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FESTIVAL DE LA PANTIERO – CANNES :
de découvertes en découvertes !
Un reportage de Laurence Argueyrolles.
Reportage photo : Sarah Faraud

Cette année encore la programmation de ce festival de musiques actuelles a déroulé un choix varié d’artistes de tous horizons : rock, folk, hip hop, électronique.
Avec plus de 11 000 places vendues, l'édition 2007 du festival des nouvelles tendances musicales a connu une forte fréquentation. La programmation éclectique, les ambiances variées et un cadre exceptionnel ont contribué à cette réussite que l'on souhaite voir renouveler l'année prochaine, en plein air, toujours!

Jeudi 16 août - Le rock à l’honneur de la soirée d’ouverture
Se sont trois français qui avaient l’honneur de faire l’ouverture du festival. Pour en arriver là, les tout jeunes The Teenagers, formés de Michel Spinzer, Dorian Dumont et Quentin Delafon ont surfé sur la vague Internet et les sites de musiques. Ce groupe pop rock aux allures de formation lycéenne se lance sur la toile où leurs compositions sont remarquées par Merok Records, label des Klaxons et de Crytal Castles. Nos trois lascars n’ont pas encore commis d’album mais plusieurs titres, dont certains sont en écoute sur le site du groupe. Il est à parier que le festival de la Pantiero leur ouvrira un public plus vaste. Casquettes vissées sur la tête, le trio déploie beaucoup d’énergie sur scène. Ils sont heureux d’être là, cela se voit et s’entend et même s’ils manquent de maturité musicale on ne peut leur souhaiter que de continuer avec autant d’entrain.

Incontestablement les plus attendus de la soirée, le groupe Herman Düne(Photo 2) arrive nonchalamment sur scène…quasi en pantoufles ! C’est que l’ambiance est à présent plutôt « bien cool » avec ce groupe d’infatigable voyageurs franco-suédois qui nous emmène en douceur dans son univers rock folk où la Gibson de David-Ivar Herman Düne, laisse parfois sa place enviée à un presque « ukulélé » aux tonalités chaleureuses. Le groupe a sorti son premier disque en 1999. Aujourd’hui le huitième Giant est largement salué par la critique. Très abouti techniquement, la musique d’Herman Düne nous emporte dans une douce rêverie. Les collaborations sont nombreuses sur les albums du groupe : se sont environ dix musiciens qui ont participé à Giant, tous des amis. Car David-Ivar aime s’entourer de sa famille musicale. C’est essentiellement lui qui écrit les chansons. Not on top et Giant sont pour lui les deux albums les plus aboutis, ceux où il y a eu « le plus de réflexion, le plus de temps, le plus de moyens ». Sur Giant, la musique est au service des chansons. Il considère d’ailleurs qu’elles sont sans doutes les meilleures. Même si la Pantiero est un festival de musique électronique, David-Ivar lui ne sample jamais rien, il a horreur de ça mais il considère qu’il existe de bons accords et qu’il n’y a aucune raison pour ne pas s’en inspirer. De ces nombreux séjours à l’étranger – et souvent aux Etats-Unis – il s’enrichit sans cesse : « Les lieux m’inspirent par toutes les sonorités, les gens qui parlent, les noms de rues, d’objets, ce qu’on entends à la radio… Lorsque on bouge tout le temps, ce n’est pas facile d’écrire mais vivre dans des endroits différents, oui c’est hyper important ! Voyager est une bonne façon de faire de la musique. »
Et écouter Herman Düne nous fait rêver de grands voyages !

The Rakes est créé en 2003 par quatre jeunes anglais qui ne tardent pas à se faire remarquer. Ils signent chez V2 Music et sortent leur premier album en 2005 Capture/Release. James Hornsmith à la basse, Matthew Swinnerton à la guitare, Lasse Petersen à la guitare et Alan Donohoe au chant ont déjà une bonne habitude de la scène. Ils ont accompagné Bloc Party dans leur tournée française et Franz Ferdinand dans sa tournée européenne. Ten new message, leur nouvel album vient de sortir cette année et le succès du groupe auprès du public se confirme. Profondément marqués par le rock anglais des années 80, The Rakes produit des compostions simples et efficaces à l’image de leurs aînés spirituels londoniens ou manchuniens. Alan Donohoe se déchaîne sur scène : voix à la Johnny Rotten, danse désarticulée à la Ian Curtis, coupe au bol et col haut boutonné serré…avec un peu d’imagination on a l’impression de faire un agréable voyage dans le temps. Seulement maintenant, il faudrait peut-être se dégager de ces fortes influences pour proposer plus d’originalité.

