BANDOL : SOUS LE SOLEIL... ET DANS LE VENT !
Un reportage de Jacques BRACHET
Troisième édition de ce M6 Live qui, aujourd’hui, fait partie intégrante des événements de l’été à Bandol, apportant chaque année de vraies pointures dans des concerts gratuits qui amènent des milliers de gens dans ce port-impasse où il est aussi difficile d’entrer que de sortir !
Mais c’est la rançon de la gloire et malgré le vent qui s’est mis de la partie durant plusieurs soirées, tout le monde était là, artistes et public et c’est Amel Bent qui a ouvert le feu.

AMEL BENT… UN SOIR D’ETE A BANDOL
Ambiance partagée sur ce premier concert, d’abord dans l’inquiétude d’un vent qui ne cessait de souffler mettant quelques tentes en souffrance. Ensuite parce qu’à l’heure de réaliser notre interview, l’on apprenait soudain que nous aurions affaire à son… manager ! Un heureux manager nous avoue-t-il mais manager quand même, ce qui ne faisait pas notre affaire même si ce monsieur, qui a un nom à coucher dehors : Nicolas Voskoboïnikoff ( !), est au demeurant fort sympathique.
Ayant côtoyé Amel Bent durant toute l’émission de « La nouvelle star », c’est tout naturellement qu’il l’a prise en charge et ne l’a plus quittée depuis deux ans.
Bien sûr, nous aurons droit à des banalités du genre : « Elle est sereine, solide et décidée », on le serait à moins après avoir vendu 600.000 albums, un million et demi de singles et avec le colossal engouement qu’elle a reçu sur cette tournée qui, d’ailleurs, s’achevait ce soir-là à Bandol.
« Elle a droit à un peu de repos, ne s’étant pas arrêtée un jour depuis sa sortie de l’émission. Enregistrement, promo, télés, interviewes, tournées… Elle commence à fatiguer un peu même si ce n’est pas le bagne ! »
Est-ce pour cela qu’on ne la verra que le temps de faire… une photo à la sauvette. Ou bien est-ce pour des raisons plus personnelles ? On n’en saura pas beaucoup plus sinon qu’après s’être reposée, elle s’attellera à son second album où elle s’investira beaucoup plus au niveau des textes. Il y a des chances aussi qu’on retrouve sa copine Diam’s au générique mais… Motus !
Le reste se passera sur scène où, bien entendu, on ne pourra faire des photos que parcimonieusement… comme d’habitude !
J’avoue que je n’étais pas un super fan d’Amel Bent et que sa « Philosophie » commençait à me porter un peu sur le système, tant on nous l’a assené. Et à part ce gros tube, que pouvait faire une fille de 19 ans seule sur scène durant une heure et demi, sans expérience et sans répertoire ? Eh bien, surprise, la petite tient la route et ses promesses. Une voix bien posée qu’elle sait déjà moduler en pro, une tenue en scène sympa et décontractée, une pêche pas possible et un contact énorme avec un public tout acquis, même si c’est un concert gratuit et que certains y sont venus pour ça. Mais pour rester tant de temps debout, il faut être motivé et ce n’est pas la panne de son de dix minutes qui les a gênés, pas plus qu’Amel qui les a tenus ferme en chantant sa fameuse philosophie à capella durant cinq minutes dans un chœur parfait.
Un tour bien dosé fait de presque tout l’album, quelques reprises et le fameux « Eye of Tiger » de « Rocky » devenu l’hymne du dernier « Astérix ».
Belle prestation donc, accompagnée d’un orchestre qui donne et de deux choristes aux voix superbes. J’avoue avoir été bluffé par son tempérament, son professionnalisme et sa façon d’occuper l’espace.
Après le concert on s’attendait à la voir cinq minutes, des centaines de fans l’attendaient derrière les barrière et on espérait qu’il y aurait une petite fête pour la dernière.
Que nenni. Fatiguée elle s’éclipse, la fête se fera dans l’intimité et l’on aura droit en prime à un énergumène imbu de ses prérogatives d’homme à tout faire, qui vous jette comme un malpropre parce que vous êtes devant la porte de la star pour la saluer.
L’entourage de ces stars est définitivement de plus en plus taré, mal élevé, sans éducation, agressif et prétentieux, limite menaçant et finit par faire beaucoup de mal à l’artiste.
