IRMA : « LA GUITARE A CONQUIS MES MAINS »
Des yeux qui pétillent, un sourire éclatant…
Irma a, en plus, une voix profonde, envoûtante qu’elle nous offre sur des mélodies pop-rock-country, des ballades romantiques enveloppées de sonorités d’une grande sobriété avec beaucoup de sensibilité. Elle chante en Anglais des chansons qu’elle écrit et compose.
Elle vient de Douala et son histoire ressemble à celle de Grégoire : découverte sur Internet, ce sont les internautes qui ont produit son premier album.
De passage à la fnac de Marseille, elle nous raconte ce qui s’apparente à un conte de fées.

« Irma, née à Douala, raconte-nous comment tu es arrivée à Paris…
Par avion ! (grand rire claire et communicatif)
Mais effectivement, j’ai débarqué à Paris avec mes deux sœurs. J’avais 15 ans et venais y poursuivre mes études… pour faire plaisir à mes parents !
Tes parents, justement, peux-tu nous en parler ?
Je suis née dans une famille où tout le monde faisait de la musique mais ce n’était pas l’option principale pour faire carrière. J’ai quand même appris le piano, tout comme mes sœurs. Nous avons une formation classique avec une prof qui était hyper sévère ! Puis un jour, j’ai découvert la guitare de mon père. Ca a été le coup de foudre !
Tu as d’ailleurs une jolie phrase : « la guitare a conquis mes mains » !
C’est exactement ça. Et comme je ne pouvais pas emporter le piano à Paris, je suis partie avec la guitare ! Je composais déjà des mélodies que je passais mon temps à jouer ou chanter à ma famille.
Alors, cette arrivée à Paris ?
C’était l’été 2008. Je n’arrêtais pas de jouer, chanter, sans trop savoir ce que je voulais faire. Et puis, pour mes copines, j’ai enregistré une vidéo que j’ai mise sur Internet. Sans m’en rendre vraiment compte, le bouche à oreille a commencé à faire réagir les internautes jusqu’à faire le buzz. Les messages ont commencé à affluer avec des propositions. Ca m’a un peu dépassé et en fait ça m’a aussi fait un peu peur. Jusqu’au jour où Michaël Goldman de mymajorcompagny.com m’a contactée. J’ai eu confiance en lui et il m’a donné envie d’aller plus loin, tout cela sans aucune pression.
Et alors ?
Alors on a mis plusieurs vidéos en ligne, on a demandé aux internautes de réagir et là, miracle, à notre grande surprise, alors qu’on pensait qu’il faudrait attendre des semaines, nous avons eu 416 propositions dans le week-end, avec une somme de 70.000€ à notre disposition. J’ai tout juste eu le temps de prévenir ma famille pour qu’elle me donne un coup de pouce… Il n’y en a pas eu besoin !
Et alors ???
Alors… Nous sommes partis à New York. Michaël a réuni de super musiciens, de grandes pointures. On a très vite réalisé le premier morceau « Letter to the Lord » et les autres chansons ont suivi. Nous avons passé un été formidable.
C’était un beau rêve !
Un très beau rêve mais… une sacrée désillusion car, en rentrant à Paris encore tout euphorique, je me suis rendu compte à l’écoute, que ce disque était « un produit » qui ne me ressemblait pas du tout. Ce n’était pas moi et il était hors de question que je laisse sortir ça. Mais comment le dire à 416 producteurs ? Heureusement tout l’équipe a été d’accord avec moi et on a tout repris à zéro.
Donc, retour à New York ?
A non, surtout pas ! On a enregistré le disque dans une cave, à Paris, comme si c’était un « live » avec guitare et voix en même temps… Et voilà le résultat !

Tu chantes en anglais pourtant ta langue maternelle est française. Pourquoi ?
C’est venu sans que je m’en rende compte. J’écrivais naturellement en anglais. Mais aujourd’hui, petit à petit, je me reconvertis au français. Peut-être que le prochain disque sera moins anglais.
Tu as beaucoup de chansons d’avance ?
Oui, je n’arrête pas d’écrire et de composer. Il y en a d’abouties, il y a des morceaux pas finis… et il y a aussi beaucoup de déchet !
Tu as attaqué la scène très sagement, en faisant des premières parties, ce qui est rare aujourd’hui…
Oui, j’ai fait des concerts de Diam’s, Amel Bent, M, Tété… C’est comme ça que je conçois le métier. La scène, pour moi c’est primordial mais il faut l’apprivoiser et je me vois mal partir seule en tournée, en « star » ! Il faut apprendre, savoir s’y tenir et j’ai eu de bons professeurs qui m’ont beaucoup apporté, beaucoup appris. Surtout avec Diam’s. Elle m’a dit une chose que je n’oublierai pas : « Qu’il y ait 50 ou 5000 personnes devant toi, tu dois toujours être au top, donner le meilleur »… Et il faut en bouffer, de la scène, pour être au top !
Tu as également chanté dans le métro…
Oui, et ça aussi, crois-moi, c’est une sacrée école, entre les gens qui t’ignorent – et ça c’est moindre mal – ceux que tu exaspères et la voix qui doit couvrir le bruit des rails… Ceci dit, j’ai fait ça à Berlin, j’étais loin de Paris et ça ne me complexais pas. Mais à Paris, j’ai fait beaucoup de lieux public, entre autres à Montmartre.
Une question qui me chagrine : pourquoi cette photo ratée sur la pochette ?
(Elle éclate de rire) Elle est monstrueuse, hein ? Tu peux le dire car je le pense aussi. On dirait une photocopie ratée mais c’est le choix de la prod’… Je la trouvais nulle mais je n’ai pas osé le dire en pensant que le contenu était plus important que le contenant ! Eh bien c’est faux, je m’en suis mordu les doigts et on ne m’y reprendras plus… Mais ça fait parler… la preuve !
Irma est ton vrai prénom ?
Eh oui… Une idée saugrenue de mon père… Il aurait pu me prénommer Fatou comme nombre de Camerounaises…Eh bien non, il est allé chercher Irma… Et je le garde !
Tes projet ?
Partager mon album sur scène avec le public et surtout aller le présenter chez moi, à ma famille, mes amis… Même s’ils le connaissent par cœur, tant ils entendent ces chansons depuis des années !!! »
Propos recueillis par Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

Irma sera :
le 27 avril au Poste à Galène à Marseille
le 3 juin aux Micros de la St Victoire à Aix-en-Provence. |