Vendredi 17 août - La grande famille du Hip-Hop bien représentée
Avec la sortie nationale de son premier album Tales Of The Forgotten Melodies en 2005,Wax Tailor (Photo 3) va déjà se faire notablement remarquer pour son art de la balade Trip Hop. Il sillonne l’hexagone avec Herbaliser ou Le Peuple de l’Herbe. En 2006, en tournée internationale avec RJD2 c’est le succès ! Modeste, Wax Tailor n’est pas musicien de formation certes ! Mais quel sens des mélodies et des arrangements ! Sa culture musicale et celle du Hip-Hop. Pas celle des rappeurs américains des télés musicales non celle de la Sampling Music qui se rattache à la très grande et trop souvent méconnue famille du Hip-Hop. Sa conception du live est simple, nette : « On est pas là pour réentendre l’album » Il y a selon Wax Tailor deux projets bien différents. D’abord le projet solo en studio avec un important travail sur les textures plus particulièrement dans Hope and Sorrow (son dernier album) et l’utilisation par exemple de matériel vintage permettant de débusquer différentes sonorités. Et puis il y a le projet sur scène où il est accompagné en ce moment par une chanteuse, Charlotte Savary, une flûtiste et une violoncelliste. Se retrouver sur scène seul avec ces platines ne l’intéresse absolument pas. Au fil des rencontres, les musiciens ont intégré le projet. Ces associations permettent à Wax Tailor de travailler ces arrangements pour que ces morceaux demeurent avant tout des chansons. La vidéo fait partie intégrante du spectacle. Wax Tailor mixe les sons mais aussi les images sur scène. La talentueuse Voice et les rappeurs de The Others ne peuvent être présents, qu’importe ils apparaissent sur les écrans accompagnés des musiciennes sur scène elles. Les montages d’images s’enchaînent accompagnant, appuyant les ambiances sonores. Un régal sonore et visuel ! On attend la suite avec impatience !!

Passionné de Hip-Hop et de Djing, Lucas McFadden commence sa carrière en 1993 à Los Angeles. Il fait ses débuts dans le groupe Uniy Commitee puis dans Jurassic 5. Cut Chemist (Photo 4) commence à se faire remarquer comme DJ et sa renommée traverse l’Atlantique. Dans ces activités de Djing, il travaille régulièrement avec DJ Shadow pour de nombreuses sessions funk/soul. Il finit bel et bien par se décider à sortir un album, l’excellent The Audience’s Listening en 2006 à se procurer absolument ! D’une grande culture musicale et d’une excellente maîtrise technique, Cut Chemist est bien un des DJs les plus côtés au monde. Il l’a prouvé au public cannois pendant un set magistral très varié, s’achevant par le sample des voies de trois spectateurs bleuffés par le micro de Cut Chemist quelques secondes au par avant !

Dilated Pepoles nous viennent eux aussi de Los Angeles. Un DJ, deux rappeurs l’ambiance est garantie : les corps sautent, les mains s’élèvent vers le ciel et s’abaissent aux beats énergiquement Hip-Hop que dégage le formation. Le premier maxi de Dilated Pepoles est sorti en 1997, suivi de plusieurs autres jusqu’à The Platform premier LP en 2000 qui rencontre un beau succès. En dehors des dictats commerciaux ils affirment un Hip-Hop brut et complet avec différentes influences, ce que traduit bien leur dernier opus 20/20 sorti en 2006.

Découverte surprenante et électro à gogo.
Une soirée DJ et électro avec au programme Teenage Bad Girl, Princess Superstar, Digitalism et Vitalic.
Avant toute chose, une petite clarification s'impose: scéniquement, un groupe électro ou un DJ ne se comportent pas comme un groupe de rock. On a plutôt affaire à une ou deux personnes courbées, infligeant divers traitements à des boutons, des consoles, des ordinateurs ou des disques. Parfois ces personnes sont expressives, on a alors droit à des sourires, des sauts, des mains tendues, voire à de la danse et du chant pour les plus audacieux.

