Tout avait mal commencé : embouteillages pour rejoindre l’hôtel où je devais l’interviewer. Arrivé tout de même à l’heure c’est elle qui a trois quart d’heure de retard suite à un problème de train. Enfin elle arrive. Le temps de respirer un peu elle me rejoint pour m’annoncer qu’elle a… cinq minutes à m’accorder…
Avouez qu’attendre aussi longtemps pour ça est quelque peu frustrant. Mais bon, on fera avec.
Petit bout de femme casquettée et lunettée, elle s’installe donc et nous allons droit au but, vu notre temps imparti :
"Lââm, vous annoncez un nouveau single de rentrée qui s’intitule « Je chante encore »… Serait-ce une mise au point ?
Comme dirait Jackie Quartz ? Non, pas du tout ! Du moins au départ car, c’est vrai, c’est le titre du disque mais c’est une chanson qui me touche beaucoup car le très beau texte parle de tout ce qui se passe aujourd’hui dans le monde, les guerres, les crises. C’est une chanson qui, au départ, a été écrite pour tous ceux qui souffrent, qui sont opprimés. C’est donc tout à fait une coïncidence - et croyez bien qu’au départ ça n’a pas été écrit exprès – si ça se rapporte aussi à ma situation d’aujourd’hui, à tout ce qu’on a pu écrire sur moi… En fait, cette chanson véhicule aussi ce message et devient, en quelque sorte, un symbole !
Vous voilà donc à la Seyne pour un concert… De quoi est-il fait ?
En fait, je peux proposer trois concerts différents. Celui de ce soir est un concert très familial. J’ai essayé de faire en sorte que le public de 7 à 77 ans – et pourquoi pas plus ? – y trouve son compte. Que parents et enfants soient réunis autour de moi et des chansons que je chante. Ainsi, en dehors de mes chansons, j’ajoute Piaf, Brassens…
Et les autres tours ?
J’ai un autre concert intitulé « Au cœur des hommes » où je ne chante que des chansons écrites par eux, très variés puisque ça va des Who à Ferré en passant par Police, Brel, Souchon, Gainsbourg, Lennon…
Et le troisième est un meddley de mes chansons qui dure environ une demi-heure avec juste un guitariste.
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Vous venez de faire un film : « La marche des crabes » d’Hafid Aboulayane (Voir rubrique cinéma). Grande première !
Oui, c’est vrai, c’est un moyen métrage dans lequel je joue la sœur d’un paraplégique. Comme il déconne beaucoup pas rapport à sa situation, je suis la grande sœur protectrice qui fait en sorte de le sortir de ses problèmes afin qu’il ne devienne pas un délinquant.
Alors, heureuse du résultat ?
Très heureuse ! C’était un rôle intéressant et j’ai pris beaucoup de plaisir à tourner. Ca m’a donné très envie de continuer…
Ce que vous allez faire ?
Certainement. Mais j’ai envie de commencer avec des petits rôles afin de m’habituer à jouer car c’est nouveau pour moi. Mais c’est ce que j’ai toujours voulu faire, du cinéma comme du théâtre. D’ailleurs il se peut qu’à la rentrée je joue « Les monologues du vagin ». Figurez-vous que la proposition est venue de Ginette Garcin ! C’est elle qui m’a proposé de le jouer avec elle ! Elle m’a aussi raconté qu’elle avait rencontré Mickaël Jackson à Paris alors qu’elle jouait avec Francis Perrin une comédie musicale : « Le passe muraille »… Quelle chance elle a eu… Et quel couple ! Vous imaginez Mickaël Jackson et Ginette Garcin ?!!!
Alors, les projets ?
Peut-être du cinéma mais je n’en dirai pas plus pour le moment, la sortie de mon single puis je souhaiterais faire l’album « Au cœur des hommes »…
Voilà. Cinq minutes montre en main. Pas de photo. La belle est partie comme elle était venue.
Nous la retrouvons le soir, costume noir, chapeautée de rouge sur la scène du parc Braudel où s’est amassé un public fort nombreux.
Avant tout, on aura fait vider les coulisses de tous les gens qui étaient là car la belle ne veut trouver personne sur son chemin.
Et puis, petite boule d’énergie, elle va chanter et faire chanter, faire crier, faire taper des mains avec ses succès, de « Chanter pour ceux » à « Jamais loin de toi » en passant par « Les enfants de l’an 2000 », « Tu es d’un chemin », pour terminer avec son prochain single puis l’incontournable « Petite sœur » où elle fera venir plein d’enfants sur scène, à leur grande joie.
Un seul regret et même un reproche : très peu de ses propres chansons mais des reprises très éclectiques, pour ne pas dire hétéroclites, passant de James Brown à Piaf, de Michaël Jackson à Brassens, ce qui donne un concert un peu hybride, un peu karaoké. Dommage.
Par contre, après le spectacle, elle signera et se fera prendre en photo durant une heure… Bravo à elle, ça n’est pas si courant aujourd’hui qu’un chanteur daigne offrir du temps à son public !
Sacrée petite bonne femme !
Jacques Brachet
Photos Christian Servandier