HYERES - FESTIVAL NATIONAL DU FILM
QUATRE JOURS DE BONHEUR

Durant de longues années Hyères fut la capitale varoise du cinéma avec le Festival du Jeune Cinéma.
Puis, les aléas de la politique firent qu'en 83, ce festival, qui arrivait en seconde position après Cannes, disparut.
Et voici qu'Hyères renoue avec le cinéma, grâce à la passion combinée d'une municipalité et d'une association : "Ciné Ma Région" dont le président est Franck Pardo. Ce festival du court métrage qui vient d'avoir lieu, nous vient de Gruissan, où il naquit. Là encore, pour d'obscures raisons, il s'arrêta mais renou avec la tradition ancestrale hyéroise.
Et comme Jacques Politi, maire d'Hyères et son équipe, ont eu raison d'ouvrir leurs écrans à Franck et son équipe !
Tout le monde s'y est mis avec passion et le résultat est là : 4 jours de fête du cinéma, un panorama superbe du court métrage français, de beaux talents, de belles images, un jury superbe mené par Claude Pinoteau, un parrain prestigieux : Georges Lautner et un générique digne des plus beaux festivals : Jean-Pierre Castaldi, Mylène Demongeot, Henri Guybet, Elsa Lunghini, Frédérique Noiret (fille de...), Maris-Sophie L, Philippe Caroit, Rémy Julienne, Stéphane Freiss, Venantino Venantini, le seul survivant des "Tontons Flingueurs", aime-t-il à dire, Doushka Esposito, Laurent Kerusoré (Plus belle la vie) Denis Amar, Rémy Julienne, le cascadeur le plus connu du cinéma mondial... et quelques autres...
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Sans compter l'accueil chaleureux de tout un groupe de gens motivés, un soleil d'été, tout à contribué pour que nous passions quatre jours de rêve, avec les réalisateurs de demain et les hommages à ces grandes figures d'un cinéma qui nous fait toujours rêver.
Réalisateurs, producteurs, comédiens, jeunes ou moins jeunes, célèbres ou inconnus, tous se sont retrouvés côte à côte dans les salles obscures, ou dégustant une paella autour d'une table en plein soleil sur la plazza du Casino, dans des lieux superbes comme la Villa Noailles ou encore le Domaine de Maravenne, lieu sublime, chaleureusement accueillis par son propriétaire Jean-Louis Gourjon et son épouse.
Grâce à LM prestige, ses voitures de collection et sa limousine, nous avons eu une montée des marches digne de Cannes
Bref, on en a pris plein les yeux mais aussi les oreilles grâce à André Cicoletta, musicien et chef de l'Orchestre Symphonique d'Hyères avec ses 50 musiciens qui nous ont offert en clôture un concert de musiques de films et un hommage musical à Claude Pinoteau et Georges Lautner, ainsi qu'au superbe musicien disparu, Michel Magne, en présence de son épouse Marie-Claude. Hommage prolongé par le maire d'Hyères qui leur a remis la médaille de la ville.
Stéphane Freiss et Nicolas Velle, producteur, nous ont offert un grand moment de franche gaîté en nous présentant le film de François Velle "Comme des rois". Un film qui n'a pas eu le succès escompté lors de sa sortie et qui est pourtant un petit bijou de finesse et d'humour. Ce fut un beau rattrapage. A noter d'abord que Stéphane Freiss était également en compétition en tant que réalisateur et qu'il a remporté le prix spécial du jury (voir palmarès) et que les frères Velle ont dans les veines, le sang de leurs parents, Louis Velle et Frédérique Hébrard... Et bon sang ne saurait mentir !
Les jeunes réalisateurs primés ont été tour à tour surpris, heureux, émus, les autres, moins chanceux mais tout aussi talentueux, ont vécu un séjour de rêve, de rencontres et de plaisir de pouvoir montrer au public et aux professionnels, le résultat de longs mois de travail, d'espoirs, de difficultés car il est toujours difficile de mettre le pied à l'étrier. Gageons que dans cette belle sélection, qui représentait aussi toutes les régions de France, se trouvent quelques grands réalisateurs de demain, car nous avons découvert de beaux talents qui nous ont fait rire ou émus.
