SIX-FOURS – LES VOIX DU GAOU
BERNARD LAVILLIERS, PARRAIN DU FESTIVAL,
A PLANTE UN ARBRE SUR L’ILE

C’est dans une tempête de vent et de poussière incroyable que, souriant, tous muscles dehors, Bernard Lavilliers, accompagné du député-maire Jean-Sébastien Vialatte, est venu, avant la balance de son concert, ériger un arbre symbolique sur l’île du Gaou.
Le pin, tenu par le maire, l’artiste a pris la pelle, bandé ses muscles et a planté le tout jeune arbre avec une belle et bonne humeur et les applaudissement d’un public invité.
Après quoi, c’est autour d’un verre que nous avons pu discuter un moment, en toute simplicité, avec le maire, le chanteur et le directeur du Festival Rabah Houia, ce dernier étant particulièrement concerné par l’écologie et désirant faire de cet événement varois un éco-festival exemplaire. Et on peut dire qu’il est près d’atteindre son but, grâce à l’aide de nombreuses associations qui veillent au site et rencontrent le public afin de les responsabiliser.
Regroupés autour de lui, les services de la Mairie, bien sûr, qui ont disséminé un nombre incalculable de poubelles sur le site, une centaine de bénévoles qui veille au grain et qui, le lendemain du dernier concert venu, organiseront une journée nettoyage de l’île, la SITOMAT qui distribue des cendriers de plage, l’Institut Océanographique Paul Ricard qui a offert aux organisateurs un espace détente et un système d’énergie renouvelable…etc…
Ceci dit, Bernard Lavilliers, est lui-même très concerné par l’écologie :
« J’avais écrit une chanson sur le sujet, intitulée « Etat des lieux », chanson hélas toujours d’actualité et je crois qu’il faut aujourd’hui que nous ayons tous une démarche éco-citoyenne.
A la fin de grands festivals de ce genre, je suis désolé, atterré de voir toutes ces saletés qui jonchent le sol. C’est tragique et si vous pouvez arriver à changer les choses, ce serait vraiment formidable.
Mais pour cela, il faut aussi que le public soit partie prenante. C’est une affaire d’éducation et de pédagogie, une affaire de conscience personnelle, même si c’est aussi, comme le dit Daniel le Rouge (ndrl : Cohn Bendit !) une affaire politique !
Le Gaou est un site exceptionnel et ce serait dommage qu’il soit pourri à cause de la musique ! »
Bien évidemment, Jean-Sébastien Vialatte ne peut qu’approuver ce discours, lui qui se bat au jour le jour avec ses équipes et les associations :
« Il est vrai que nous avons connu des lendemains de concerts épouvantables, ce qui nous désolait et désolait les riverains. Nous avons donc tout mis en œuvre pour qu’aujourd’hui tout se passe au mieux. Déjà, en empêchant, depuis plusieurs années, l’entrée des voitures jusqu’au pied de l’île, même si le public doit marcher un peu ou prendre des navettes ! De toutes façons, c’était la seule solution.
Le Gaou est en effet un lieu magique qu’il faut protéger et cette année, le public a l’air de suivre les consignes ».
Bernard Lavilliers rajoute :
« A chaque début de concert, je parle au public, je lui explique que ce genre de festival de pourra être pérennisé que s’il y a une discipline. Ceux qui resteront seront ceux qui seront les plus efficaces dans cette voie. Il faut qu’il y ait cette compréhension, cet échange, cette fusion, ce respect du public vis à vis d’un artiste et vis à vis d’un site qui les accueille ».
Ceci dit, il nous parle de son spectacle :
« Je suis parfaitement heureux car j’ai vraiment un super groupe. Il est constitué de cuivres et de cordes et il m’a complètement épaté. Ce sont huit musiciens qui jouent chacun de plusieurs instruments, ce qui me permet d’installer des ambiances diverses durant le concert.
De plus, je suis toujours très attentif à la qualité du son. Il faut un son costaud mais pas tonitruant, ce qui est aujourd’hui trop souvent le cas chez certains artistes qui doivent devenir sourds ! Il ne faut pas que le public soit saturé de musique, il faut qu’il puisse écouter les paroles…
Je cherche toujours à être le plus proche possible de la création du morceau. Bien sûr, en concert, cela doit monter en permanence, aller crescendo mais toujours avec des limites et je termine sur une sorte de samba qui libère totalement toutes les énergies ! »
Il nous parle également de son dernier disque « Samedi soir à Beyroyh » dont il a commencé à écrire les chansons dans cette ville même :
« Le Liban, et Beyrouth en particulier, c’est une histoire d’amour. Il y avait longtemps que je n’y étais plus allé et j’y suis donc retourné pour chanter. Beaucoup de choses on changé, tout un quartier a disparu, la ville est toujours en guerre mais les gens y sont malheureusement tellement habitués qu’il ont une énorme énergie – l’énergie du désespoir sans doute – et ils vivent toujours intensément. C’est là que j’ai écrit des bribes de « Samedi soir à Beyrouth », « Rafales », « Ordre nouveau », « Ma belle »… J’aurais voulu y rester mais à Paris m’attendaient les répétitions du spectacle Ferré avec un orchestre symphonique… six mois de répet’… un énorme boulot pour 16 concert… suicidaire !!! Mais j’espère pouvoir reprendre ce spectacle…
Bref, pour revenir à Beyrouth, j’y suis retourné le jour de la Fête de la Musique et je me suis retrouvé au centre des Thermes Romains à écouter de la musique avec les Libanais. J’y ai rencontré un percussionniste Ibrahim Faber et l’on nous a proposé de jouer. Un mini-concert à deux de quarante minutes. C’est un merveilleux souvenir.
J’ai tourné un petit film avec une caméra de poche, non pas sur le concert mais vous devriez le voir sur Canal +… c’est très différent, très particulier ! »
Le temps passant, les cigales stridulant, le vent soufflant, il partit répéter avec un doute sur le déroulement de la soirée tant la tempête faisait alors rage. Mais le concert eut lieu tout de même.
Un reportage de Jacques BRACHET et Bertrand SEVIN
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