Teenage Bad Girl, jeune duo parisien revenant d'une tournée au Japon et en Belgique, ouvrait la soirée à 20h. Musiciens de formation classique (prix de piano au conservatoire pour l'un, batterie et guitare depuis l'enfance pour l'autre), ils ont pris « un virage électronique il y a quelques années. » Au début de leur collaboration, vivant dans des villes éloignées, ils travaillaient à distance. A présent parisiens, ils ont conservé ce mode opératoire qui « les pousse à se surprendre et leur garantit l'autonomie nécessaire», ils se retrouvent sur scène.

TBG a offert une performance montant en puissance au public clairsemé de 20h: surpris par le peu d'affluence, TBG a livré une première partie de concert un peu molle et tendue. Eux qui aiment les « publics motivés  et ressentir l'ambiance dans la salle » ont du patienter quelques instants avant que les spectateurs n'affluent. Ils ont pu alors s'exprimer avec fougue, oeil vif, et sourire généreux, réussissant à emballer et à faire bouger le public. La sortie mondiale de l'album Cocotte en édition spéciale avec bonus, remixes et artwork signé Para, graphiste hollandais, est prévue pour le 24 octobre avant une mini tournée au Japon, et une probable collaboration avec Vitalic, signé sur le même label (Citizen). Une vraie découverte!

Ambiance donc pour accueillir Concetta Kirschner, alias Princess Superstar (Photo 5), blonde plantureuse, sex symbol pour les uns, égérie féministe pour les autres, élevée au hip-hop et au punk, débarquant il y a 4 ans dans le monde du DJ. Véritable bête de scène, Princess Superstar, danse, chante et enchante dans sa robe rouge; il faut dire qu'elle connaît son affaire, enchaînant les tubes, les albums (plus d'une vingtaine de disques), les clips tendancieux et les performances. Elle « adore être sur scène et peu importe que ce soit une salle de 5000 spectateurs ou un placard, je suis toujours heureuse de me produire devant un public. Je veux avant tout m'amuser et faire danser les gens ».

Message reçu. Habitée d'une réelle générosité, elle était radieuse et a communiqué son énergie positive à un public emballé lors de son set de DJ. Ce qui n'a pas empêché un jeune anglais un peu grincheux de râler un « I can f..ing do that »( avec accent distingué tout de même). Il n'avait pas vraiment tort, Princess Superstar a un peu cédé à la facilité sur deux titres de Nirvana et de Depeche Mode. Transformée en pousse-disque, créativité, inventivité et appropriation des titres manquaient, le ventre mou du set. Vite pardonné. Sur scène, il y avait une femme formidable, qui a monté son propre label pour produire ses disques, « par esprit d'indépendance mais aussi pour échapper aux clichés machistes imposés par les majors ». Une femme qui met son énergie et sa vitalité au service de la musique et qui s'escrime à se faire une place :« politiquement je me rapproche de groupes comme LeTigre, Cheecks on Speed,ou Peaches, car il est très dur d'être une femme dans le monde du rap, de l'électro et du rock »Une stratégie qui paye, sa liste de dates à venir est impressionnante, elle compte mixer des titres encore plus éclectiques. Son rêve? Collaborer avec Missy Eliott!

Jens Moelle et Ismail Tuefecki se sont rencontrés dans un magasin de disque d'Hambourg. Jens joue du clavier et chante, Isi produit de la musique: Digitalism est né. Leur album Idealism est sorti en France en 2005, depuis ils enchaînent les tournées. Sur scène, ils gagnent en puissance, en expérience, l'habillage lumineux est sobre mais efficace, la voix de Jens est touchante. Le public danse, pari gagné! Sautez sur leur album, allez les voir à la première occasion. La prochaine fois peut-être, le point presse ne tombera pas pendant un concert, et ils auront des lignes plus fournies!