On ne peut que souhaiter bon vent à ce festival naissant et le mène succès que son grand frère disparu en 83. Hyères renoue avec le cinéma et c'est, pour être à la mode... "rien que du bonheur" !
Le jury :
Claude Pinoteau, réalisateur et président du jury, entouré de France Berthou, productrice, Niseema, comédienne, Eric Desmarestz, comédien, Henri Roux, ingénieur du son, Gréco Casadesus, compositeur, Pierre Hagnauer, directeur artistique, Claude Ardid, journaliste, Stéphane Guenin, réalisateur, Jean-Jacques Breban, président du PRIDES Provence Art de Vivre, Jean-Claude Marisa, directeur de la photo.

Le palmarès :
Prix du jury public : "Porteur d'hommes" d'Antarès Bassis (Haute Normandie)
Prix de la musique de film : Sigfried Canto pour "Fracture" de Nicolas Sarkissian (Bourgogne)
Prix d'interprétation masculine : Bruno Henry dans "Cette obscure tentation" de Renaud Ducoing (Auvergne)
Prix d'interprétation exaequo : Hélène Viviès dans "Cette obscure tentation" et Emilie Deville dans "Violence elle seule" d'Eric Capitaine (Bourgogne)
Prix du meilleur scénario : Raphaël Médard pour son film "Le sucre" (Champagne-Ardennes)
Prix de la meilleure réalisation : Eric Capitaine pour "Violence, elle seule"
Prix Ciné ma Région et Ville d'Hyères : "Ma poubelle géante" d'Uda Benyamina (Ile de France)
Prix spécial du jury : "It is a miracul House" de Stéphane Freiss (Ile de France)
Palmier d'or : "Cette obscure tentation" de Renaud Ducoing
RENCONTRES
ELSA LUNGHINI : "Aujourd'hui j'ai trouvé mon équilibre"
Elle est toute menue, toute souriante, elle a un regard serein et a l'air d'une adolescente... Elle a pourtant un garçon de 17 ans, me confie-t-elle... Comme le temps passe et comme il glisse merveilleusement sur elle !
C'est en toute simplicité qu'elle arrive à Hyères sans agent, sans gardes du corps et qu'elle répond simplement oui, avec un merveilleux sourire, pour un moment d'entretien.

Elsa, pourquoi ce festival ?
Parce qu'on m'y a conviée et qu'un festival est toujours une occasion de découvrir des films, des réalisateurs, de retrouver des gens qu'on aime et qu'on ne fait que croiser à Paris. Et puis, me retrouver dans cette ville ensoleillée si lumineuse alors que je viens de tourner plusieurs semaines dans les brumes du Nord. et à Cergy Pontoise.. ça ne se refuse pas !
Qu'avez-vous tourné ?
Un film pour TF1 et enfin un film pour le cinéma de Malik Chibane "Pauvre richard" avec Frédéric Difenthal, Anémone et Yacine Belhousse du Jamel Comedy Club.
Pourquoi "enfin" ?
Parce qu'il y a un bout de temps que je n'ai plus tourné pour le cinéma, de plus, une comédie. Vous savez, dès que l'on tourne pour la télé, on ne vous appelle plus pour le cinéma alors que le contraire n'est pas vrai. Et puis, le grain d'image au cinéma est plus beau qu'à la télé.
Vous êtes un cas, car il est très rare qu'une artiste débute avec succès, à la fois au cinéma et dans la chanson !
Ma carrière cinématographique a tout de même démarré plus tôt. J'avais 7ans lorsque j'ai tourné dans "Garde à vue" de Claude Miller. Puis j'ai fait "Rouge baiser" de Véra Belmont et "Train d'enfer" de Roger Hanin avant de faire enfin "La femme de ma vie" de Régis Wargnier où je chantais "T'en vas pas"...
