PIERRE MONDY : « J’AI ENVIE DE M’AMUSER »
C’est un homme absolument charmant est volubile, d’une grande simplicité, que l’on aborde comme si on l’avait toujours connu. Le rencontrer est un vrai plaisir et c’est à St Tropez, où il était invité au Festival de Fiction TV pour présenter la nouvelle formule de la série des Cordier, que l’on a pris un long moment de conversation.
Alors, Pierre Mondy, comment avez-vous appréhendé cette "nouvelle" série ?
Eh bien, après 61 films, Bruno Madinier vit sa vie et je n’ai donc plus de fils mais entre temps, ma fille Charlotte Valandray est revenue ! La formule du commissariat a évolué et je deviens un peu l’emmerdeur de service, j’ai comme co-équipier Guillaume de Tonquedec et quelles invités de marque viennent se joindre à chaque épisode. Les scripts tiennent bien la route, le concept est un peu copié, mais très adapté, de « Colombo », un jeu du chat et de la souris avec un invité qui vient s’ajouter à l’équipe : Sophie Duez, Michèle Bernier, Robin Renucci, Bernard Lecoq… Et ça marche ! Vous rendez-vous compte que le pilote date de 92 ?!!
N’êtes-vous pas fatigué d’être enfermé dans ce rôle et d’être surtout connu, malgré une carrière théâtrale et cinématographique magnifique, par ce rôle de Cordier ?
Non, parce que c’est une série populaire et que ça ne m’empêche pas de faire autre chose à côté comme « Joseph », une pièce de théâtre que j’ai joué et tournée en province l’an dernier et de repartir en tournée cette saison avec la pièce de Marc Perrier « Six heures plus tard » *. J’ai aussi longtemps fait de la mise en scène même si, aujourd’hui, j’ai levé le pied.
Pourquoi ?
C’est très fatigant car il faut totalement s’investir avant, pendant et après. Il faut aussi souvent se battre avec les directeurs de théâtre pour les convaincre et tout ça, c’est une énergie que je n’ai plus. Mais à côté de ça, je ne reste pas sans rien faire. Je tourne aussi d’autres choses comme « Les Pasquier » de Jean-Daniel Verhaeghe pour France Télévision. Et puis, je ne sais pas rester sans rien faire et tant que Dieu me laissera la santé et que la machine intellectuelle fonctionnera, je continuerai ! J’ai le goût des voyages, le goût des rencontres, j’aime découvrir les choses et les gens, j’aime les ambiances de travail ludique.
« La cage aux folles » reste un grand moment pour vous !
Ca a marqué ma vie et ma carrière, c’est sûr, d’abord parce qu’avec Michel Serrault et Jean Poiret il y avait une complicité formidable et le succès fut extraordinaire. Je regrette seulement qu’on n’ait alors pas pu faire de captation pour avoir ce merveilleux souvenir. A l’époque il était difficile de le faire et on n’a que cette séquence de la biscotte qu’on a vu cent fois. Et au moment où on aurait pu le faire – car on voulait remonter la pièce – Jean a disparu, hélas. J’ai voulu aussi la remonter avec d’autres acteur. J’en avais parlé avec Clavier mais ça ne s’est pas fait.
Une telle pièce, dans le contexte de l’époque, c’était osé !
Oui car ce n’était pas un sujet facile à aborder. C’était encore très tabou mais l’idée nous est venue en rencontrant des antiquaires et en voyant le spectacle de travestis de « La grande Eugène ». On a écrit quelques sketches puis l’idée de la pièce est née. C’était, je crois, une formidable idée que de le faire dans cette esprit et ça a plus à tout le monde.. Et ça a été un grand moment pour nous trois.
Vu votre parcours, on attend depuis longtemps une biographie !
Je préfère le mot « mémoires » et je suis en train de les terminer. Ca s’intitulera « La cage aux souvenirs » et ça paraîtra bientôt chez Olivier Orban. Alors… heureux ? (Grand éclat de rire).
Je fais donc des choses que j’aime et qui m’amusent car aujourd’hui, j’ai envie de m’amuser…
Propos recueillis par Jacques BRACHET
Photos : Avec Quentin Raspail, Président fondateur du festival TV de St Tropez – Avec Florence Pernel dans la série des Cordier – Séance d’autographes à St Tropez
* Le jeudi 22 mars 20h45 au Théâtre Galli de Sanary |