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MUSIQUE & IMAGES
5 COMPOSITEURS DE TALENT ET DE PASSION A LA ROCHELLE

La SACEM, on le sait, est la Société des Auteurs et Compositeurs de Musique. C’est elle qui protège les droits de tous les compositeurs et qui leur permet de toucher leurs droits.
mais la SACEM est aussi là pour donner des coups de pouce à des artistes de talent, débutant dans le métier. Aussi, elle organise beaucoup de stages, de rencontres avec des musiciens confirmés et d’événements permettant une meilleure communication.
A Cannes où à la Rochelle, festivals de l’Image, la SACEM est omniprésente et invite, à chaque festival, de jeunes compositeurs qui peuvent ainsi se rencontrer, échanger et profiter des aînés.
Cette année à Cannes, Ennio Morricone a rencontré ces jeunes invités lors d’une belle soirée. A la Rochelle, cinq d’entre eux étaient invités et nous les avons rencontrés.
Tous ont des chemins différents mais une même passion. Ils ont fait connaissance, ne se sont plus quittés et ont décidé de se retrouver sur des projets.
Heureux d’être dans un milieu qu’ils aiment, de rencontrer des gens avec qui, peut-être un jour, ils collaboreront, nous avons décidé, nous aussi, de leur donner un coup de pouce en vous les présentant, car ils font partie de ces artistes de l’ombre dont on ne connaît pas toujours le visage. Il était donc temps de leur donner un coup de flash sous le radieux soleil du festival de la fiction TV à la Rochelle !

CLEMENT TERY
C’est un banlieusard de la région parisienne qui a grandi dans la rue. Et il tient à ce que ce soit dit ! A 10 ans, il découvre à la fois l rue et le rap, la danse et la musique. De ce jour, il sait ce qu’il fera « plus grand » : de la musique. Il découvre aussi la salsa, des rythmes dont il s’éprend et décide alors d’apprendre à jouer d’un instrument. Allez savoir pourquoi, ce sera… la flûte traversière ! Entre la musique et lui, ça devient tellement passionnel qu’à 14 ans il sait que ce sera sa profession.
Il décide alors d’avoir de solides bases musicales et notre jeune rappeur va se retrouver au CNSM (Conservatoire National Supérieur de Musique). Un cursus classique de quatre ans qui le verra sortir avec un prix qui lui permettra de jouer dans diverses formations classiques… avant de se rendre compte qu’il se sent un peu à l’étroit dans la musique des autres car il est créatif. Il commence donc à composer et revient à ses premières amours : le rap de son enfance. Mais de bidouilles en bricolages, de son propre aveu, il se met à composer pour RTL-TVI Belgique et il commence à s’épanouir dans la création en faisant ses classes sur des musiques pour documentaires. Parllèlement, il produira… un rappeur (chassez le naturel !) : Defrey avec des textes très profonds écrits par ce dernier et des musiques de lui à sonorités symphoniques !
Un quiproquo va lui permettre d’écrire une chanson originale. En effet, un réalisateur croyant qu’il a écrit un tube pour Chimène Badi, lui demande d’en faire un pour son film ! Ce sera la chanson du film « Héros » de Bruno Merle, avec Michaël Youn (BO parue chez Celluloïd).
Succès mitigé du film présenté à Cannes mais succès pour l chanson qui devrait être nommée aux prochains Césars !
De là, Canal + lui demande la musique de « Madame Hollywood », un film assez trash sur lequel il se lâche à fond en mêlant les genres avec un orchestre symphonique. « C’est le pied – avoue-t-il – car si créer peut générer de la douleur, entendre le résultat est une joie sans limite ! ».
Aujourd’hui il a plein de projets : d’abord avec le réalisateur de « Mme Hollywwod », Olivier Abbou avec qui, dit-il, c’est à la vie à la mort. Ils ont en projet trois longs métrages ! Il va également travailler avec Bernard Grimaldi qui prépare pour TF1, deux films sur Action Directe et il sera aussi sur le prochain film de Bruno Merle « Eden ».
En parallèle, il vient de créer la musique d’un ballet hip hop avec le groupe Ultimatum Step.
Du travail sur la planche pour ce petit banlieusard qui a réalisé son rêve.