Qui s'est vendue à plus d'un million !
Oui et c'est un hasard car dans le film, j'étais une adolescente qui jouait du piano. Cette chanson était celle du générique que devait chanter Jane Birkin. Mais le réalisateur a trouvé qu'il était plus judicieux que ce soit moi qui la chante puisqu'elle s'adresse à son père. Et la chanson est devenue un succès.
A partir de là, vous avez joué sur les deux tableaux ?
Oui car les propositions de films arrivaient et qu'après le succès de la chanson on m'a proposé de faire un album. Ca a été une période charnière mais aussi assez difficile car il y avait beaucoup de pression et durant quelques années, j'ai vécu dans un tourbillon.
Puis ça s'est calmé ?
C'est moi qui ai calmé le jeu d'abord parce que, devenant adulte, il me fallait changer de registre, je ne voulais plus jouer des rôles d'adolescente et côté chanson, j'ai commencé à écrire mes textes, tout en continuant à travailler avec les gens que j'aimais. Enfin, j'ai fait un enfant et tout cela m'a fait évoluer, j'ai pris le temps de me retrouver, de prendre du recul et surtout de retrouver un équilibre et savoir où et comment me situer.
Ecrire était une envie ?
Oui et je l'avais depuis longtemps mais dans cette vie de folie que je vivais je n'avais pas le temps et puis je n'osais pas m'exprimer. Le moment est alors venu et je m'y suis mise.
Ca ne vous a pas coupé des auteurs ?
Non, car j'ai toujours continué à travailler avec eux et je n'ai jamais eu peur d'aller vers les gens que j'appréciais pour leur demander une chanson. Je risquais quoi ? Un refus, ce qui n'est pas grave et ça fait partie de la vie. On n'en meurt pas !
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Est-ce que ça vous a donné envie d'aller plus loin dans l'écriture ?
Oui car écrire a toujours été une grande envie. C'est d'ailleurs ce que je suis en train de faire...
J'écris un scénario.
On peut en parler ?
C'est une histoire qui fait partie de ma vie car on ne peut écrire que sur ce qu'on connaît. Mais je précise que je ne raconterai pas ma vie, je m'en inspire et je pique des choses ailleurs. Je n'ai pas du tout envie de raconter ma vie !
Y aura-t-il un rôle pour vous ?
J'avoue qu'en écrivant, je n'y ai pas pensé du tout... Enfin, du moins pour l'interpréter.
Et la réalisation ?
Pour le moment ça ne me tente pas. Il faut beaucoup de courage, de persévérance, de temps, de travail et je ne m'en sens pas encore capable. Peut-être un jour...
Alors aujourd'hui, où en êtes-vous ?
Je tourne, je vais, je l'espère, refaire un disque, le dernier date de trois ans, j'ai envie de faire de la scène et j'ai des propositions de théâtre, chose que je n'ai encore jamais faite et qui me tente beaucoup.
Vous m'avez l'air aujourd'hui d'une grande sérénité !
(Grand sourire). Oui, je crois car j'ai une vie d'actrice, une vie de chanteuse, une vie de femme et de mère, ce qui est assez confortable quand on sait gérer. Je ne suis pas stressée par la page blanche, pas plus que par l'attente d'un coup de fil pour un rôle. Une actrice, si elle n'a que cela, vit du désir d'un réalisateur, d'un producteur. Si on ne l'appelle pas ça veut dire qu'on ne la désire pas et c'est très frustrant. Je ne suis pas dans cette situation. Je ne vis donc ni dans l'attente, ni dans le stress. J'ai vécu trop longtemps comme ça. Aujourd'hui j'ai trouvé un équilibre et j'ai envie d'être heureuse et bien dans ma vie.
C'est ce que je vis en ce moment."
STEPHANE FREISS :
"Je voudrais continuer dans la réalisation..."