Vitalic clôt la soirée, des lumières à foison habillent un décorum froid, on se prend à se demander pourquoi ce garçon est sorti de sa chambre, où manifestement il est bien mieux pour faire de la musique avec son joli costume noir. Mais las! Son set décolle, le public est en transe, TBG, Princess Superstar et Digitalism investissent la scène, gagnés eux aussi par l'électro du bonhomme. Vous pouvez écouter son album Ok Cowboy.

Last but not least: un dernier soir qui a su surprendre
Au programme Buraka Som Sistema, MSTRKFRT, CSS, Justice.
La découverte du jour vient du Portugal, Buraka Som Sistema, nouveau son de Lisbonne.
Influences diverses allant de l'électro au Kuduro, dance music apparue dans les années 90 en Angola où les jeunes mixent en prise directe sur un matériel totalement obsolète: son novateur garanti!

Kalaf l'un des MC's qui travaillent avec les producteurs est angolais; « venu au Portugal à 18 ans pour suivre des études universitaires, [il a]mis de côté ses ambitions de retour en Afrique et s'est lancé dans la musique. » C'est à Amadura, banlieue de Lisbonne, qu'il a rencontré le trios de producteurs :Lil'Jon, Riot et Conductor. Dans cette banlieue, une population d'origine africaine se trémousse au son du Kuduru craché des stéréos des voitures; immigrés de deuxième génération, la plupart n'a jamais mis les pieds en Afrique. Peu importe, « la musique leur donne espoir, les structure aussi ». Formé il y a un an et demi, BSS s'est imposé au Portugal et dans les pays lusophones, « lentement car tout va lentement au Portugal! ».Ils se jouent des règles, remixent leur bande son de la banlieue avec une seule idée en tête: nous faire danser. Et ça marche au Portugal, au Brésil, ou en Afrique. A la Pantiero, ce soir-là, il n'y avait pas les danseurs africains bénévoles qui animent leur spectacles habituellement, « il est très difficile de faire coïncider les emplois du temps de chacun, surtout quand les gens ne sont pas des professionnels ». Un seul MC au lieu de deux, pas de ping-pong donc. Le public était plus que clairsemé, froid, distant, peu réceptif, et fort peu animé par un esprit de découverte (ils étaient là pour Justice et c'est tout!). La performance de BSS s'en est ressentie, il leur a fallu s'employer pour tenter de faire frémir le maigre public (au sens propre et au figuré), tout était laborieux, l'alchimie ne s'est produite que brièvement en fin de set.

Gageons qu'ils reviendront dans le coin et qu'ils parviendront à nous faire bouger; ils ont tout pour! En attendant, écoutez donc leur album The Looks et visitez leur page web.

On ne peut pas dire que l'ambiance était à son comble pour accueillir, MSTRKFT , prononcez « Mastercraft », les voyelles ont disparu par souci d'originalité, mais aussi « pour éviter des problèmes de copyright avec la firme du même nom! »Death from above 1979 revient sous la forme de ce duo électro, composé de Jesse Keller et d'AI-P. Les deux torontois officient dans la dance music à présent car c'est un défi permanent, « une musique qui a un but très clair: faire danser les gens, si on n'y arrive pas, on a perdu la partie.» Leur préférence va aux petites salles, 500 à 2000 spectateurs « pour mieux sentir le public, arriver à se connecter, à percevoir son état d'esprit ». Pour MSTRKFT la clef de la réussite est dans la perception des ambiances, il faut à tout prix parvenir à cerner les envies du public pour lui donner ce qu'il veut. Pour se faire, toute musique est bonne à remixer: les mélodies ont toutes un potentiel, du blue grass au rock, du jazz à l'électro. « Aucune limite à l'imagination » telle est leur devise. Leur album a été fait très rapidement: « on a eu l'opportunité de le faire, il fallait agir vite, on a fait des chansons au fur et à mesure, sans trop se préparer » Faire un album à l'ère d'Internet, lorsque tous leurs titres sont présents en ligne est un anachronisme qu'ils revendiquent: « la qualité de la musique actuelle ne nécessite pas de supports HI-FI, le MP3 suffit bien pour l'écoute. Par contre, l'objet reste attachant, surtout avec les pochettes travaillées » et l'esthétique recherchée. Sur scène, ils offrent un set de DJ, pas question pour l'instant de jouer l'album: « nous ne nous sentons pas encore assez à l'aise pour ça, on aimerait aussi jouer des instruments sur scène mais on n'a pas encore trouvé la solution ». Les sets de DJ leur offrent la possibilité de faire découvrir des titres au public et de laisser libre cour à leur créativité.« Nous avons un fil conducteur pour chaque concert mais nous travaillons jusqu'à notre entrée sur scène, nous remixions jusqu'à la dernière seconde » et sur scène le duo sobre est extrêmement efficace, le public se déride, ça bouge, surtout quand le duo reprend Justice.