FRANCOIS-EUDES CHANFRAULT
Il était, dès 5 ans, au conservatoire, contraint et forcé par maman à apprendre le chant lyrique, le violon alto et la danse classique ! Dure enfance car, hormis l’instrument de musique, il n’a rien pu choisir. Il lui faudra atteindre 21 ans pour pouvoir abandonner la danse classique mais il avoue tout de même aujourd’hui que ça l’a beaucoup aidé en musique, pour la discipline, le mouvement et le rythme.
Doué pour le chant il fera un temps parti d’une maîtrise. Mais il prend très vite conscience que c’est la musique qu’il aime par-dessus tout et commence à l’apprendre avec sérieux. Il sera de toutes les créations de spectacles scolaires, ce qui l’amène tout droit à… des études de latin !!!
Il se rendra vite compte que là n’est pas sa voie et le voilà repartant vers la musique avec un ordinateur et un Revox multipistes où, dit-il, il démarre sa période artisanale, ses bases classiques l’aidant beaucoup. Depuis longtemps il entendit en lui une certaine musique et avec sa machinerie, il peut faire de ce rêve une réalité.
Il rencontre alors le réalisateur Olivier Mérou qui lui demande d’écrire une musique sur un documentaire consacré à Yves Saint-Laurent. Pour d’obscures raisons, Pierre Bergé interdit la sortie du film… qui resurgit au festival de Berlin. Sa musique et le film deviennent un énorme succès, tant en Allemagne qu’en Amérique. Ce qui lui ouvre la voie royale. Il signera la musique de « Qui a tué Bambi » de Gilles Marchand, présenté à Cannes, de « Haute tension » d’Alexandre Aja et, parallèlement, il fait des concerts, des disques, des musiques pour des installations dans des musées…
Les projets aujourd’hui se bousculent : un film anglais réalisé par Fabrice du Weltz « Vinyal », avec Emmanuelle Béart et Rufus Sewell, un autre film anglais « Dunky touch » de Polly Blackbid. Il vient de terminer la musique du film « A l’intérieur » de Julien Maury avec Béatrice Dalle et Alyson Paradis. Il a également sorti un CD chez MK2 voici deux ans : « Computer assisted sunset », en prépare un second qui est composé d’anciennes pièces qui lui tiennent à cœur, uniquement électroniques…
Vous aurez compris que c’est un boulimique de travail et un fana de musique !!!

MEHDI ZANNAD
Il a choisi comme pseudo FUGU (lire : Fougou !) qui est le nom d’un poisson japonais venimeux ( !) pour faire plus international car il a l’ambition d’être connu du monde entier !
Il a déjà enregistré deux albums et en prépare un troisième car il est aussi chanteur. Tout comme François-Eudes, il démarre le piano à 5 ans ½ et entre au conservatoire à 7 ans. Mais il se rend très vite compte qu’il n’est pas un très bon pianiste et le basculement se fera à 14/15 ans âge où il se découvre des capacités d’écriture. A la même époque il découvre un disque de sa mère : « Sergent Pepper » des Beatles. C’est une révélation. Il va alors totalement s’immerger dans les musiques des sixties : Les Beatles, les Beach Boys, The Small Faces, The Pretty Things… Sa musique en sera totalement inspirée car il en aime les harmonies vocales, les mélodies influencées du classique.
Il commence alors à enregistrer des maquettes et sortira un vinyle – en Angleterre of course ! – en 73.
Bizarrement, il suivra des études d’architecture. Il deviendra d’ailleurs architecte sans jamais professer mais trouvant, avec la musique, un parallèle scientifique avec les structures du dessin et celles du son qui lui donne une nouvelle version de la musique qu’il veut écrire.
Il rencontre alors le réalisateur Serge Bozon qui cherche, pour son film « Mods » des sonorités sixties. Il en composera la musique avec Benjamin Esdraffo. Du coup, il re-collabore avec le réalisateur pour son nouveau film « La France » avec Sylvie Testud et Guillaume Depardieu.
Il va également sortir un troisième album de chansons en anglais, son second album venant de sortir en Angleterre chez Third Side Records. Si la musique de films l’intéresse, il avoue qu’il n’en quittera jamais pour autant la chanson, qui reste sa passion première.