Même si certains lui trouvent une ressemblance avec un certain Docteur House, Stéphane Freiss a un visage très reconnaissable et très séduisant, un sourire éclatant et il est d'une simplicité - comme disait de Gaulle de BB - de bon aloi.
S'il est à Hyères, c'est pour deux raisons : tout d'abord en tant que comédien, accompagné du producteur Nicolas Velle pour nous offrir un film qui a déjà 15 ans (sortie en juin 97), qui, à sa sortie, n'a pas eu le succès escompté et qui pourtant est une comédie très drôle, très rafraîchissant, où il partage la vedette avec la très belle Marushka Detmers. Ce film est signé de "l'autre Velle", François, réalisateur et frère de Nicolas et s'intitule "Comme des rois". Il se situe dans le milieu du cinéma, donc bienvenu dans ce festival.
Mais il est également venu présenter un court métrage en compétition : "It is miracul house"... vous voyez l'allusion ! Un film désopilant qui a d'ailleurs remporté le prix du jury.

Stéphane, déjà que ce Dr House vous poursuit, voici que vous jouez son sosie !
J'ai trouvé ça très drôle car c'est vrai, durant un temps, on m'arrêtait dans la rue pour avoir une dédicace de ce comédien ! Et voilà qu'on m'offre un scénario qui aborde ce problème, mais avec aussi d'autres histoires autour. C'est ainsi qu'a germé l'idée du court métrage en ne gardant que l'histoire de cette dame malade qui pense qu'un seul médecin peut la sauver : le Dr House. Son fils alors demande à Stéphane Freiss de se faire passer pour lui avec la voix de... Laurent Gerra ! Et j'ai en plus, décidé de le réaliser ainsi, au grand dam du scénariste.
Gerra a tout de suite marché dans la combine ?
En fait, ce devait être la vraie voix française de House qui devait me doubler. Mais le comédien s'est désisté et, étant ami avec Laurent, je lui ai demandé et a dit oui.
Et ça a marché !
Oui, puisqu'il a eu le prix du jury. Et j'en suis d'autant plus fier qu'il m'est donné par des gens du métier talentueux, que j'aime, dont Claude Pinoteau pour qui j'ai une grande admiration.
Vous aimez la comédie puisque "Comme des rois" en est une aussi
J'adore jouer la comédie et j'aime la dérision et surtout, l'autodérision. J'aime ces histoires décalées qui renvoient dans le miroir, ce que nous sommes en fait. Dans le long métrage je joue un mec qui a l'accent polonais et se fait passer pour un réalisateur... islandais ! Ce qui était magnifique à jouer.
Dans mon court métrage, je joue mon propre rôle et c'est aussi très amusant. J'avais très envie de passer à la réalisation et je suis donc heureux que ça fonctionne et que je sois crédible dans ce nouveau métier.
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Prendre l'accent étranger, est-ce facile ?
Sur la durée, ça devient de plus en plus facile mais j'ai eu un peu de mal... D'ailleurs, je ne sais pas si c'est vraiment le bon accent mais ça ne fait rien puisque je suis sensé être islandais !
La seule chose qui m'a donné un peu de honte, c'est qu'il y a tant d'acteurs étrangers qui attendent un rôle et que ce soit un Français qui le joue... Mais les Velle me voulaient... Ils m'ont eu !
Je suppose que vous avez été désolé que ce film ne marche pas !
Comme à chaque fois qu'on met tout son cœur à faire quelque chose et que ça tombe à côté. Déjà, on avais mis cinq ans à monter le projet. Et à sa sortie, on fait un flop alors que tous ceux qui l'ont vu on franchement bien ri. La preuve à ce festival !
Heureusement qu'à l'époque Unifrance Film y a cru et l'a exporté dans tous les pays... Et il a marché partout. Autre preuve : un certain Spielberg a signé avec nous pour en faire un remake. Dommage que ça n'ait pas abouti.
Il pourrait y avoir une suite...
