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JAZZ A JUAN : LA LEGENDE CONTINUE

La pinède a vu passer depuis 1960, ce que la scène jazz compte de meilleur. Charlie Mingus, Ella Fitzgerald, John Coltrane, Miles Davis !
Des invités illustres, des moments inoubliables dans un décor de rêve.
Pour ses 50 ans, le festival a rendu hommage au jazz en invitant des artistes qui honorent la musique de leur talent : George Benson, Joshua Redman, Diana Krall, Dee Dee Bridgwater, Kyle Eastwood, Manu Katché…
Un anniversaire qui restera dans les mémoires comme un rendez-vous (mais c’est le cas à chaque fois) avec le talent et l’émotion. Grandes ou petites formations, du vocal, de l’orchestral, du in, du off, des bœufs tard dans la nuit…
Juan à l’heure du jazz ce sont autant de moments inoubliables qui constituent l’âme du festival.

La Pinède s’enflamme …
Mercredi 14 Juillet s’est déroulée l’ouverture du 50ème festival du jazz de Juan les Pins au sein du merveilleux site de la Pinède Gould. La chaleur était à son comble. Les jazzmen ont aussi mis le feu à la scène par leur virtuosité musicale. Jim’s band a entamé le spectacle dans un style musical « latino ».
Ce groupe composé de neuf musiciens, pour la plupart issus du conservatoire d'Antibes, dictés par les compositions de Jean-Marie Jimenez nous ont offert des morceaux originaux s’inspirant des courants musicaux précurseurs du «jazz latin» : musique afro-cubaine et jazz new-yorkais du milieu du XX ème siècle. Jim’s band a ensuite cédé l’estrade au groupe Jazz à Juan Sextet, réuni autour du pianiste Pierre Christophe (Prix Django Reinhardt 2004 décerné par l’académie du jazz).
On retient de leur passage la décontraction, le charme et l’humour de Ronald Baker, se distinguant tantôt comme trompettiste talentueux, tantôt comme chanteur. Le tromboniste américain Jerry Edwards, le grand saxophoniste Michel Pastre, le batteur Mourad Benhamou et Raphael Dever à la contrebasse nous ont également fait l’honneur de leur présence. Ils nous ont offert un répertoire varié aux allures de blues et parfois même de negro spirituals, dans la tonalité, grâce à la chaude voix de l’américain Ronald Baker.
Les traditionnels feux d’artifice du 14 Juillet se sont mêlés aux instruments du groupe dans une rythmique presque voisine pour accentuer la chaleur de la fête.
Dans cette canicule quasi-infernale, on eût pu soupçonner la présence de Lucifer venu acheter les âmes des musiciens aliénés par le concert !
Le NJO ( Nice Jazz Orchestra ) a su clôturer le spectacle en beauté.
Cette formation de quatorze artistes nous a présenté un répertoire très varié allant de la relecture originale des grands classiques du jazz moderne (Charlie Mingus, Thad Jones) à l’interprétation de compositeurs contemporains ( Bob Mintzer, Slide Hampton ). Sous la direction musicale de Pierre Bertrand, ils nous ont offert un jazz tonique, swinguant et ont été rejoints plus tard par une chanteuse. Pour les inlassables jazzophiles, les festivités se prolongeaient dans la villa de la Pinède. Bref, une ouverture de festival flamboyante qui accueillait jeunes comme personnes âgées, français comme étrangers, dans une ambiance chaleureuse, réjouissante et artistiquement plus que plaisante.

Estelle Lotte

Autre rendez-vous, un hommage au talent de Django Reinhardt.
Le 100ème anniversaire de sa naissance a été célébré par une pléiade d’artistes.
Sur scène, on retrouvait Angelo Debarre, Didier Lockwood, Sanseverino, Dorado Schmitt, Ludovic Beier, David Reinhardt, Marius Apostol, Rocky Gresset, Ioan Streba, Samson Schmitt, Richard Manetti, Tchavolo Hassan, Antonio Licusati, qui ont rendu hommage à l’artiste.
Le public au rendez-vous ne s’est malheureusement abandonné que plus tard dans la soirée. Il a fallu l’énergie de Didier Lockwood pour toucher le cœur des festivaliers. Il est vrai que ce virtuose sait à la fois combiner l’habilité technique, et une présence et une émotion qui ne laissent pas indifférents. Sanseverino qui n’a jamais sa langue dans sa poche s’est même demandé à voix haute si le public n’était pas composé exclusivement d’invités !
La soirée s’est achevée comme elle aurait dû commencer, avec des spectateurs qui ont enfin su manifester émotion et plaisir.

Un OFF très IN
Tous les jours, l’authentique Marching band de la Nouvelle-Orléans, s’est déplacé au cœur de la cité juanaise. Tous les soirs, des concerts avec trois scènes Off sur les places de juan où de nombreuses formations se sont succédées.
Chaque soir, l’hôtel Garden Beach a accueilli le pianiste Pierre Christophe et son quintet, venus offrir au public des «Jam Sessions» d’exception avec les stars du festival. Un plateau d’enfer (Mourad Benhammou, Raphaël Dever, Ronald Baker, Jerry Edwards en alternance avec Michel Pastre), des rendez-vous adorés par le public !
Les 50 ans du jazz se sont achevés mais l’histoire du jazz continue.
Rendez-vous à Juan l’année prochaine !

Marleyne Mati

© 2008 Evasion Mag