On apercevra donc une minute son regard triste caché à moitié par une capuche et, en dehors de la scène, on n’aura pas entendu le son de sa voix un seul instant…
Dur métier que celui de journaliste !
LA BEAUTE ET LA SERENITE D’ANGGUN
Autre chanteuse, autre ambiance. Anggun nous offre sa beauté et son sourire et sa sérénité. Dans le backstage, pas le moindre stress. Son équipe est sympa, souriante et à l’heure dite, on entre dans la loge de la star, cocon intime et rafraîchissant… La clim est passée par là et Anggun y a mis son empreinte. Pour une fois une chanteuse qui ne se plaint pas de la clim’ – toutes la craignent – elle rit et m’avoue :
« Vous savez, je viens d’un pays où si l’on ne vit pas avec la clim’ on meurt… Alors »
Le sourire est ravageur, encadré de longs cheveux soyeux. Elle est belle et je suis sous le charme. Elle est sur les routes depuis quelques mois entre concerts, tournée des stades avec le grand Johnny, bientôt la Pologne et reprise de 40 dates de tournées en septembre…
Pas trop fatigant ?
C’est vrai que c’est intense et que, énuméré comme ça, ça paraît énorme. Mais je me contente de faire les concerts un par un et de les faire avec un grand plaisir. Le plus fatigant, ce sont les kilomètres et l’attente avant le concert. Après, sur scène, ce n’est que du plaisir ! »
Elle s’exprime dans un français magnifique, employant toujours le mot juste et pouvant donner des leçons à quelques chanteuses… françaises !
« Indonésienne et chantant en anglais, pourquoi avoir choisi de recommencer une carrière en France plutôt qu’en Amérique ?
Je n’ai jamais eu le rêve américain en moi, l’Indonésie est déjà bien trop américanisée, cet idéalisme d’un pays surpuissant me fatigue et je n’ai jamais eu l’envie, comme les filles de mon âge, d’aller conquérir les USA. Pour moi, vivre ailleurs c’était vivre en Europe. Mon pays est lourd d’Histoire et aller aux USA ne m’aurait pas appris grand chose. Même leur anglais est américanisé ! Ils ont quatre cents mots de vocabulaire, c’est peu. En Europe je savais que j’apprendrais beaucoup plus de choses et la langue française est riche.
Et puis, je n’irai jamais dans un pays qui légalise la peine de mort !
Vous avez aussi été à bonne école avec votre père ?
Mon père était un homme de lettres, un écrivain, l’ambiance à la maison était empreinte d’art, on y recevait des écrivains, des peintres, des musiciens. Toute l’intelligentsia passait chez nous et j’étais donc baignée par tous ces gens magnifiques. Il y avait une forme de communication pertinente. Et puis chez nous, en Indonésie, on grandit avec la musique et la danse. Ce n’est pas considéré comme quelque chose de sérieux mais c’est en nous, ça fait partie de nous. Là bas, je ne suis considérée que comme quelqu’un qui donne du bonheur en chantant. Je ne sauve pas des vies, je ne suis pas admirable mais je vis à travers et autour de la musique.
Vous qui maîtrisez si bien la langue française, avez-vous envie d’écrire vos textes aujourd’hui ?
Très envie mais ce n’est pas parce qu’on parle français qu’on peut écrire en français, surtout des paroles de chansons ! Je suis encore handicapée car je ne la maîtrise pas encore assez pour l’écrire. J’écris donc en anglais et je fais traduire, presque mot à mot, par des paroliers qui le font mieux que moi. C’est une langue belle mais difficile et je suis très critique envers moi-même et je reste très timide.
Avec qui avez-vous abordé la littérature française ?
Avec Boris Vian que j’idolâtre et qui est pour moi un scientifique des mots. Lorsque je suis arrivée en France, j’avais 20 ans et j’étais très pressée d’apprendre le français car j’ai toujours eu un énorme besoin de communiquer. J’ai donc attaqué la littérature très vire et l’on m’a offert « L’écume des jours ». Ce fut un choc. Je ne comprenais pas toute la subtilité des mots, chaque sémantique mais ça a été pour moi un véritable révélateur.
Vous êtes très éclectique en musique, puisque vous chantez aussi bien avec Diam’s que Serge Lama, les 2 Hallyday, Zucchero, Tri Yann…
Et Peter Gabriel, ne l’oubliez pas, ça a été le plus grand moment de ma carrière !