On l'a un moment envisagé. Mais c'était trop risqué. Si le premier avait eu un énorme succès, on aurait pu y penser. Mais sans ce succès, difficile d'envisager un deuxième volet. C'est dommage car ces émigrés portent en eux toute la détresse de l'humanité et c'est vu à la fois avec tendresse et humour.. Mais le cinéma est un métier difficile et le succès, comme l'échec, sont toujours un peu mystérieux.
Pourquoi un film, tout à coup, passe à côté du public ou a son adhésion ? Mystère.
Vos projets sont-ils théâtraux ou cinématographiques ?
J'aimerais bien continuer dans la réalisation. Quant au théâtre, je vais un peu me calmer car j'en ai beaucoup fait. C'est vrai, c'est une discipline gratifiante mais très ingrate. Aujourd'hui les gens du métier du théâtre, surtout les parisiens, ne sont plus à la hauteur. Il y a beaucoup d'incapables qui ne pensent qu'à leur porte-monnaie. On gagne peu sa vie au théâtre et j'avoue qu'aujourd'hui je suis un peu désabusé. Alors, je suis parti sur l'écriture d'un scénario... que j'espère réaliser !"
FREDERIQUE NOIRET : "Mon père continue à me guider"
De son père, elle a l'énergie, la grande gueule, le franc parler. Elle donnerait la pêche à un régiment de neurasthéniques !
Frédérique Noiret est aujourd'hui une femme de 54 ans épanouie. Elle fut longtemps assistante metteur en scène, agent artistique. Aujourd'hui elle fait un break mais reste tout aussi passionnée et pleine de projets.

"J'ai eu plusieurs vies - me confie-t-elle alors qu'on fond au soleil devant une mer hyéroise étale et encore chaude - j'ai été, durant 20 ans assistante puis, durant 15 ans agent artistique. J'avais une petite entreprise qui tournait bien jusqu'à ce que "nos amis" du gouvernement nous imposent des charges tellement élevées qu'elles me prenaient une fois et demi ce que je gagnais en bossant 20 heures par jour ! J'ai donc tout arrêté.
Sans regrets ?
Sans vraiment de regrets car aujourd'hui, le métier est de moins en moins artistique, de plus en plus difficile. C'est devenu un réservoir à angoisse tenu par la télé qui connaît les acteurs comme moi je me connais en voiture. C'est devenu de plus en plus ingrat pour tous et l'on parle de moins en moins d'art, de cinéma, de lumière... de tout ce qui fait rêver.
Alors le bilan ?
Il reste positif car en 15 ans, j'ai appris à être juriste, un peu psychologue mais aussi nounou et technicienne de surface ! J'ai eu beaucoup de plaisir à pratiquer mon métier mais je me sentais de plus en plus mal à l'aise et de moins en moins utile. J'ai donc décidé de façon folle de prendre une année sabbatique. Mais en gardant l'amour du cinéma que j'ai et que m'ont transmis mes parents. Aujourd'hui je suis un électron libre, je vais dans les festivals, j'écris une pièce qui doit être bonne car elle me fait rire... c'est un signe, non ? Et puis, j'ai quelques projets...
J'ai une chance énorme car la plus belle chose que m'a légué mon père, c'est que, l'amour que les gens lui portaient, ils l'ont reporté sur moi. Ca, c'est un beau cadeau.
Difficile d'être la fille de ce père-là ?
Pas vraiment car je n'étais pas la fille d'un sex-symbol, qu'on ne le voyait pas sur les tabloïds et lorsqu'il était en couverture d'un magazine, c'était pour un film ou une pièce de théâtre. C'était un monsieur pour lequel on avait de la déférence. C'est vrai qu'être la fille d'un "monument" ça n'est pas toujours facile mais en même temps, c'est un atout car on te demande trois fois plus qu'à une autre, donc tu dois travailler plus et apprendre impeccablement ton métier avec une discipline d'enfer car on n'est pas sensé avoir le talent et la science innée de ses parents.

Tu as travaillé souvent à ses côtés...
