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SIX-FOURS - VOIX DU GAOU
MANU LARROUY… UN MEC VRAIMENT COOL !

Il a incontestablement une belle gueule. Sympa, grand sourire sous des cheveux savamment ébouriffés, Manu Larrouy (On dit « Larrouï » chez lui à Toulouse mais ailleurs c’est souvent « Larroui »… au choix du client, nous explique-t-il en riant !) vient d’exploser dans le paysage musical avec une chanson qui fera partie des titres de cet été « Mec à la coule ».
Parcours atypique pour ce Toulousain bon teint qui a toujours adoré la musique mais qui était loin de penser qu’il en ferait un jour usage en tant que chanteur !

« Oui, c’est vrai, j’avais un groupe avec qui je faisais des petits concerts pour le plaisir. Et je donnais des cours de guitare dans les écoles. J’étais très heureux de faire de la musique et je ne pensais pas du tout à faire un disque.
Mais j’écris depuis longtemps des chansons et c’est ça qui a été le déclencheur et puis, entre nous, je n’avais vraiment pas la fibre à enseigner à des enfants qui, pour la plupart, ne joueraient jamais bien… c’était un peu frustrant !
Alors, j’ai fait une démo et je suis parti à Paris pour faire écouter mes chansons et tout s’est très vite enchaîné grâce à ma rencontre avec M qui m’a présenté son éditeur… Celui-ci est devenu le mien et il m’a fait passer aux Francofolies de la Rochelle en tant que découverte. Là encore, j’ai rencontré François Pêcheux qui devait réaliser une émission TV intitulée « Portraits croisés ». Il devait réunir deux artistes confirmés et une révélation. Ce furent Cali, Diam’s… et moi !
Diam’s a aimé ce que je faisais, elle a commencé à suivre mon boulot et décidé de me produire. Ca a été la petite étincelle qui a tout fait démarrer, mon album est sorti et « Mec à la coule » a accroché très vite. Depuis, ça continue… même si je me considère toujours comme « un artiste en devenir » ! Les gens commencent à m’identifier et j’en suis très content car ils reçoivent ma proposition comme un projet humain. Ce n’est pas un album-concept comme il s’en fait des tas aujourd’hui… c’est un album humain !
Comment travailles-tu avec Diam’s ? Vous semblez tellement différents !
Je ne crois pas que nous soyons si éloignés que ça semble l’être. Qu’elle frappe ou que je chante, ça reste de la chanson, tout est histoire d’arrangement et de formulation.
Elle est très présente en studio, elle écoute, elle me conseille, me donne des idées mais elle me laisse entièrement libre. On travaille en toute liberté, en toute franchise, en toute intimité.
Comment écris-tu tes chansons ?
Du papier, un stylo, une guitare… Je trouve un début de mélodie qui me met dans une certaine humeur, un certain état d’âme qui m’inspirent des images et je sujet vient comme ça. Je suis très curieux, très attentif à tout ce qui m’entoure et me donne des idées que je développe. Je prends tout ce qui passe !
Quelles sont tes influences ?
La musique de mes parents, tout simplement. Ma mère écoutait Berger, Renaud, mon père, plus rock, écoutait les Stones. Puis vers 15 ans je me suis tourné vers le reggae, la funk… Et puis j’ai eu un prof de guitare totalement fou qui m’a sérieusement appris à jouer… A 15 ans, j’étais le seul de la bande à vraiment jouer d’un instrument… et je me la pétais !

Tu as eu quelques problèmes à la sortie de ton titre, non ?
Il part d’un grand éclat de rire :
Oui, un truc idiot…
Tu connais le refrain de « Mec à la coule » ? Ca dit :
"Moi qui suis ni pédé, ni juif, ni vendeur de spliffs, ni fils de, ni franc-mac, ni rebeu, ni black…"
Avant que ne sorte la chanson, la maison de disque a envoyé des spots TV avec ces paroles. Enlevées de son contexte, puisque la chanson perle de l’identité, de la volonté d’enlever les étiquettes, ça a été très mal perçu par des âmes bien pensantes et deux jours après, alors que le disque n’était toujours pas sorti, il y a eu un mouvement de peur, un rejet, un état d’esprit, disons, stressé. Aujourd’hui il faut faire avec le politiquement correct et je pense que se dessine une pression politique sur les médias qui me semble dangereuse.
Mais bon, finalement, ça a beaucoup fait parler de la chanson et ça a été plutôt positif !
Avant de venir au Gaou, connaissais-tu la région ?
Oui car j’ai un pote qui vit à Solliès-Toucas et je viens quelquefois le voir. Et puis, je me souviens d’un passage à Toulon où j’ai joué au Bar à Thym, au Mourillon… Une soirée d’enfer mémorable… Un grand souvenir… J’aime cette région…
Tu es quand même du Sud !
Oui mais attention : le Sud n’est pas le même à Toulon, à Marseille ou à Toulouse !!! Même si mon passage avec Anaïs, la Marseillaise, a été un grand moment lorsque nous avons joué aux Docks du Sud : j’avais peur de me ramasser, ça a été un triomphe !!!
Vis-tu toujours à Toulouse ?
Hélas non, je suis un exilé parisien depuis 5 ans ! J’y vais souvent car j’y ai ma famille, mes amis, mes racines… C’est pour ça que j’ai écrit une chanson sur ma ville, comme le font tous les chansons issus de cette ville et exilés à Paris !
Par contre, à la sortie du disque, nous avons organisé une manif de fou… Nous avons chanté cinq heures sur un char qui a traversé la ville – on a d’ailleurs pris les quais de la Garonne en sens interdit ! – nous avons fait trois haltes avec, à chaque arrêt, un mini-concert de vingt minutes. Un grand cortège nous a suivi, c’était incroyable !
Ecris-tu pour d’autres ?
J’adore écrire pour les filles, ça me permet de développer mon côté féminin. D’ailleurs, j’aimerais bien faire un disque entièrement composé avec mon côté féminin… Ce serait original, non ?
Tu sais, je suis un grand amoureux. Je trouve que l’amour est un grand engagement et que c’est un truc qui peut tous nous relier. J’aime être en communication avec les gens et c’est une chose qui me guide en grande partie. »

Propos recueillis par Jacques Brachet

© 2008 Evasion Mag