DAVID REYES
Le Belge de l’équipe est né dans une famille musicienne : père violoniste, mère et sœur pianistes. Dur de faire autre chose mais dur aussi de se démarquer des autres. Pourtant, très tôt il sait qu’il sera musicien. Il choisit alors le violoncelle afin de ne pas rester dans l’ombre de sa sœur.
Il apprend donc les œuvres du répertoire, se prend de passion pour les partitions et très vite s’intéresse à l’écriture musicale. A 15 ans, il écrit déjà des spectacles scolaires et se rend compte alors que, s’il aime écrire, il n’aima pas tant que ça de jouer. Il adore créer des combinaisons sonores et commence à écrire des pièces pour musique de chambre que les musiciens de l’Académie dans laquelle il est entré, vont jouer. Et puis, là encore surprise… Il s’engage pour une année de droit… Il n’en fera que six mois car il sent très vite qu’il s’est fourvoyé !
Et le voilà dans une école de cinéma où il apprendra, durant quatre ans, la réalisation. Mais, tout en réalisant des courts-métrages, il se rend compte que c’est en y composant les musiques qu’il trouve sa vérité. Le film de Luc Besson « Le 5 ème élément » va le déterminer à écrire des musiques de films mêlant le rock à la musique symphonique. Après s’être encore fourvoyé du côté de l’Ecole Normale, il va suivre des master class à la SACEM où il doit créer de la musique sur une séquence de film… devant Francis Lai et Laurent Petitgérard, compositeur et président de la SACEM ! Un producteur assistant à ce master class, Yves Darondeau, qui a entre autres produit « La marche de l’empereur » est sur un autre projet « Le renard et l’enfant » du même réalisateur, Luc Jacquet, qui sortira en décembre. Il lui propose de rejoindre les deux autres musiciens du film : Alice Lewis et Evegni Galperine pour composer la musique sur ces images et la voix de la narratrice, qui n’est autre qu’Isabelle Carré, qu’il rencontre à la Rochelle !
Entre temps, il a signé pour la société Bonne Pioche, un contrat pour écrire des musiques documentaires pour Canal + et Arte et il travaille sur une autre série docu « Les nouveaux explorateurs ».
La fin de l’année sera pour lui déterminante… On croise les doigts pour lui !

Alexis PECHARMAN
Il a, lui aussi, de qui tirer : sa mère, prof de musique, écrivait des comédies musicales dans les écoles du sud de la France… dont il tenait le premier rôle !
Dans le bain musical très tôt il n’a que la musique en tête. Cancre fini, de son propre aveu, il termine ses études dès la troisième et s’enferme dans sa chambre avec un ordinateur… Il a trouvé sa voie musicale, sa passion sans pression, dit-il, puisque sa mère lui fait confiance et le laisse faire.
Il entre alors au conservatoire de cavaillon dans la section percussions classiques, fera quelques maquettes et rencontre à Paros Jean-Louis Valero, compositeur de films (ceux de Rohmer, entre autres). Puis c’est l’armée et là, tout naturellement, il entre au département images-son-animation. L’armée créant de nombreux dessins animés préventifs, il en écrit la musique. Il en écrira une, entre autres, sur un D.A de Jacques Rouxel, le père des Shadocks !
Deux ans d’armée dont il retirera une immense expérience, se confrontant avec des tas de techniciens. Deux ans bénéfiques pour lui, donc et qui lui a permis de se passionner pour le dessin animé dans lequel il trouve invention, liberté totale, création.
Dès sa libération en 95 il collabore au film de Laurent Tuel « Le rocher d’Acapulco » (Il vien de signer « Jean-Philippe ») ainsi qu’à un court métrage avec Chiara Mastroianni et Elodie Bouchez. Il écrit aussi pour quelques pubs : Axa, le Loto et la Française des Jeux.
Mais c’est dans le D.A qu’il trouve son bonheur, sa véritable création. Il collabore à deux série TV : « Je suis bien content et « L’île de Lily » pour TF1. Bientôt, sur France 2, on l’entendra sur « Blaise le blaze », une série pour ados.
Tous les styles de musiques l’inspire, aime-t-il dire en riant et il peut vous écrire du rock comme des musiques traditionnelles russes !
Il sera sur le prochain film de Jean-Claude Brisseau « Les anges exterminateurs » et sur le film d’Eliane de la Tour « Les oiseaux du ciel ».
Des projets, il en a à la pelle, dont une comédie musicale avec Thierry et David… Déjà !!! Une commande, s’il vous plaît, de l’Orchestre de Chambre de Genève !
Voilà à quoi ça sert, la Rochelle !
Bon vent les amis !

© 2005 Evasion Mag