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KAAS REVIENT !

Elle avait disparu de la circulation après plusieurs tours du monde et quelque 20 millions de disques vendus de par ce monde à qui elle offrait ses chansons en de multiples langues.
Et voilà qu’après avoir dit bye bye au show biz et alors qu’on commençait à se demander si on allait la revoir et la réentendre, la revoici, la revoilà.
Pas sans mal d’ailleurs puisque, avec de nouvelles chansons, un nouvel album-concept « Kabaret », un nouveau spectacle au Casino de Paris et une tournée mondiale à la clef (France, Belgique, Allemagne, Russie, Suisse, Pays-Bas, Finlande, Estonie, Lituanie, Pologne, Lettonie, Brésil, Amérique du Sud), elle a eu un mal fou à trouver un distributeur pour ce CD qu’elle a dû mettre en vente sur Internet à 6€ !
Comme quoi on n’a pas intérêt à s’éloigner un tant soi peu de ce métier car il n’a pas de cœur (comme son nom l’indique !) et n’est fidèle que si vous rapportez du fric !
Mais tout malheur est bon car le public, lui, ne l’a pas oubliée et a une énorme envie de la retrouver et, chose incroyable, du coup la presse s’intéresse à « son cas », tout le monde en parle et je crois qu’il faudra compter encore sur elle quelque temps… Et c’est heureux !
Ce « Kabaret », contrairement au « Cabaret » de Sofia Essaïdi, est chargé de nostalgie, avec une atmosphère lourde par moments, mystérieuse et quelque peu décadente, où la sensualité se mêle à l’émotion.
C’est un disque en noir et blanc, tout comme sûrement son spectacle qu’on découvrira bientôt dans la région*. De sa voix grave et sensuelle, elle nous entraîne dans les spectacles internationaux des années 30, que ce soit en France, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Amérique du Sud… L’entre-deux guerres n’était pas toujours réjouissante même si l’on voulait s’amuser à tout prix. On retrouve donc l’ambiance de Kurt Weill et Bertold Brecht, des pianos-bas enfummés et jazzy de la prohibition, les bandonéons chargés d’érotisme, la voix de l’Ange Bleu, le piano-punaise du charleston….. Et tout cela fait bon ménage et est parfaitement en cohésion avec cette ambiance qu’a voulu Patricia Kaas.
Elle reprend d’anciennes chansons, en crée quelques-unes et en a même écrit des paroles (Pour vous dire qui a collaboré avec elle, armez-vous d’une loupe, tant c’est écrit petit !)
Ainsi revisite-t-elle avec bonheur cette magnifique chanson d’Esther Galil rythm’n blues des années 70 « Le jour se lève ». Sa chanson « Kabaret » qui donne le nom à l’album est à mon avis, une magnifique chanson d’entrée sur scène (à vérifier !). « Faites entrer les clowns » est également une chanson très forte. Puis elle reprend le célébrissime succès de Marlène Dietrich
« Falling in love again » où elle mêle anglais et allemand et où plane l’ombre de la star. « Une dernière fois », aux accents à la Barbara, est une ode magnifique à sa maman. Emouvant hommage aussi à Piaf et son « Hymne à l’amour » avec cette sublime chanson qu’est « Et s’il fallait le faire ».
Et nous voilà parti dans un curieux et endiablé charleston tout en onomatopées : « Pigalle ». Quant à « Solo », c’est superbement sensuel pour ne pas dire… sexuel.
Bref, ce CD est une remarquable réalisation est peut-être le disque le plus personnel que Patricia Kaas nous ait donné à écouter. On peut peut-être simplement lui reprocher un côté un peu froid mais on peut comprendre, à l’écouter, que ce disque-concept a été conçu pour un spectacle très particulier, recréant une atmosphère, une époque… et dont on vous reparlera après l’avoir vu !

Jacques Brachet

*13 et 14 mars, le Pasino, Aix-en-Provence – 17 mars, Acropolis, Nice – 18 mars, Théâtre Galli, Sanary.
www.patriciakaas.net

© 2008 Evasion Mag