TOULON, OPERA : GOUNOD REVIENT AVEC SA MIREILLE

Issu d’une famille sensible aux choses de l’art (son père est professeur de dessin, sa mère a des talents de musicienne), Gounod poursuit de solides études classiques avant d’entrer au Conservatoire en 1835. 1er Prix de Rome en 1839, il met à profit son séjour dans la Ville Éternelle pour étudier Palestrina, mais aussi Lully, Gluck, Mozart.
À partir de 1843, il est organiste et maître de chapelle à Paris (aux Missions Étrangères).
Il épouse en 1852 Anne Zimmermann, fille du compositeur et professeur de piano au Conservatoire, et est nommé la même année directeur de l’Orphéon de la Ville de Paris.
Pendant la guerre de 1870, Gounod est à Londres où il reviendra à plusieurs reprises ; son œuvre restera très appréciée en Angleterre (sa trilogie sacrée Mors et Vita sera créée en 1885 à Birmingham en présence de la Reine Victoria).
Il s’éteint en 1893, après avoir été considéré comme l’un des plus grands compositeurs français de son temps.
L’œuvre de Gounod se caractérise par la simplicité, une certaine sobriété des moyens (que ses détracteurs assimilent à de la facilité). Profondément religieux - il connut Lacordaire, songea à se faire prêtre, et traversa plusieurs périodes de mysticisme aigu dans sa vie - Gounod composa de très nombreuses œuvres sacrées : Motets et cantiques (dont le célèbre Ave Maria...), messes (Messe solennelle de Sainte-Cécile en 1855, Messe du Sacré-Cœur en 1876), oratorios. Son œuvre profane est principalement représentée par des mélodies - dont certaines inspirèrent Fauré -, 3 symphonies, des pièces pour piano, mais c’est assurément par un renouvellement du genre de l’opéra que Gounod marqua son temps. Il rompit avec les effets meyerbeeriens alors très prisés. Mireille, Roméo et Juliette, Faust surtout, appartiennent au grand répertoire de l’opéra français du XIX ème siècle.
"Mireille" est l'un de ses opéras les plus joués, surtout dans nôtre région provençale où il est venu s'enfoncer dans nos racines puisque l’action se passe dans la campagne près d’Arles au milieu du XIXème siècle.
Dès 1859, Gounod avait parcouru le poème de Frédéric Mistral, dont l'originalité l'avait séduit. Il écrivit alors à Mistral qui accéda à son désir d'en tirer un opéra. L'élaboration du livret fut confié à Michel Carré, qui élabora tout d'abord un canevas qui fut soumis à l'approbation de Mistral. Celui-ci invita le compositeur à venir s'installer en Provence.
Le 12 mars 1863, Gounod et Mistral firent connaissance et Gounod s'installa dans un hôtel de Saint-Rémy-de-Provence, où il fit venir un piano et composa sa partition en trois mois.
Après des répétitions difficiles l'œuvre fut créée le 19 mars 1864 au Théâtre Lyrique, à Paris mais n'obtint qu'un succès relatif, dû principalement à la coupe en cinq actes et à la mort de l'héroïne à la fin de l'ouvrage.
Divers aménagements furent opérés en vue d'une reprise au Théâtre Lyrique, en décembre 1863, sur la suggestion du directeur du théâtre, Carvalho. L'opéra fut ainsi réduit à trois actes et complété de dialogues parlés mais il n'obtint pas davantage la faveur du public.
De nombreuses retouches furent pratiquées à l'occasion des reprises successives et ce ne fut qu'en 1939 qu'après de patientes recherches menées par Guy Ferrant et Henri Busser, disciple de Gounod, on retrouva enfin la partition originale de Mireille.
Le livret de Mireille n'offre qu'un reflet partiel de l'œuvre de Frédéric Mistral, elle-même conçue comme un vaste poème épique. Quant à la musique de l'opéra, elle est placée sous le signe de Mozart : plus que dans Faust, Gounod s'y fait l'admirateur de Don Giovanni bien que le troisième acte présente une féérie musicale que de nombreux musicologues n'hésitent pas à comparer à Mendelssohn ou à Weber.
L'Opéra de Toulon présentera donc cette oeuvre les vendredi 11 mai et mardi 15 mai à 20h00 et le dimanche 13 mai à14h30 sous la Direction musicale d'Alain Guingal, la mise en scène Paul-Emile Fourny et la chorégraphie de Servane Delanoë
Mireille est la soprano Ermonela Jaho, Taven est la contralto Anne Pareuil, pour Clémence, l'on rtrouve la sublime soprano Sonia Morgavi , Vincenette est interprétée par la soprano Isabelle Obadia, Vincent est le ténor Florian Laconi, accompagnés par l' Orchestre, chœur et ballet de l’Opéra Toulon Provence Méditerranée
La production est signée de l’Opéra de Nice |