Vous savez, je n’aime pas les étiquettes, j’aime brouiller les pistes. Etre « chanteuse de variété française », c’est très réducteur et dans mon cas ça ne veut rien dire. D’abord je ne suis pas française et je pense que, comme le dit Aznavour, il y a deux sortes de musiques : la bonne et la mauvaise. Alors j’aime aller d’un style à l’autre, découvrir des univers différents, chanter avec des artistes très différents…
Dont les deux Hallyday, ce qui est rare !
Et magique ! Durant huit ans, avec Johnny, nous nous sommes croisés sur des plateaux télé. Pour moi, c’était un Himalaya d’intimidation ! Et puis un jour il m’a dit qu’il aimait ce que je faisais et qu’il me voue moi, je n’y arrive pas encore ! Cette tournée des stades a été magnifique.
Et David ?
Nous nous sommes rencontrés sur le spectacle des Restos du cœur, nous avons sympathisé et on nous a proposé de faire un duo pour une télé. Etant perfectionniste, il a voulu entrer en studio avec ses musiciens… C’est un vrai pro car peu d’artistes auraient fait ça pour une émission éphémère ! Du coup le duo sera sur le collector qui sortira en septembre-octobre. Je trouve qu’il a un énorme talent de mélodiste qui n’est pas assez reconnu. J’aimerais qu’il m’écrive des chansons… J’envoie le message ! »
C’est sur un grand éclat de rire que nous nous séparons. Elle me dit en souriant : « Je vais me faire belle » ! Ca va être facile !
Et ce fut facile car sur scène elle resplendit, merveilleusement sensuelle, dans un show qui déménage, fait d’énergie et d’élégance, qui fera vibrer le public.
Une rencontre de rêve…
LOUIS BERTIGNAC : UN GRAND GARCON TOUT SIMPLE
Le cheveu hirsute poivre et sel, il a la banane lorsqu’il vient nous retrouver après la balance avec ses musicien. Un gaillard ouvert, souriant, simple, qui s’installe pour une conversation d’une heure à bâtons rompus.
Et l’ on va évoquer sa carrière, Téléphone, Carla Bruni, mais aussi plein d’autres choses car il parle sans gène et comme si l’on était entre amis.
Bien sûr, il y a eu la période Téléphone qu’on ne peut passer sous silence mais sa vie et sa carrière sont jalonnées de gens très éclectiques, très différents, d ‘Higelin à Carla Bruni en passant par Marianne Faithfull, Luc Besson, Patricia Kaas, Roda Gil…
« J’aime le rock mais j’aime avant tout la musique et il y a de la bonne variété, Patricia Kaas, ça a un peu été « à l’insu de mon plein gré », si je peux reprendre cette phrase qui n’est pas mienne ! On m’a demandé une musique pour elle, je l’ai faite et je crois qu’elle sonne bien (Une question de temps, écrite avec David Manet) Mais si j’ai aussi réalisé l’enregistrement. Je ne l’ai jamais vue sur scène, je ne sais pas ce que ça donne. Peut-être ne la chante-t-elle même pas !
Carla Bruni, c’est autre chose, une vraie collaboration et avant tout une rencontre. Elle avait 17 ans, j’en avais 30, nous étions amoureux. Elle préparait son album, elle avait un producteur pourri j’ai peu à peu pris les choses en main. J’ai revu deux chansons dans la nuit, elle a dit OK et j’ai bossé sur tout l’album à une condition : qu’elle bosse sur le mien… Ce qu’elle a fait. Aujourd’hui nous sommes vraiment des potes ! Son prochain album est en anglais et pas destiné à la France mais il y a mes guitares !
Luc Besson, je ne le connaissais pas et… Je ne le connais toujours pas. Je suis venu sur « Subway » par Corinne (de Téléphone) qui avait fait une mélodie avec Eric Serra et qui m’a demandé d’en faire une avec elle. … Et j’ai croisé Besson à la première du film !