Longue pause le temps d'installer le décor de CSS, très jeunes brésiliens, dont seul le carnaval sur scène trahit l'origine. Vive la fête!Tout y est : du déguisement de la chanteuse en arlequin surmonté d'un masque d'apiculteur, aux ballons, cotillons et confettis. La musique? Du rock énergique, la voix rappelle un peu Kim Gordon de Sonic Youth. Les textes sont volontiersprovocateurs et drôles;
 se défendant de faire une « pop globalisée », ils oscillent entre kitsch et modernité, rock et électro, innovation et déjà vu. La performance survoltée a déchaîné les premiers rangs, et enchanté les autres.

Enfin, ceux que tout le public attendait, ceux grâce à qui la soirée affichait « complet », le duo français Justice, Gaspard Augé et Xavier de Rosnay. Justice « veut être un groupe pop qui offre de l'imaginaire en provoquant une émotion simple et directe chez les gens ». Pour ce faire, ils se dotent d'un décorum très étudié une croix lumineuse sur scène, 18 amplis Marshall non reliés, pour la déco uniquement, un jeu de lumières ultra sophistiqué. C'est que l'électro, « il faut l'incarner. C'est une musique froide, il faut donner des repères » et si tout cela va dans le sens de l'amélioration de l'image tant mieux! Passer en boucle sur les radios commerciales, utiliser le clip comme support marketing ne les dérangent point, c'est efficace. L'image cinématographique ne les intéresse guère: peu cinéphiles, les films qui les ont marqués sont Retour vers le Futur I et III, pour l'ambiance. Les samples de BO qui sont sur l'album ont du être crédités parce qu'ils étaient trop longs pour ne pas l'être mais « c'est un hasard » nous assurent-ils. Ils cherchent simplement à « toucher un vaste public aussi varié que possible » ce qui fonctionne bien en France, moins au Royaume-Uni où ils ne passent pas sur les ondes. Le récent fruit de leur collaboration, l'album Phantom, est un triomphe; il leur a toutefois fallu beaucoup de temps pour écrire les paroles de D.A.N.C.E, « les premières paroles » de leur vie  « un processus dur et laborieux. Les voix d'enfants sont là pour donner de la crédibilité au titre ». Sur scène Justice (Photo 7) a joué son album, pas grand chose de plus, c'était bien ficelé, comme une grosse machine à l'image sophistiquée, pas d'extra, un public en transe, une émotion simple et efficace. Minimum syndical.

Quelques mots avec Jean-Marie Sevain, directeur artistique du festival
Comment vous est venu l'idée de monter ce festival?
Le Palais m'a contacté il y a quelques années pour me proposer la direction artistique d'un festival de musiques actuelles à Cannes. Avoir carte blanche, ça ne se refuse pas!
Comment avez-vous effectué la programmation?
Cette édition est marquée par une présence renforcée des musiques électroniques, émanant de l'actualité des 10 derniers mois. En général, je n'ai pas d'idée préconçue, j'écoute beaucoup de musique tout au long de l'année, j'assiste à beaucoup de concerts. La programmation se fait alors naturellement entre ceux que je veux absolument, ceux qui sont disponibles....
Cette année une place est faite aux pays lusophones..c'est assez rare
Oui, les jeunes brésiliens de CSS apportent une énergie folle sur scène. Quant à Buraka Som Sistema, j'ai eu un coup de foudre en les voyant sur scène à Paris l'an passé, j'ai su qu'ils devaient faire partie de cette édition 2007. Il faut compter avec de nouveaux pays, Brésil, Portugal par exemple, l'influence de l'Afrique sur les musiques actuelles est aussi très importante, il est temps de leur faire une place dans les manifestations de ce genre.

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