LA ROCHELLE
MATHILDA MAY : "Je suis pour le dialogue"

La belle Mathilda fut l'une des reines de ce 13ème Festival TV de la Rochelle.
Belle, lumineuse, souriante, d'une grande simplicité, elle venait présenter une nouvelle série qui va débouler sur France 2 : "Clash". Les vedettes en sont les ados, toujours les mêmes, avec, à chaque fois, la venue de comédiens chevronnés comme cet épisode, intitulé "Emilie, la valse des baisers", réalisé par Pascal Lahmani avec en guest star Mathilda May. Le thème tourne autour du conflit de générations et la gent féminine face aux problèmes de la vie.
L'ado n'est pas jolie, elle le sait et essaie de donner le change en étant drôle, extravertie et douée, en s'habillant de façon à ce qu'on la remarque. Sa mère, elle, est superbe, rayonnante et ne se rend pas compte qu'elle fait de l'ombre à sa fille, jusqu'au jour où elle apprend sa ménopause précoce.
Chacune dans sa bulle et ses problèmes, va-t-elle voir que l'autre existe et qu'en définitive, si l'amour est là, il est caché par leur égocentrisme ?
C'est un film énergique et drôle qui sous-tend de vrais problèmes vus de façon humoristique avec quelques jolis moments d'émotion. Mathilda et cette gamine Alysse Hallali, sont épatantes et les situations sont bien vues par Pierre Linhart et Baya Kasmi qui ont su trouver le ton juste, tout en finesse et désamorcent par l'humour des problèmes pas si futiles que ça, qui peuvent empoisonner une vie et lui donner une orientation inattendue.
 |
 |
 |
 |
RENCONTRE
Nous voici attablés avec la radieuse Mathilda qui, d'entrée, regrette de n'être que dans deux épisodes de cette série :
"C'est un film choral où les ados ont le beau rôle et qui est à la fois très moderne et assez audacieux...
C'est à dire ?
Ce sont des thèmes très forts et très actuels où tout le monde se retrouve car ce sont des problèmes emblématiques entre parents et ados que tout le monde peut vivre ou a vécu. Ils sont abordés de manière frontale avec tous les sentiments ambivalents que cela entraîne, ce qu'on ne voit que rarement dans un film car c'est souvent en dessous de la réalité.
Ici, on traite de vrais sentiments, qui ne sont jamais ni tout blancs ni tout noirs. Il est question de fusion mère-fille mais aussi de rejet, de tendresse et d'admiration mais aussi de rivalité. Chacun d'entre nous est emberlificoté dans ses problèmes et ses sentiments qui paraissent légitimes mais complexes, difficiles et finissent par occulter ceux des autres ou par développer des sentiments pas toujours très dignes : la jalousie, la rivalité, le déni de l'autre...
Ca n'est pas que chez les ados ?
Non, loin de là ! Il n'y a pas que les ados qui traversent des crises car après la crise adolescente surgissent d'autres crises, ce la quarantaine, de la vieillesse, du jeunisme... Mais les ados le vivent peut-être avec plus d'acuité et plus de maladresse. Il y a une phrase pour définir la série : Si vous croyez connaître vos enfants, ils ne sont pas ce qu'ils paraissent... et c'est la même chose pour les adultes !
Vous savez, lorsque l'ado traverse cette crise qui le fait devenir adulte, il devient une entité, une personne à part entière qui nous échappe inexorablement. Il devient autre et c'est aussi difficile à gérer pour lui que pour ses parents.
Avez-vous vécu des scènes comme dans ce film ?
Ouf... heureusement non ! Je n'aurais pas pu supporter les conflits permanents ou la rivalité avec ma fille, comme je n'aurais pas pu supporter de rivalité avec ma mère. Je ne suis pas une mère hystérique mais j'affirme ma posture d'adulte car ce n'est pas vrai qu'on puisse être copine avec sa fille. Je n'y crois pas, c'est une illusion. Il y a des barrières à ne pas franchir, je recadre avec gentillesse, douceur mais fermeté. Et je suis pour le dialogue.

Revenons au théâtre où vous avez triomphé avec Pascal Légitimus dans "Plus si affinités" que vous avez écrite !
Oui, et ce furent trois années de folie, de succès, de bonheur. Depuis ce succès, je reçois plein de propositions au théâtre mais je préfère écrire ma propre pièce...
Qui sera ?
Oh, elle est en train de se terminer et je ne veux pas encore en dire trop. Mais de deux, je suis passée à huit personnages et j'aimerais qu'il y ait de la musique et de la danse, qui est ma première passion. Mais c'est long à écrire et j'ai intérêt à ne pas me planter !
Et puis il y a eu cette pub incroyable pour une crème fromagère ! Inattendu, non... my God !
Peut-être mais je l'ai faite pour trois raisons : la première est que je l'ai trouvée "très glamour et humour", la seconde est qu'elle était réalisée par Nicole Garcia et enfin, pour avoir le temps d'écrire une pièce, il faut du temps, donc faire ce genre de chose, c'est assez rapide, c'est ludique et... ça me permet de vivre sans problème !
Pensez-vous écrire pour la télévision ?
Rien n'est définitif mais c'est très compliqué, très long à monter, à trouver un producteur... A moins que Scarlet Production qui a tourné la série, veuille bien me produire !
Et le cinéma ?
Je viens de tourner un film qui sera fait de sketches, intitulé "Les infidèles". Celui dans lequel je joue a été réalisé par Gilles Lellouche et Jean Dujardin.
Mais aujourd'hui, il faut que je m'attelle à ma pièce et que je la finisse !"
Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Paule Taboni et Jacques Brachet |