Etienne Roda-Gil, c’est aussi une vraie rencontre. Je cherchais un parolier pour l’album « 96 » et le nom de Roda-Gil est venu. Pourquoi pas ? Mais avant de travailler ensemble il y a eu une approche, nous avons passé un mois à traîner ensemble et j’ai découvert un gros nounours généreux et plein d’humanité, qui était très amoureux de sa femme… Tout ça collait bien pour moi et en plus, il aimait le rock comme moi et était frustré de n’avoir jamais collaboré à un disque de rock. Tout ça ne pouvait que nous rapprocher et l’on a fait l’album ensemble.
Marianne Faithfull, je l’ai rencontrée dans une soirée, je l’ai ramenée en voiture et l’on a parlé alors de cet album « 96 » que je préparais avec Roda-Gil et du coup elle est venu avec moi et a enregistré deux ou trois morceaux dans la nuit comme choriste. C’est une jolie mais très brève histoire !
Téléphone c’est d’abord l’histoire de potes qui aiment la musique. Et puis chacun a envie de reprendre sa liberté… Comme beaucoup de groupes et sans qu’on se fâche puisque j’ai continué à travailler avec Corinne et j’ai continué à voir Jean-Louis. Et puis j’ai eu envie de reformer le groupe pour plein de raisons, certaines plus avouables que d’autres. J’ai donc revu les deux comparses et j’ai réglé certains problèmes avec les deux. Mais la rencontre Jean-Louis – Corinne n’est pas passée. Il y a quelque chose entre eux qui ne passe plus, chacun voulait être le leader du groupe alors que du temps de Téléphone il n’y en a jamais eu… Du coup rien n’a pu aboutir. Le carré d’as ne se reformera jamais… »
Un petit moment de nostalgie mais cet artiste vrai et discret est très vite repris pas son métier, sa passion et il se dit que peut-être, pour les 30 ans de Téléphone… En attendant il prépare une trentaine de concert pour MP3 sur Internet, un Zénith, un double live… il a de quoi s’occuper et il a une belle énergie qu’il nous a montré sur la scène du M6 Live à Bandol en nous offrant un spectacle feu d'artifice qui a mis le public en ébullition !
LETTRE A LARA FABIAN
Ma chère Lara…
Je me faisais une joie de vous retrouver, comme nous le faisons à chacun de vos passages dans la région. Non pas pour une interview mais pour un petit bout de rencontre amicale et sympathique à bâtons rompus.
D’autant que, pour une fois, il était question d’interview et, comme ces moment-là sont rares, nous étions cinq journalistes à attendre ce moment avec plaisir. Nous étions à l’heure : 19 heures tapant… A 21h, nous étions toujours là mais pas de Lara qui avait décidé, paraît-il de rejoindre l’hôtel de Ste Maxime où elle séjournait pour deux soirées.
Ste Maxime - Bandol, ce n’est pas loin et c’est facile à faire… en plein hiver ! Mais en plein mois d’août c’est moins évident !
Du coup, bien sûr, pas d’interview et nous étions passablement déconfits. Mais votre arrivée et votre venue vers moi pour m'embrasser nous faisait reprendre espoir… pour l’après concert.
Las… le spectacle sitôt fini et le public vous appelant encore, vous vous étiez déjà enfuie en bateau comme une voleuse…
Pas sympa pour les fans. D'autant plus qu'il y avait quelques enfants malades qui vous attendaient depuis des heures avec espoir. Pas correct – et je dirai, pas professionnel et mal élevé – pour les journalistes qui ont perdu beaucoup de temps pour rien. Je conçois que les rencontres presse ne soient pas votre tasse de thé, je l’admets, même si je pense que ça fait partie du métier et que la presse de province n’est pas plus bête qu’une autre. Mais je conçois mal qu’on fasse ainsi attendre des gens et qu’il n’y ait pas même un geste de regret, un mot d’excuse de votre part et seulement la venue d’un sbire venant nous balancer qu’il est « interdit de fumer dans l’environnement de Mlle Fabian » alors que l’on était en plein air et qu’après trois heures d’attente, il était normal, pour certains, de passer ses nerfs sur une cigarette…
Bref, ce moment tant attendu n’est pas venu. Heureusement, le concert fut superbe et on aurait aimé le prolonger dans la joie, ne serait-ce qu’un quart d’heure face à face.
Tant pis pour nous.
Caprice de star ? manque de considération pour la presse ? Fans devenus trop nombreux pour qu’on les rencontre, ne fut-ce que quelques minutes pour leur faire coucou ? Je pense qu’on méritait tous mieux que ça….