Oui, mais derrière lui ! Nous avions une complicité énorme. Lui, il était heureux de m'avoir sur un plateau. Pour moi c'était plus difficile, car il m'impressionnait trop et c'était aussi plus ambigu car comment l'appeler ? Philippe, papa, monsieur ? C'était donc un peu compliqué mais une fois le film terminé, on se le racontait car chacun le vivait à sa manière et de sa place : lui devant, moi derrière la caméra. On ne vivait pas le même film !
Il m'a tellement appris et apporté qu'aujourd'hui je l'entends parler à travers ma voix.
Tu lui a consacré un livre : "Noiret de père en fille" (Ed Michel Lafon). Tu as d'autres projets qui tournent autour de lui ?
Mon premier projet c'est d'essayer de retrouver tous ses films en DVD. J'en ai déjà une cinquantaine... mais il en a tourné 170 ! Il me manque entre autre tous ses films tournés en Italie et il y a des trésors. J'en profite pour lancer un appel : si parmi tes lecteurs il y en a qui ont ces DVD qu'ils se fassent connaître par ton intermédiaire ! J'aimerais tant que mes enfants découvrent leur grand père !
Sinon, d'autres choses ?
Non... je pourrais faire une exposition de ses bottes et de ses chaussures qui se comptent par dizaines ! Maman a les chaussures, moi les bottes. Par contre, plus sérieusement, j'aimerais exposer ses pastels car peu de gens connaissent cette passion qu'il avait et il a été très prolixe. Il a eu sa période "pommes-poires", puis une longue, trop longue, période abstraite pour terminer avec de somptueux bouquets....
C'est inattendu...
Oui, c'est un aspect qu'on ne connaît pas de lui. Lui qui était si maladroit de ses mains énormes mais si belles, difficile à croire. Un jour, il a tout arrêté. Lorsque je lui ai demandé pourquoi, il m'a répondu "Parce que j'ai perdu l'innocence...". Joli, non ?
On connaît l'artiste. Qui était l'homme ?
Un homme à la fois fort et fragile. Un homme perclus de doutes. Un homme qui pouvait être démonté par une mauvaise critique... Je l'ai vu en pleurer. Un homme cultivé, curieux de tout et surtout qui aimait passionnément la vie, le cinéma, les chevaux, la lecture et sa famille.
Sais-tu que le premier livre que j'ai acheté, j'avais 50 ans ! Quand je partais en vacances, il me choisissais les livres. Il me disait : "Lis ça...". La première fois j'étais désemparée pour le choix et j'ai pensé très fort à lui. Je crois ne pas m'être trompée.
Aujourd'hui, je parle beaucoup avec lui... Et il me répond.
Tu étais donc très proche de lui...
Oui, nous nous téléphonions deux fois par jour lorsque nous ne nous voyions pas. Nous avions de longues conversations mais nous pouvions aussi avoir de longs silences complices.
A la maison, nous ne parlions jamais métier. Il est toujours près de moi et continue à me guider..."

Photos :
1. L'équipe organisatrice
2. Claude Pinoteau
3. Georges Lautner
3. Alain Jaubert, conseiller municipal avec Philippe Caroit
5. Sereine rencontre avec Elsa Lunghini
6. Jean-Louis Gourjon avec Mylène Demongeot
7. Jean-Pierre Castaldi a su apprécier le vin de Maravenne !
8.Shaya Lelouch, Marie-Sophie L, Jacques Hansen... Retrouvailles de comédiens
9. Rémy Julienne et Michel Pellegrino, adjoint à la Culture
10. Le jury sur les marches du Casino
11. Franck Pardo, créateur du festival avec le trio Pinoteau-Lautner-Guybet
12. Le maire, Jacques Politi, remet la médaille de la ville à Georges Lautner, en compagnie de Venantino Venentini et de Marie-Claude Magne...
13... Idem pour Claude Pinoteau avec André Cicoletta
14. Le bel orchestre d'André Cicoletta
15. Les jurés et les lauréats

Un reportage de Monique & Jacques Brachet |