LINE RENAUD…D’HOROWITZ A SIMENON

Line Renaud.
C’est un nom magique dans le milieu du spectacle.
Elle a triomphé sur les scènes du monde entier en chantant et en descendant les marches de toutes les salles de spectacles. Quant à sa reconversion, elle est exemplaire, tant son talent de comédienne brilla sur les planches ou derrière les caméras de cinéma et de télévision.
Sans parler de son investissement pour la cause du SIDA.
Elle a su rallier toutes les critiques, même les plus difficile, et, dans ce métier du show-biz pas toujours très gentil, elle est adorée de toutes les générations.
Line Renaud, c’est de l’énergie, de la bonne humeur, de l’amour, de la passion…
La voilà repartie pour une grande tournée théâtrale avec la pièce d’Israël Horovitz « Très chère Mathilde », mise en scène par Ladislas Chollat, où elle partage la scène avec Samuel Labarthe et Raphaëlle Goupilleau.
La tournée s’arrêtera à l’Opéra de Toulon le vendredi 19 mars à 20h30.
Rencontre avec une femme magnifique.
« Quel bonheur – me confie-t-elle – de revenir à Toulon ! C’est une ville pleine de souvenirs pour moi, sans compter que j’ai de très chers amis à Hyères !
C’est vrai que j’ai surtout des souvenirs de chanteuse car à l’époque, à chaque tournée, je m’arrâtais à l’Opéra de Toulon. Je me souviens d’ailleurs y être passée en 75, de retour de Las Vegas et pour mon ultime tournée puisque je faisais, après cette tournée, le Casino de Paris et que je me suis arrêtée de chanter…
Vous y êtes quand même revenue avec la pièce de Barillet et Gredy « Folle Amanda » !
Mais c’est vrai, maintenant que vous me le dites, je m’en souviens ! C’était avec les tournées Karsenty-Herbert et c’était surtout ma première pièce de théâtre. C’était… attendez… Mon Dieu… en 1981… 29 ans !!!
Comme le temps passe… C’est incroyable !
Alors, parlons un peu de cette pièce que vous emmenez en tournée…
Ecoutez, c’est un imlmense plaisir, d’abord de se retrouver chaque soir face à face avec le public. Et puis, il y a longtemps que je n’avais pas fait une grande tournée et j’adore cette vie de saltimbanque, d’autant que je m’entends merveilleusement avec Samuel et Raphaëlle. Nous jouons tous les soirs une histoire de famille mais nous la vivons tous les jours dans la vie. De plus, nous sommes superbement reçus partout où nous passons.
Que demander de plus ?
Qu’est-ce qui vous a poussée à dire oui à cette pièce ?
C’est une comédie dramatique car on y rit beaucoup mais, contrairement aux « Fugueuses » que j’ai joué avec mon amie Muriel Robin et qui était de la comédie pure, ici c’est une histoire grave, avec un back ground dramatique. Il y a des drames, des secrets de famille mais c’est traité de façon humoristique. Il y a derrière le rire, une profondeur incroyable. Pour moi, c’est la pièce la plus forte que j’ai jamais eu à jouer. On en sort avec matière à réflexion et je suis très fière d’avoir accepté.

J’ai appris avec surprise que vous veniez de tourner pour France 3 , un remake de « En cas de malheur » avec, d’ailleurs, Samuel Labarthe !
Oui, je l’ai tourné cet été et ça devrait passer en mars. C’est une superbe histoire qui m’est arrivée : un jour, l’auteur Jacques Santamaria et le réalisateur Jean-Daniel Verhaegue vienne me voir à mon bureau et me proposent le rôle principal de ce roman de Georges Simenon.
J’avoue qu’au départ j’ai été soufflée car, si vous vous en souvenez, dans le film, le rôle de l’avocat est tenu par… Jean Gabin !!!
Je trouvais ça osé mais surtout je me suis aussitôt souvenue d’une phrase que Loulou, mon mari, m’avait lancée, alors que j’étais encore chanteuse : « Un jour, si le cinéma s’offre à toi, il te faudra des rôles à la Gabin » !
Vous savez que je suis très sensible aux signes et je me suis dit : « Là où ils sont, Loulou et Gabin ont dû se rencontrer » ! Et j’ai dit oui.
La famille Simenon était-elle d’accord ?
Là encore, miracle. Nous rencontrons John Simenon, qui s’occupe de l’œuvre de son père et il presque aussitôt dit : « Oui, Line est une évidence ! ». Il était d’autant plus heureux qu’il avait déjà pensé à un remake de ce film mais il ne trouvait pas un acteur de la trempe de Gabin…
Et les enfants de Gabin ?
Nous ne les avons pas encore contactés… Vous avez raison, il faut que je leur fasse une projection… A ce propos, encore un signe : nous faisons une projection pour un journaliste, le seul jour où, à cause de la tournée, j’étais libre Il me dit :
« Vous savez quel jour nous sommes ?
- Oui, le vendredi 19 février…
- Et vous savez ce que c’est ?
- Non
- C’est la St Gabin ! »
Là, je me suis dit que c’était gagné, qu’il fallait vraiment que je le fasse. Et dernière chose : je ne savais même pas que Gabin était un prénom ! »
Propos recueillis par Jacques Brachet |