BERNARD JEANJEAN A TOULON... LE RETOUR DU FILS PRODIGUE
IL SERA L'INVITE D'HONNEUR DU FESTIVAL
"LA CIOTAT BERCEAU DU CINEMA" 2007
Bernard Jeanjean nous avait déjà offert un très joli film dans un huis clos plein de tendresse et d’émotion : « J’me sens pas belle » avec Maïté Foïs et, déjà, Julien Boisselier.
Aujourd’hui il récidive avec « J’veux pas que tu t’en ailles », toujours avec Julien Boisselier mais avec Judith Godrèche et Richard Berry.
Encore un titre de chanson mais au lieu d’un duo, un trio et qui dit trio… dit le mari, la femme et l’amant… Ce pourrait donc être un Vaudeville mais pas à la Feydeau, plutôt à la Woddy Allen, d’autant que le mari en question (Richard Berry) est un psy qui va découvrir que son client (Julien Boisselier) n’est autre que l’amant de sa femme (Judith Godrèche)…
On y retrouve les « ingrédients Jeanjean » c’est-à-dire un presque huis clos chez le psy entre les deux hommes, un dialogue savoureux qui fait mouche à chaque séquence avec, en plus, une jolie dose d’humour, le tout étant aussi signé Jeanjean avec la collaboration de sa compagne mais néanmoins collaboratrice, la comédienne Martine Fontaine.
« Une collaboration « orale » surtout – nous dit-elle en riant car nous avons, durant son écriture, beaucoup d’échanges verbaux sur la psychologie des personnages et le comportement d’un couple…
Je vois – ajoute-t-il – avec elle, le côté féminin le plus juste possible même si, cette fois, le film est plus orienté sur le point de vue masculin puisque c’est surtout l’histoire de ces deux hommes qui ont une relation triangulaire avec cette femme, sans le savoir, du moins au départ…

Les dialogues sont très importants, ce pourrait être une pièce de théâtre filmée…
Peut-être car j’aime à dire que « les cascades du film se voient sur le visage des acteurs » ! J’aime les gros plans, j’aime être très près des personnages pour filmer leurs réactions intimes, ce qu’on ne peut pas faire au théâtre. Mais ce que vous dites est tellement juste que Veber voudrait déjà porter à la scène « J’me sens pas belle avec Putzulu…
Avez-vous contacté des psys pour ce rôle ?
Oui surtout pour respecter les temps, les silences. Je voulais que les séquences chez le psy soient à la fois très réelles et très épurées car il faut aussi penser au public… Je voulais que les scènes analytiques fassent vrai mais aussi qu’il y ait une certaine vulgarisation pour qu’on puisse suivre le film sans problème.
Qu’est-ce qui vous donné l’idée de ce film ?
Je l’ai depuis longtemps en moi puisque c’est un triptyque sur la vie de couple, le premier étant surtout centré sur la femme, le second sur les hommes et le troisième, pour clôturer la trilogie, sera une sorte de thriller qui a un rapport avec l’engagement et s’intitulera « Je n’suis pas un héros »…
Encore un titre de chanson ?
Oui, mais le premier a été un hasard puisque « Je m’sens pas belle » est une phrase que dit l’héroïne. C’est ce qui a donné le titre du film et l’idée qu’il en soit de même pour les deux autres.
Vous frôlez le cliché à chaque instant !
Je le sais et c’est un peu voulu. Au premier degré ç’aurait pu être un Vaudeville mais je voulais que derrière une forêt de rires (!) et sous des allures légères, il y ait un vrai problème de couple : le mec amoureux mais, pris par la passion de son métier, se laisse bouffer pendant que sa femme l’attend et finit par le tromper, plus pour le faire réagir que par amour
Et encore Boisselier en amoureux transi et largué !
Oui, mais il le joue tellement bien, avec une grande finesse, avec aussi beaucoup de recul, mêlant romantisme et humour, que c’est un plaisir. C’est un grand comédien et ce qui m’intéresse aussi c’est le rapport entre ces deux hommes : l’amoureux transi, avec un côté très féminin mais qui peut d’un coup s’avérer dangereux et le macho-viril qui est plus sensible qu’on ne le croit. Cette ambiguïté était pour moi intéressante à montrer.
Ce qui m’intéressait aussi c’était ce manque de communication entre ces trois personnages, tous ces non-dits, ces choses banales dont on n’ose pas parler par pudeur ou par peur de la réponse…
La femme est en fait un prétexte, un objet de désir plus que d’amour…
Peut-être mais chacun l’aime à sa façon et aucun d’eux ne veut la perdre. Quant à elle, au départ, on la voit éteinte parce que encore amoureuse de son mari mais, ne voyant pas d’issue, elle prend un amant et pas n’importe lequel puisque c’est un type en pleine analyse, donc à problème et donc, quand il va découvrir que le mari est son rival, il va essayer de le démonter comme le mari va essayer d’évincer l’amant… chez elle, c’est quelque chose d’assez machiavélique ! »
Une jolie comédie sentimentale que Bernard et Martine sont venus présenter aux Pathé de Toulon en présence de toute la famille car ce Toulonnais se souvient de son enfance, alors que son père était employé à l’arsenal et qu’ils vivaient à côté de la gare avant d’aller passer son adolescence à la Crau.
Moment d’émotion donc et il récidivera puisque le 1er juin il sera l’invité d’honneur du Festival « La Ciotat Berceau du Cinéma » où il présentera ce second film, le premier lui ayant rapporté le Lumière d’Or dans cette même ville. On y retrouvera, à leur côté, Christophe Julien qui a écrit la musique du film et qui fera parti du jury 2007.
« J’veux pas que tu t’en ailles » est donc un titre prémonitoire ! |