CAMELIA JORDANA... LE RETOUR DE L'ENFANT PRODIGUE

On l'attendait, notre petite Londaise, pour ce premier concert varois au théâtre Jules Verne de Bandol.
D'abord elle nous offre un charmant chanteur suisse, Jeremie Kisling, qui nous propose quelques chansons poético-humoristiques de son cru. C'est très sympa. Il en est à son troisième album et enfin un titre est en train de se détacher : "Antimatière".
Et voilà notre Camélia attendue par ses fans de la première heure... et par sa famille !
Première surprise : la chrysalide de "La nouvelle star" s'est métamorphosée en papillon : elle est devenue une jeune femme sexy dans une robe-bustier noire, un châle nonchalamment jeté sur les épaules nues, les cheveux frisottés retenus en chignon... et plus de lunettes !
Elle est belle, élégante et aussitôt sa voix au voile très sensuel qui peut s'amplifier dans des envolées incroyables, nous charme et nous séduit.
Encore un peu timide lorsqu'elle s'adresse au public ("Je suis du coin" avoue-t-elle en souriant) elle devient une artiste qui ma^trise déjà sa façon de bouger, ses gestes, sa voix. Entre Noa et Sade, elle navigue sur des rythmes lascifs, bluesy, country, rock (elle ira même jusqu'au twist !) avec un rare bonheur, ne faisant qu'un avec ses cinq musiciens, de superbes pointures dont le fou t génial BanX.
Elle est lumineuse, elle nous offre un panel de son album et des reprises en anglais, pas toujours faciles mais qu'elle enveloppe de sa voix suave et le coup fatal c'est la reprise du tube de Brenda Lee "I'm so sorry", comparable à l'rioginal. Voilà, c'est ça qu'il faut qu'elle chante : du blues, du blues, du blues... Elle en a la tessiture, comme ces chanteuses noires des années 50/60, très particulière et rarissime en France, surtout à cet âge là et incroyablement maîtrisée.
Hormis le bustier qui, comme tous les bustiers, a tendance à descendre et qu'elle doit remonter souvent, tout était parfait, jusqu'au somptueux éclairages qui la mettent en valeur.
Examen réussi !
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RENCONTRE
Camélia, lors de notre première rencontre, vous étiez impatiente de monter sur scène. C’est fait… Alors ?
Alors… j’adore !!! Et je sais aujourd’hui que c’est ce que je ferai toute ma vie !
Lors de votre premier concert, dans quel état d’esprit étiez-vous ?
Je suis passé par tous les stades, l’envie, l’impatience, le trac, les questions… Mais je crois que c’était l’excitation et l’impatience qui primaient.
Aujourd’hui vous revoilà dans votre fief varois. La famille est là. Avez-vous plus de stress lorsque vous la savez là ?
Non, au contraire. Je crois que quelque part ça me rassure. Mais ce n’est pas pour ça que je change d’attitude. Moi et mes gars, il faut que nous soyons au top à chaque concert et que nous ayons de bons retours, famille ou pas. On donne donc le meilleur à chaque fois. Après, ça plait, ça ne plait pas mais on a tout fait pour que ça se passe bien.
Vous n’avez qu’un album à votre actif pour un tour de chant qui dure assez longtemps…
Oui, il dure une heure et demi et je chante presque tout l’album. Après bien sûr, je fais des reprises de chansons que j’aime.
Reprenez-vous celles que vous avez chantées à « La nouvelle star » ?
Non, pas du tout…je les ai déjà faites et il y a tellement de belles chansons que j’aime ! J’aime varier les plaisirs et je chante ce que je ressens, je reprends « I’m so sorry » de Brenda Lee, je reprends du Joplin, les Bangles…Et de temps en temps, je change…
Pour revenir à « La nouvelle stars », les avis sont partagés. Est-ce que pour vous ça a été un coup de pouce ou est-ce un handicap ?
Bonne question ! Je crois que ça a été un vrai coup de pouce car ça m’a permis de faire ce que j’ai toujours aimé et l’émission m’a permis de gagner du temps et de vivre de ce métier plus tôt que prévu. Le handicap est surtout dû à certains journalistes – et ça n’est pas vous, je vous rassure ! – qui basent leur interview sur l’émission et n’en sortent pas. Evidemment qu’à un moment ou à un autre on peut en parler, c’est normal, mais baser toute une interview là-dessus… c’est énervant ! A part ça, ça va, je supporte !

Lorsqu’il a été question d’enregistrer votre premier album, avez-vous eu toute latitude pour le faire comme vous le sentiez ?
J’ai eu toute liberté sur cet album, je n’ai eu aucune contrainte, rien ne m’a été imposé et je n’ai rien eu à imposer car l’équipe a été totalement d’accord avec mes idées. J’ai d’abord reçu spontanément beaucoup de chansons et ça, ça a été une surprise car il y avait des choses qui me plaisaient. Et puis, j’avais adoré le disque de BabX et j’avais très envie qu’ils me fasse des chansons. Il a dit OK et nous avons même collaboré ensemble puisqu’il a également réalisé quelques chansons. Je peux dire que j’ai tout choisi et que j’ai fait le disque que je souhaitais.
Et les musiciens ?
Ce sont aussi ceux que j’ai choisis et après avoir enregistré le disque, ils ont voulu poursuivre l’aventure avec la tournée. Ils n’entendaient pas lâcher l’affaire et ça m’a fait un immense plaisir car je ne voulais qu’eux ! Ce qui fait qu’ils sont tous là, sauf BabX qui de temps en temps nous quitte pour enregistrer son prochain disque.
Je suis ravi qu’ils soient avec moi car on est un vrai groupe, une famille. Ils me semble que nous sommes une bande de copains musiciens en vacances… C’est chouette !
Est-ce que le spectacle évolue ?
Oui, même s’il y a toujours les chansons du disque, je change quelquefois les autres, je change aussi leur ordre, le spectacle évolue et d’ailleurs, ceux qui l’ont vu au départ et le voient aujourd’hui, sentent qu’il y a une évolution. Il y a aussi la complicité, on se connaît de mieux en mieux, on aime essayer des choses nouvelles… Ca bouge tout le temps.
Certaines orchestration, par rapport au disque, ont été remaniése...
Pour certaines, nous sommes restés fidèles à certaines versions. Pour les autres, on a un peu changé les choses afin que le spectacle ait une certaine cohérence, un certain rythme.
Vous chantez en anglais. Avez-vous l’intention de faire un album en anglais ?
Plus tard peut-être. Aujourd’hui je n’en ressens pas l’envie ni l’opportunité, je n’en vois pas la nécessité pour le moment. J’aime la langue française, j’aime chanter en français et j’aime aussi mettre une ou deux chansons en anglais dans le spectacle. Il se pourrait aussi qu’il y en ait une ou deux en anglais sur le prochain disque, comme j’ai fait sur le premier. Mais pour le moment, je reste une chanteuse française ! »
Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier |