NINA HAGEN : UNE ICÔNE PUNK SUR LA SCENE CANNOISE

Belle programmation pour cette rentrée musical : « La » Nina Hagen en personne !
Elle arrive la « Mädchen » made in Berlin, dégaine à la « Fifi Brindacier » avec ses couettes haut-perchées de chaque côté de la tête, sa jupette plissée noire, et ses collants noirs. Icône punk des années 80, elle n'a rien perdu de son charisme, ni de sa dimension provocatrice à laquelle elle ajoute une dimension spirituelle. Eh oui, la « Môme Hagen » ne cache pas son amour de la paix, pas seulement intérieure mais dans le monde en général et à plusieurs reprises dans son spectacle, elle évoque la cruauté du monde actuel.
Avec son dernier album, « Personal Jesus » dans lequel elle reprend des grands tubes du gospel noir-américain, sa voix profonde et puissante fait merveille. La punk attitude n'empêche pas l'amour pour Jésus et une musique dédiée à la paix et à l'amour de son prochain !
L'essence de la musique gospel alliée à sa voix si particulière et sa présence magnétique magnifient les titres interprétés ((Mean old world », Sometimes , I ring up Heaven » morceau très blues, I'll live again, Just a little talk with Jesus)
Quelques morceaux punk aussi pour que le public se rassasie et que l'on n' oublie pas les origines de sa popularité.
Entre guitares écorchées, sons rauques et rock tout droit échappés du « coffre » de Miss Hagen et des passages gospel blues où l'émotion transmet des messages d'amour, la chanteuse reste hors norme, son talent est une réalité, elle peut tout se permettre dans les graves et les aigus !
C'est aussi une femme au grand cœur qui respire la générosité, souhaitant un monde meilleur en toute sincérité. Son show est à son image: inclassable, intemporel et généreux !
Un beau moment à vivre.
The original Blues Brothers Band : ils ont mis le feu !
Du gospel, nous arrivons tout naturellement au Blues Brothers Band avec un orchestre joyeux où bonne humeur et professionnalisme règnent en maîtres. On ne peut pas s'empêcher de penser au film du même nom qui a tant « secoué » les écrans dans les années 80, réalisé par un maître du genre, John Landis. Les comparses John Belushi et Dan Acroyd y jouent le rôle de deux frères qui recréent un orchestre de blues afin de financer un orphelinat pour le sauver. Or la bande son de ce film restera dans les annales; entre des interprètes comme Aretha Franklin,( « Think »), James Brown (pour le passage de gospel dans l'église), Cab Calloway, ou encore Ray Charles et des morceaux mythiques, le succès était prévisible. Le fameux orchestre original qui a inspiré le film s'est donc produit sur la scène cannoise pour le plus grand plaisir de tous. Tout y était : « Peter Gunn theme », « Gimme some lovin » ', « Sweet Home Chicago », « Jailhouse Rock », « Minnie the Moocher », et le fameux « Everybody needs somebody to love » ! Rythmes endiablées, trompettes en délire, saxos frénétiques, un groupe talentueux avec des interprètes en costards, cravates et chapeaux noirs font revivre les meilleurs morceaux blues et jazz-rock qu'on puisse imaginer.
Le public n'a pas boudé son plaisir, loin de là ! De nombreux spectateurs se sont levés pour chanter et danser. Le spectacle fut une grande fête bon enfant qui termine en beauté les concerts de Septembre cuvée 2010, une fois de plus placés sous le signe de la qualité et du partage.
A l'année prochaine, donc pour d'autres aventures musicales.
I.Giulietti |