Bons plans
    - Participez !

  Cinéma
    - La fille du puisatier
    - 10 jours en or
    - Cinéma italien

  Ecriture
    - Auteurs Varois
    - Notes de lecture
    - La saga Maurice
    - Livres

  Evénement
    - Orange Freestyle Cup
    - Art et Vin
    - Les anysetiers

  Expos
    - Printemps des potiers
    - Le Musée de la Marine

  Festivals
    - Présence féminine
    - MIDEM 2011
    - Monte-Carlo

  Gastronomie
    - Fête du pain
    - Fourchettes d'or

  Musique
    - Marianne FAITHFULL
    - Les brigands
    - Angélique KIDJO

  Portraits
    - Camélia JORDANA
    - Irma
    - Titoff

  Théâtre
    - DoziThéâtre
    - XAL
    - JONASZ - EVENOU

  Tourisme
    - Croisiére sur Seine
    - Ste Suzanne
    - Musée des écoles

 

MONTE-CARLO
10 ème FESTIVAL DE LA COMEDIE : HUMOUR ET REFLEXION

La 10° édition du Film Festival de la Comédie de Monte-Carlo s’est achevé comme elle a commencé : dans la bonne humeur ! Une tonalité indispensable pour traiter ce thème. Mais humour rime aussi avec ironie grinçante ce que les spectateurs ont pu découvrir dans des films dont le propos dépassait largement celui du simple divertissement. Cette année, le jury composé de l'actrice Catherine Jacob, le réalisateur Fausto Brizzi, le scénariste Vincenzo Cerami (Président), de l'artiste Ugo Nespolo (créateur de l'affiche) et du critique de cinéma Maurizio Cabona a récompensé des œuvres que l’on espère retrouver très vite sur les écrans afin d’en apprécier une nouvelles fois les qualités qui ont séduit ce qui ont zu la chance de les découvrir lors du festival.

PRIX DU MEILLEUR FILM – PRIX DE LA MEILLEURE ACTRICE (Virginie Effira)
« La chance de ma vie » (France) de Nicolas Cuche
Sortie prévue en France en janvier-février 2011.
Avec Virginie Efira, François-Xavier Demaison
C'est pour moi une comédie bien sympathique et bien maîtrisée.
Virginie Efira campe une jeune fille (Joanna Sorini) dont la vie professionnelle est en train de décoller, qui semble être en train de surfer sur le succès dans l'univers de la publicité mais…elle rencontre Julien Monnier:
Un conseiller conjugal doté d'une malchance proche de la malédiction et qui fait de sa vie amoureuse un véritable désastre.
La prestation d' Elie Semoun dans ce film participe au succès du film.
On ne s'ennuie pas une seconde!

PRIX DU MEILLEUR ACTEUR:
Gianfelice Imparato dans “Into Paradiso” (Italie) de Paola Randi

Le film a été présenté au festival de Venise (Mostra 2010).
La réalisatrice a voulu traiter par l'ironie les problèmes de l'immigration.
Le personnage Alfonso d'Onofrio ( Gianfelice Imparato) se trouve confronté, lui l'Italien, aux affres habituelles d'un immigré clandestin.
Par suite d'un imbroglio ayant pour cadre l'univers maffieux napolitain, notre héros-victime est obligé de se cacher en prenant pour otage un srilankais fraîchement débarqué dont il se fera rapidement un allié et ami.
Ce paradoxe engendrera des situations comiques.
L'originalité du sujet, la manière de le traiter en font un film plutôt réussi,

PRIX DU MEILLEUR SCENARIO: ET UNE MENTION SPECIALE POUR LA MISE EN SCENE
« El gran Vazquez «  (Espagne) d’Oscar Aibar

L'acteur principal Santiago Segura campe avec brio un scénariste de bandes-dessinées archi populaire en Espagne.
Le film mérite son prix: le scénario est très resserré et le réalisateur Oscar
Aibar tourne sa caméra avec humour, ironie grinçante, vers un personnage à la fois sympathique, odieux, populaire, et plutôt condescendant envers le reste du genre humain.
C'est l'histoire vraie dans les années 1960, à Barcelone, d'un auteur de BD (publiées chez Bruguera) qui croque avec grand talent des personnages devenus cultes , qui "fait ce qu'il veut quand il veut", qui dupe patron, boutiquiers, femmes, amis; délaisse ses enfants… L'argent (des autres!) lui glisse des doigts, jusqu'au jour où un obscur comptable exaspéré par ses turpitudes veut "lui faire la peau" et le confond.
Vazquez, escroc, séducteur, mais créateur génial, a toutes les facettes de l'artiste reconnu mais infréquentable: une comédie qui se termine mal pour notre héros!
Un bon spectacle!