Mais allez donc savoir ce qui se passe dans la tête d’une « star » qui doit un peu déconnecter de la vie de tous les jours, dont l'enrourage étouffant isole énormément et ne pas se rendre compte que nombre de gens comme nous doivent faire leur boulot et travaillent pour la faire connaître et rester en place, même en province et qu’un jour – car ce jour arrive invariablement pour tous malgré le talent – où vous aurez besoin de nous, peut-être arriverons nous aussi trois heures en retard… ou pas du tout parce que, attendant une autre star !
Lara, vous gardez toujours mon admiration en tant que chanteuse. Mais c’est vrai que j’ai été quelque peu déçu de cette façon cavalière de non-recevoir et je n’ai pas été le seul.
Je vous embrasse quand même et… à la prochaine ?!!
HERVE VILARD : LA VIE EST BELLE, LE MONDE EST BEAU
Il est loin, heureusement, le petit garçon malheureux de la DDASS, qui nous émouvait avec son premier succès « Capri, c’est fini » et qui nous a fait monter les larmes en nous racontant admirablement son enfance dans son autobiographie « L’âme seule » (Ed Fayard).
L’homme est beau, souriant, chaleureux, heureux de vivre et de chanter. Cela se voit déjà à la balance : il est le seul à être monté sur scène pour répéter, même si le public s’agglutine déjà devant le podium. Et puis après, le voici frais et dispos pour l’interview… Ca nous change !
« J’en suis à mon vingtième concert de l’été, j’en ai encore une dizaine et j’en ai déjà 30 pour cet hiver… Que demander de plus ?
Heureux, donc, de retrouver chaque fois ton public ?
Je dirais plutôt « le » public car il y a plusieurs générations aujourd’hui, il y a ceux qui prennent le train en marche, le monde bouge et je suis comme un papillon. Je suis content de chanter en place publique devant ce rapprochement familial et de voir ce qui s’en dégage d’humain…
Aujourd’hui il y a un autre public qui découvre le chanteur après avoir découvert l’écrivain !
Ecrivain est un grand mot… Il se trouve que j’ai fait un livre qui s’est vendu à 200.000 exemplaires, qui a été salué par la critique et, qui plus est, donné comme sujet de bac à Montpellier… C’est magnifique, non ?
Surpris ?
Oui et non car c’est vrai qu’en écrivant je ne m’attendais à rien de particulier. Plein de gens ont écrit leur bio et il y a longtemps que j’aurais pu le faire. Mais je ne voulais pas faire un mauvais livre pour faire comme tout le monde. Lorsque j’entreprends quelque chose je vais jusqu’au bout du but que je me suis lancé, de mes convictions. Et lorsque Fayard vous prend votre manuscrit, déjà c’est formidable car ce n’est pas n’importe quel éditeur ! Après c’est la flamme qui s’emballe et c’est formidable c’est que ce n’est pas seulement le public de mes chansons qui l’achète… Mais on ne m’attend jamais là où je suis… Qui aurait dit qu’un jour je rentrerais à la Sorbonne !!!
Ca t’a donné envie de continuer d’écrire ?
Oui, tellement que la suite sortira en octobre 2007 ! Et puis j’ai deux romans dans les tiroirs mais là, on verra plus tard ! Je mets du temps à écrire car je fais tout à la main !
40 ans de carrière… Te considères-tu comme une star ?
C’est toi qui me poses cette question, depuis le temps ? Les stars, elle sont au ciel… Les stars c’est Dalida, c’est Piaf… Moi je vais où le vent me porte et je suis porté par le public avec lequel il n’y a jamais eu de barrières. Je ne cultive pas cet état de choses, je l’entretiens et… je ne sors pas la nuit avec des lunettes noires ! Je fais un beau métier, je l’ai toujours fait à fond et je le fais avec toujours autant de plaisir. La chose qui me fait le plus rire c’est qu’avant j’étais populaire et aujourd’hui je suis… tendance !
A quand de nouvelles chansons ?
