Né le 3 juillet 1854 à Hukvaldy (dans le nord de la Moravie), Leos Janàcek est le fils d'un instituteur dont la famille cultive la tradition musicale. Janàcek fait ses premières études dans un monastère. Il décide à ce moment de devenir musicien.
Janacek fréquente l'école d'organistes à Prague et suit les cours des conservatoires de Vienne et Leipzig. Ses premières compositions sont des œuvres chorales.
Il se lie d'amitié avec Antonin Dvorak avec qui il a en commun des origines paysannes et un penchant « slaviste ». Il lui dédie Quatre chœurs pour voix d'hommes en 1885. Comme Béla Bartok, il s'intéresse également aux chants populaires de son pays. Ses études sur ce sujet sont publiées à Brno. Il publie également un ouvrage théorique sur la musique en 1897 : « La disposition et l'enchantement des accords » puis une « Théorie intégrale de l'harmonie ».
Il compose Les Danses Valaques, et deux tentatives d'opéra : Sarka (1888), et Début de romance (1891).
Pour la scène, il entreprend Le Destin (1903/04) mais son apogée commencera en 1916 avec le triomphe à Prague de Jenufa.
Resté méconnu voire inconnu jusqu'à l'âge de 62 ans, considéré comme un obscur pédagogue, son opéra Jenufa allait le propulser sur le devant de la scène internationale. Ce succès, allié à l'indépendance de son pays signée au traité de Versailles, est le début d'une très féconde période créatrice de 1916 à 1928.
Janàcek manifeste son slavisme notamment avec le célèbre Taras Boulba, rhapsodie pour orchestre (1918). Il voyage alors beaucoup. Il est joué, fêté et se compose alors pour tous les genres : cycle vocal avec Le Carnet d'un Disparu (1919), le poème symphonique avec la Ballade de Blanik (1920), l'opéra avec Katia Kabanova (1921), le Quatuor à cordes n°1 (1923), Le concertino (1925), la Sinfonietta (1926) et enfin son Quatuor à cordes n°2 « lettres intimes » (1928) et son dernier opéra, La Maison des Morts en 1928.
Vers la fin de sa vie, Janàcek a une relation passionnée avec une jeune femme de 30 ans, Kamilla, qui lui redonne une seconde jeunesse et une nouvelle inspiration créatrice.
Janàcek meurt en 1928 d'une pneumonie à l'hôpital d'Ostrava à l'âge de 74 ans.
De sa dizaine d’opéras, plus de la moitié ont franchi les frontières de la Bohême. « Jenufa » traduit les craintes et les préjugés des paysans tchèques de Moravie avec une musique faisant par moment appel au style des mélodies moraves, mais surtout en un langage continu, qui souligne la complexité des sentiments.
Jenufa aime Steva, mais leur mariage est repoussé. Jenufa, entre temps, a été blessée par un coup de couteau, Steva ne veut plus se marier… Jenufa épousera Laca.
C’est donc cet opéra que peu de gens connaissent, hormis les aficionados de cet art, que nous découvrirons à l’Opéra de Toulon les vendredi 22 et mardi 26 février 20h et le dimanche 24 février 14h30 dans une production de l’Opéra National de Lorraine, une mise en scène de Ruth Orthmann avec l’orchestre et chœurs de l’Opéra de Toulon dirigés par Jean-Louis Martinelli et dans les principaux rôles, une distribution très internationale : Helena Kaupovà, soprano tchèque, Nadine Secunde, soprano américaine, Zlatomia Nikolova, mezzo-soprano bulgare, Peter Svensson, ténor viennois, James McLean, ténor canadien.