musique représente, elle peut être intense et ravageuse.
Que pensez-vous de la scène musicale australienne, est-elle active, créative ?
Daniel et Vince : Oui, certainement, surtout avec l'outil internet, les tendances et créations nouvelles se propagent rapidement. A Sydney ou Melbourne et même ailleurs, le terrain est fertile en émotions de toutes sortes que l'on a envie de faire passer, des expériences que l'on veut vivre et faire partager. Je pense que l'on peut parler d'une réelle créativité musicale.
Quelles sont vos sources d'inspiration musicale?
Vince et Daniel : C'est difficile à dire, un peu tout en fait. E.L.O (Electric Light Orchestra) reste la référence majeure; on apprécie Bowie aussi et le vidéo-clip de « Into the Galaxy » recrée un peu la même ambiance que celle du documentaire où l'on voit Pink Floyd jouer sans public à Pompéi en 1971. L'ambiance y est cosmique et mystérieuse et c'est bien quand le spectateur se pose plus de questions qu'il ne reçoit de réponses, c'est ouvert aux interprétations.
Si on vous demandait de faire la bande son d'un film, seriez-vous partants et pour quel type de film?
Daniel : Sans problème, on se sent même moins limité dans la création, je verrai bien une atmosphère à la Kubrick ou John Carpenter. A ce sujet, je voudrais citer le violoniste Warren Ellis qui joue de la musique classique et je pense qu'une collaboration avec lui pourrait donner naissance à des créations riches, la rencontre d'univers différents est ce qu'il y a de plus stimulant ; on crée un nouvel univers à partir d'influences diverses.
Les projets qui vous tiennent le plus à cœur ?
Vince : Et bien, ça pas mal de temps qu’on bourlingue, on a envie de se mettre en studio et de travailler à notre nouvel album. On ne sait pas si on va le faire en Serbie, à Paris ou à New York. C’est vrai qu’on peut essayer d’écrire pendant la tournée mais ce n’est pas évident. Dès qu’on rentre on se met au boulot, on se concentre. On garde le cap, il faut rester actif.

En tout cas actifs, les Midnight Juggernauts le sont : sur scène c’est de la dy-na-mi-te ! Ils ont galvanisé le parterre et toutes les mains levées vers Daniel qui s’est avancé vers la fin de la prestation, symbolisent un moment très fort de cette septième édition.
C’était un vrai concert douze morceaux au moins ont été interprétés avec « Into the Galaxy » bien sûr parmi les autres extraits de Dystopia. La touche Midnight Juggernauts, c’est avant tout beaucoup d’énergie et on comprend tout le sens de Juggernaut. La force qui se dégage de ce trio emporte tout sur son passage, le rythme est soutenu et monte en puissance, le synthétiseur ajoute une dimension particulière au son des guitares électriques et le trio est parfaitement rodé. Pantiero s’est vraiment enflammé à ce moment-là et on réalise alors que c’est grâce à ce festival que l’on peut vivre des moments aussi forts. Midnight Juggernauts n’est pas seulement une découverte, c’est un talent qui se confirme !

I. Giulietti.

11/08 : Goose : Trop forte…la sono !
Entendu dans la foule : « t’as entendu Goose, ah, c’est mortel ! » Mortel, oui pour les tympans, OK pour l’énergie, les vibrations électroniques et martelante. Tout le monde se remue sur la pelouse mais c’est vraiment abrutissant. Difficile à classer ; pour les dance floor des Rave parties où on veut s’étourdir… Une curiosité !
Sevian, Mobile, Disco : Vive la techno !
Des D.J de choc dont les morceaux sont taillés sur mesure pour les dance floor. De la bonne musique pour danser, bien rythmé, Electro-pop à la sauce techno, pas étonnant qu’ils aient continué pour l’after au Jimmy’s ; c’est parfait pour s’éclater sur la piste de danse. Ce groupe a terminé la soirée et la septième édition en apothéose techno flamboyante et s’amuse vraiment.
Un grand bravo pour cette septième édition Pantiero qui nous a offert une réelle diversité dans les groupes et a insufflé toute son énergie aux plus et moins jeunes. Vivement l’année prochaine !

Interview de J. Marie Sevain programmateur de Pantiero et directeur artistique de ce festival et Bernard Oheix, directeur de l’évènementiel de la SEMEC.

Ce festival est-il important pour vous ?
Bernard Oheix : Oui, vraiment, il insuffle une nouvelle énergie aux activités estivales et bouscule un peu l’image guindée que Cannes véhicule souvent. Ce n’est pas le lieu qu’on imagine pour une scène rock. Et le pari de Pantiero a tenu la route, le bouche à oreilles fonctionne parmi les estivants et parmi les habitants et le succès est vraiment au rendez-vous. A la base, il faut vraiment remercier les efforts de David Lisnard, adjoint au maire qui a rendu ce pari possible, il amorcé ce virage vers la modernité, cette ouverture sur la diversité musicale pour sortir des sentiers battus tout en conservant la tradition dans d’autres domaines.
Etes-vous satisfait de cette septième édition ?
J. M Sevain : Oui, vraiment, nous avons atteint les objectifs, on a eu une bonne surprise avec Mouse on Mars, le premier soir, ils ont remplacé Ladytron, initialement prévu, les groupes hip-hop Ratatat, et Antipop Consortium sont déjà bien connus et le reste de la programmation a bien fonctionné. Les pauses des D.J. entre chaque morceau ont bien marché aussi. Leur passage a été apprécié.
Etes-vous en mesure d’évaluer l’impact sur les groupes après un passage à Pantiero, ont-ils une plus grande notoriété, leur succès est-il grandi ?
Oui, je pense que ça aide à mieux connaître certains groupes, à en découvrir d’autres, on ne peut pas vraiment évaluer l’impact mais avec Internet et le bouche à oreilles, le message passe bien et certains groupes qui sont passés par Pantiero sont à présent très connus et ils jouissent d’une belle notoriété, d’autres disparaissent aussi mais dans l’ensemble, ça reste pour eux et le public une rencontre positive.
Le prix accessible reste un atout, non ?
B. Oheix :
Oui, et on maintient cette volonté là, avec 50 euros pour les quatre soirées, ça reste abordable et on ne peut que se féliciter de la diversité du public où on trouve tous les âges. C’est positif à Cannes de pouvoir toucher toutes les couches sociales. Et les « after » marchent bien aussi, à 10 euros l’entrée, on peut continuer la fête amorcée à Pantiero ! On peut d’ors et déjà établir 9 000 entrées, les recettes sont consistantes et concurrencent celles de l’édition précédente. Pantiero reste une rencontre privilégiée pour le public estival et il faut conserver cet esprit où les buveurs de bière côtoient les buveurs de champagne. Pantiero doit conserver cette volonté d’accessibilité et de modernité. Une fois encore le bilan est très positif.
M Sevain : Oui, je suis très content également. Et le public aussi également. On ne peut qu’attendre la huitième édition !

I. Giulietti.

© 2008 Evasion Mag