Je dois en avoir 20, 25 de prêtes mais je prends le temps. Je prépare l’Olympia pour mai 2007 et je pense qu’il y en aura de nouvelles. Je vais commencer par les mettre dans mon tour, non pour les tester mais pour me les mettre en bouche et voir si mes choix sont bons. Je voudrais faire un disque pour les nouvelles générations et surtout qu’il ne soit pas ennuyeux. S’il y a quinze fois le mot « amour » dans quinze chansons différentes, ça lassera. Et puis, je viens d’avoir 60 ans et mes mots ne sont plus les mêmes. Mon rêve : faire une chanson qui transporte les générations ! »
En attendant, il a encore transporté un public aussi nombreux qu’éclectique, qui a totalement communié avec l’interprète de « Capri, c’est fini » (qui fait toujours un tabac) et qui a bien évolué, dans la sagesse comme dans la simplicité.
TINA ARENA IRA PLUS HAUT
On attendait une star. Il nous arrive une jolie maman, bébé dans les bras, suivie du papa et des beaux-parents (paraît-il toulonnais !) plus, bien sûr, quelques éléments familiaux et Thérèse, la maman d’Hélène Ségara, six-fournaise et connaissant bien « l’autre » Esméralda amie de sa fille. C’est donc à un joli spectacle familial que l’on va assister avec une Tina absolument adorable et gentille, qui parle superbement français avec un petit accent venu d’Australie. Une maman qui est fière de son bébé qui fait les premiers pas et qui a l’air habitué à ce monde un peu spécial pour un enfant.
Nous respecterons ce joli moment qui se déroule devant nous et n’ennuierons pas Tina avec nos questions. Une Tina décontractée qui parle à tout le monde, signe les posters aux gars de la sécurité pour une fois intimidés devant ce petit bout de femme qui a un mot gentil pour tout le monde.
Beaucoup de monde pour son spectacle où la première surprise est un costume de scène très particulier : une espèce de panty de dentelle noire sous une jupette noire et un haut, style marocain, turquoise, aux amples manches qui lui donnent des ailes lorsque le vent s’y engouffre. On s’attendait à quelque chose de plus classique. Là, c’est plutôt tendance !
Un tour de chant anglo-français qui, je l’avoue, ne m’a pas vraiment convaincu. D’abord parce qu’il n’y a pas beaucoup de chansons qu’on connaisse et que ce n’est pas un tour très accrocheur. Certes, elle a une superbe voix mais elle va trop souvent dans les super aigu et cela donne un tour assez monotone et, disons-le, un peu fatigant. De plus, timide encore, je pense, elle ne va pas assez vers le public. Peut-être a-t-elle peur d’accrocher son français qui, pourtant, est fort compréhensible.
Quelques beaux moments d’émotion tout de même avec les chansons qui ont fait sa gloire : le fameux générique de « Zorro », « Aller plus haut » qui déchaîne la foule, « Aimer jusqu’à l’impossible », son dernier énorme succès et, une fin de concert pleine d’émotion avec cette superbe chanson qu’est « Bagdad ». Une très grande chanson qui fera frémir le public.
Son petit air toujours triste est émouvant et sa gentillesse font qu’on a très envie de l’aimer.
Mais bon, laissons-lui le temps d’appréhender la France et... d'aller plus haut, et c’est avec plaisir qu’on voudrait la retrouver bientôt.
NOUVELLE STAR… FINALE EN FEU D’ARTIFICE
Dès 13h, l’esplanade était prise d’assaut. Les jeunes s’agglutinaient, assis à l’ombre, sur une chaise pliante ou encore debout devant la barrière afin d’être aux premières loges. Pendant ce temps, l’on pouvait croiser le petit bus dans lequel nos 6 finalistes se baladaient avant d’aller déjeuner et de venir voir la presse à 15h30. L’attente ne fut pas longue mais chacun arriva à sa manière, la blonde Cindy avec Florian le rouquin, rigolant, puis Christophe, très décontracté et très poli, à l’inverse de Valérie qui ne daigna pas nous saluer. Gaël l’Ardéchois arriva tout sourire et c’est Dominique qui arrivait la dernière, sous les critiques à peine voilées d’une Valérie qui, on le sentait, avait une dent contre elle. Sympa, devant la presse !
Souriante et gentille Dominique prit place à peine un peu à l’écart des autres… on sentait une certaine tension mais très vite chacun voulut raconter la sienne et l’on entendit plusieurs fois certains appeler Christophe « Papa »

Pourquoi papa ?
