TERROIR & NATURE A LA LONDE DES MAURES

Les balades « Eductour » organisées par le Comité Départemental du Tourisme et les Offices de Tourisme du Var, sont toujours, comme leur nom l’indique, un réel plaisir de découvertes qui vous permettent de rentrer le soir « pleins d’usages et raison ».
La Londe n’a pas failli à la règle, où nous accueillaient Véronique Nérand, directrice de l’Office du Tourisme et Pierre Carra, propriétaire de magnifiques oliveraies et du Moulin de Jasson où ils nous recevaenit.
Avec eux et avec Denis Huin, passionnant guide naturaliste, nous prîmes donc le maquis* car nous voilà dans le massif des Maures, qui, entre le Gapeau et l’Argens, est nommé « La petite Provence » mais aussi « la Provence cristalline » ou encore « la Provence siliceuse » car le terroir est particulièrement original parce que constitué de silice et de quartz. Si elle a été nommé la Provence cristalline c’est que, durant longtemps ce quartz broyé servit à faire le cristal.
De par l’acidité particulière des sols, on trouve dans ce lieu des plantes qui ne sont pas classiques de la Provence. C’est un maquis, comme en Corse qui, ne l’oublions pas, est un bout du massif des Maures qui s’est détaché il y a quelques millénaires !
On y trouve donc des plantes endémiques uniques dans la région comme les chênes liège dont l’écorce lui permet de résister à la chaleur et aux incendies. Par ailleurs on y découvre la bruyère arborescente, celle-là même qui sert à la fabrication des pipes et qui est également pourvoyeuse de miel dit de bruyère blanche. A ses côtés, la bruyère dite « à balais » parce qu’on en faisait justement des balais, très résistante, elle aussi, aux incendies. Enfin, une troisième bruyère : la calune, que l’on retrouve dans les Landes et en Irlande et donne de jolies fleurs roses en novembre.
On découvre aussi un certain genêt, l’adénocarpe de Toulon, plante très rare dans la région.
Le pin d’Alep s’est également adapté au terrain grâce aux entrées maritimes et aux nappes d’air froid qui stagnent dans les petits vallons. Une lavande particulière s’est aussi bien adaptée au terrain : la lavande des îles d’Hyères qui fleurit de mars à mai et donne des fleurs en toupet et en forme de papillons. On découvre enfin le romarin qui, dans la région, n’est pas une plante commune et que l’on trouve nulle part ailleurs qu’autour de la Londe.
Citons encore les arbousiers, les asphodèles prêtes à fleurir, les lentisques, les cystes, le millepertuis et le chêne vert qui vit lui aussi dans les creux car il est armé pour résister au froid.
Toutes ces variétés de plantes, dont la succession de floraison va de février à la fin de l’été, ont permis, durant des centaines d’années, à des apiculteurs de vivre du miel et des cires d’abeilles. La région fut d’ailleurs longtemps la première pourvoyeuse de cire de toute la Provence. Aujourd’hui il ne reste plus que 30.000 ruches dans le massif des Maures et le métier devient précaire car, on n’en connaît pas vraiment la raison, mais les abeilles dépérissent par ruches entières.
Après ce magnifique jardin botanique rassemblé sur quelques centaines de mètres, nous arrivons aux oliveraies de « Maître » Pierre Carra dont le verger, implanté en 1991, sur une ancienne terre à vigne, s’étend sur 13 hectares sur lesquels se dressent 4800 oliviers de variétés différentes : l’Aglandau, la Caillon, la Bouteillant, variétés typiquement varoises puis la Picholine venant de Nîmes et la Grossane des Baux venant de Marseille. Chaque variété donne évidemment des huiles différentes et certaines sont assemblées pour donner une huile régulière. Plantés à haute densité, ces oliviers sont maintenus dans l’humidité grâce à des goutte à goutte. Mais les terrains étant filtrants et acides permettent de récupérer la moindre eau de pluie. Ici, par de culture bio qu’il est impossible de maintenir à cause d’une mouche propre à l’olive qui peut pondre jusqu’à 500 oeufs tous les 20 jours. Très grosse ravageuse, donc, à côté de la teigne et de la cochenille.
La récolte se fait de novembre à décembre avec des vibreurs qui font tomber les olives sur des bâches et la taille se fait en mars.
Le Moulin du Jasson est un moulin de la dernière génération, super perfectionné et conduit et contrôlé par informatique, selon les normes européennes. Très bientôt l’huile de la région Var - Bouches du Rhône – Alpes de Haute Provence et Vaucluse, devrait, après homologation, recevoir l’estampille AOC.
Après une dégustation d’huiles, excellent avant un repas, et une sublime soupe au pistou faite maison et dégustée autour d’une belle table provençale dans le moulin même, et arrosée de vins du pays des Maures dont les sublimes Château Maravenne, Domaine Château Vert, et St André de Figuières, c’est au Domaine des Myrtes, chez M Barbaroux, que la visite se poursuit. Visite multiple puisqu’il est exploitant viticulteur mais cultive également des fleurs en culture hors sol, des légumes, la vigne et des arbres fruitiers.
Les fleurs, superbes, sont tropicales et ses rangées de gerberas et germinis multicolores sont un vrai feu d’artifice. Elles peuvent donner jusqu’à 45 fleurs par pied par an. A leurs côtés les hiératiques anthuriums, ces fleurs en formes de feuilles vernissées surmontées d’un long toupet jaune, dont on découvre les variétés blanches bordées de rose, vertes et même chocolat ! Ici, pas un brin de terre au sol, tout pousse dans des sacs de terre et de perlite à température invariable et humidifiées en permanence. Il en est de même pour les légumes luxuriants.
Côté fruitiers, le choix du roi sur 42 hectares : prunes, cerises, nectarines, pêches, abricots et bien sûr du vin de table. Tout se fait en vente directe sur le domaine, tellement réputé aujourd’hui que, quelquefois, 500 voitures et cinq à six cars de visiteurs par jour se suivent, que l’intarissable et passionné M Barbaroux promène avec fierté dans ses terres, ses serres et sa cave. Une cave ultra-moderne là aussi avec des tubulaires de froid pour garder le vin à température régulière et constante. La récolte se faisant mécaniquement et de nuit. Dès l’an prochain, là aussi, ils recevront l’appellation AOC La Londe. Et déjà, son vin est très prometteur !
Cette cave a été construite avec son frère et de leur propre main !
C’est les bras chargés de fleurs, de fruits, de vin, d’huile et autres succulents produits que nous avons à regret quitté ce magnifique terroir, où partout, l’accueil fut aussi chaleureux qu’instructif.
Encore un « Eductour » réussi, Mademoiselle Cathy Peticueno ! Merci
J Brachet
*Ne pas confondre maquis et garrigue : le maquis est constitué d’un sol acide, la garrigue d’un sol calcaire. |