GRAND PRIX DU JURY:
« We are Four Lions » (Royaume-Uni) de Chris Morris

Un choix courageux?
Le synopsis: Omar est déçu de savoir que les Musulmans sont maltraités dans son pays et dans le monde. Il convainc ses amis de devenir "soldats de la Cause". Ces derniers plus ou moins réticents le rejoignent mais sont-ils vraiment capables de faire d'autres victimes qu'eux-mêmes??
Le propos de déboulonner l'intégrisme est vraiment réussi: les monstres sanguinaires se transforment en losers proches du crétinisme… Mais en arrière plan, il y a "les vrais terroristes" ceux qui font de nombreuses victimes innocences de par le monde!
Alors, la comédie est excellente, l'humour extrêmement efficace, j'ai vu un bon film: mais peut-on rire du terrorisme?
Ce n'est pas le cas de spectateurs italiens que j'ai côtoyés et des associations des victimes de l'attentat de Londres en 2005 (56 morts!) qui ont vu dans ce film de nombreuses correspondances.
Comment ce film sera-t-il reçu aux USA?
Un film à voir (une comédie ne l'oublions pas!) et à méditer…

LES AUTRES FILMS EN COMPETITION
«  La tête ailleurs » (France) de Frédéric Pelle. Avec Nicolas Abraham

L'histoire: c'est celle d'un croupier d'un petit casino de bord de mer qui rêve de voyage: un voyage unique et définitif pour une destination encore inconnue. Il cherchera à déterminer cet objectif en procédant par la compilation de catalogues et en commençant ses achats par étapes: la valise à roulettes de couleur rouge, le couteau à multiples usages mais surtout "pour couper", et les tenues vestimentaires dont le chapeau façon "Indiana Jones"!
S'il n'a rien d'un aventurier, au grand dam de certains commerçants spécialistes des grandes évasions, c'est que d'abord et avant tout il rêve d'un ailleurs incertain et très flou. Dans l'entre temps de ses recherches le temps file…
Je trouve le comédien Nicolas Abraham tendre, attachant et lunaire.
Quand au film au déroulement un peu lent "inexorablement", son côté poétique en fait le charme.

« Die Friseuse » (Allemagne) de Doris Dörrie.
Avec Gabriela Maria Schmeide

Le film narre l'histoire d'une coiffeuse sans emploi qui galère pour faire face aux difficultés de la vie: chômage, divorce, réinstallation dans un nouveau cadre de vie, fille adolescente à élever et sclérose en plaques.
Mais Kathi surtout doit surmonter un handicap de poids puisqu'elle est obèse, ce qu'elle assume pleinement, mais c'est un handicap qui va lui interdire de trouver un nouveau travail.
Kathi, dynamique fait face et trouve l'opportunité de se venger en ouvrant dans le Centre Commercial bien en face de l'employeuse qui l'a évincée son propre salon de coiffure .
Cela n'ira pas sans mal; Kathi obligée de trouver des fonds, devenue passeuse occasionnelle de clandestins asiatiques.
Je trouve cette tragi-comédie légère, bien enlevée avec une comédienne dynamique et attachante: j'ai pensé à une Mimie Mathy d'un autre gabarit!

« La donna della mia Vita » (Italie) de Luca Lucini. Avec Luca Argentero, Alessandro Gassman, Stefania Sandrelli….
Sortie en France 2011.

ll y a deux frères très dissemblables: l'un est un coureur de jupons, l'autre sensible, fiable et sérieux.
Il s'avère que l'un veut se marier sans savoir qu'il a pour future épouse une ancienne maîtresse de son frère.
Une bonne comédie italienne sans surprise, bien interprétée.

FILMS HORS CONCOURS:
« Benvenuto al sud » (Italie) de Luca Miniero. Avec Claudio Bisio

Rien à dire de plus que c'est un pastiche des "Ch'tis" transposé au sud de Naples.
Le synopsis est rigoureusement identique avec tous les clichés qui s'adaptent: la Camorra, la nonchalance au travail, le limoncello, la chaleur estivale, etc…
L'acteur Claudio Bisio soutient parfaitement la comparaison avec Kad Merad.
J'ai personnellement préféré cette version à celle de Dany Boon.

« Burke et Hare » (Royaume Uni) de John Landis. Avec Simon Pegg, Andi Serkis, Isla Fisher, …
C'est une histoire vraie dans l'Edinbourgh des années 1820. Deux bandits déterreurs de cadavres fournissent à l'Edinburg Medical Collège des sujets pour les cours de dissection. Dopés par cette tâche sordide qui leur rapporte bien, les fossoyeurs se mettent à commettre des meurtres afin de ne pas être "en rupture de stock"!
Jusqu'au jour où …ils seront confondus!
Les deux assassins sont restés tristement célèbres par leur manière de tuer en appliquant sur le visage de leurs victimes un masque de pois qui les étouffait.
Cela n'apparaît pas vraiment dans le scénario mais la reconstitution des scènes d'époque est très réaliste et soignée. Les deux héros fascinent.
Habituellement je ne suis pas fan de ce style de films d'horreurs mais la façon humoristique dont le film est traité fait oublier le côté Gore des scènes les plus "trash".
Ce film a été choisi hors concours par le festival car John Landis a été l'un des invités vedettes et le Prince Rainier de Monaco accompagné de Charlène Wittstock tenaient absolument à assister à la projection de Burke et Hare.

John Landis (Photo 2)qu'on ne présente plus, a tourné de nombreux films depuis les années 70 dont "Le loup-garou de Londres", "Un prince à New-York", "Le flic de Beverly Hills 3", "Terminator 2: le jugement dernier"…, sans compter des clips vidéos: "Black or White" et "Thriller " de Michaël Jackson.
Le gala de clôture a été présenté par Ezio Greggio.
John Landis a reçu un hommage lors de la cérémonie de clôture du 10° film Festival.
Le festival a également honoré Claude Lelouch pour l'ensemble de son œuvre.
Ont été mis à l'honneur en particulier: Catherine Jacob, les acteurs italiens Aldo Maccione et Claudio Bosio et aussi Gina Lollobrigida (tphoto 3).

Annie Ravier

© 2011 Evasion Mag