Valérie : « Parce que c’est lui le chef… Moi je suis la maman, Gaël c’est notre petit dernier, Florian c’est l’oncle Dan et Cindy c’est l’amie de la famille… »
Sourire de Dominique qui n’a pas été nommée.
Evidemment, tous sont heureux de cette tournée :
« Christophe : On est d’abord heureux parce qu’il y a enfin une rencontre physique avec le public qui nous a suivis sur le petit écran et puis, c’est impressionnant de voir ces places noires de monde venu nous applaudir.
Gaël : Ce soir c’est notre dernière date et l’on n’a jamais eu une scène aussi belle, un son aussi énorme et un public aussi nombreux. C’est à la fois ahurissant et ça fait peur !
Florian : Jusque là on était plus ou moins enfermés et on ne s’attendait pas à un tel impact démesuré, qui frise l’hystérie !
Christophe : Surtout que tout s’est déclenché une semaine après la fin de l’émission et aujourd’hui c’est la folie car on était jusque là assez protégé. Aujourd’hui je regrette de ne plus pouvoir aller sur une plage sans déclencher une émeute… Alors je vais sur les plages privées… que je critiquais avant !!! »
Question (quelque peu sournoise) : Cette tournée vous a-t-elle rapprochés ?
Cindy : Ca nous a appris à mieux nous connaître car aujourd’hui il n’y a plus l’esprit de compétition (sourire de Dominique qui ne dit toujours rien), on est des potes qui se font plaisir
Valérie : Et comme en plus on fait des kilomètres serrés les uns contre les autres serrés dans un minibus ridicule, ça rapproche !
Le public ?
Christophe : Pas toujours le même, même s’il est composé de toutes les générations de vacanciers ! mais dans certaines villes il est plus silencieux et attentif, dans d’autres plus exubérant, chantant, criant, applaudissant…
Valérie : On a même reçu des œufs et des boules puantes à Hendaye, chez les surfeurs !
Pour vous, la suite, c’est quoi ?
Ensemble : d’abord des vacances mais alors, pour avoir la paix, à l’étranger ou dans un coin reculé de la France… L’Ardèche, peut-être ?! »
Chacun a des projets qui aboutiront ou pas alors que Christophe et Dominique sont déjà sur leur album. Christophe est déjà entré en studio et s’y retrouvé dès cette dernière date qui coïncide à la fois à la fin de la tournée et à la fin de M6 Live à Bandol. Dominique a choisi ses chansons et rentre en studio dès la fin de la tournée aussi. Ce devrait être pour octobre.
Pour le moment c’est l’euphorie, le public est là pour les finalistes. Après ça, l’avenir dira qui continuera la route pour devenir une vraie star.
Aujourd’hui, Christophe et Dominique sont en haut du baromètre de la ferveur du public. Chacun dans son genre a déjà des fans et il vrai que ce sont les deux personnalités qui se détachent sur scène, Christophe par sa manière dégingandée, originale et drôle de bondir de tous côtés, caméléon qui peut chanter n’importe quoi, Dominique par une voix unique, puissante, qui les écrase tous (sans besoin de monter la sono comme ça se murmure en coulisse). C’est peut-être aussi pour cela qu’il y a de la tension dans l’air car elle assure, elle a du métier, du coffre, une vraie personnalité par rapport aux autres qui sont encore en devenir.
Que restera-t-il de cette cuvée 2006 ? Que reste-t-il de la cuvée 2005 ? La télé fait beaucoup plus de stars éphémères que de vrais artistes. L’avenir nous le dira.
Après ce spectacle qui a battu les records d’affluence que détenaient M’Pokora juste en dessous de Lara Fabian, ce fut la fête aux signatures et la tournée champagne de M François Barrois, maire de Bandol, à qui l’on doit cette belle fête et qu’on remercie pour son accueil. Un merci aussi à Gérard Blanc, le « James Bond » de la Culture, qui s’est démené comme un diable avec ses téléphones, avec une égale bonne humeur et un merci tout particulier à Lorie Clément qui accueille si chaleureusement, avec son beau regard bleu et son sourire, les journalistes fidèles que nous avons été. A noter qu'on est cent mieux accueilli à Bandol qu'aux Voix du Gaou de Six-Fours !
Sans oublier tous les techniciens, les hôtesses et tous ceux qui ont travaillé sur le sites, aussi compétents... qu'épatants !
La fête fut belle… On est prêt à recommencer !
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