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Fnac Toulon - Du 1 er octobre 2006 au 9 janvier 2007
50 ANS DE POSITIF
Photographies de Nicolas Guérin

Nicolas Guérin est né en 1970. Il a étudié le cinéma à l’université et soutenu une maîtrise sur l’œuvre de Maurice Pialat sous la direction de Vincent Amiel, rédacteur de Positif. Il rencontre Jean Gili et Christian Viviani, membres actifs de la revue à l’occasion de son service national, effectué à la Cinémathèque Universitaire. Fidèle lecteur de Positif, c’est de sa propre initiative qu’il propose sa collaboration à la revue. En mai 2000, il accompagne Michel Ciment et Hubert Niogret lors d’un entretien avec les frères Coen pour sa première prise de vue. En avril 2002, il photographie Isabelle Huppert pour une première de couverture de Positif.
En hommage au cinquantenaire de Positif, 50 ans de ses portraits sont exposés au Festival de Cannes 2002, avant les expositions de l’Institut Lumière à Lyon, du Festival de La Rochelle du Festival du Film Français de Yokohama, à l’Institut Français de Madrid et au Forum des Images de Paris. L’exposition est également présentée dans le réseau des Galeries photo de la Fnac.
Son travail est diffusé par l’agence MPA.

Cinquante années séparent la naissance à Lyon, de Positif, revue de cinéma crée par un groupe d’amis, amateurs au sens noble, qui voulaient parler du cinéma autrement que la critique de leur époque (esthétiquement, moralement, politiquement), et la persistance aujourd’hui à Paris d’un mensuel dont les principes fondateurs n’ont pas été oubliés.

De 1952 à 2002, les strates successives des nouvelles générations de collaborateurs, le refus du parisianisme et des modes passagères, la permanence d’un « amateurisme » par peur des compromis professionnels, une ouverture permanente vers l’étranger qui va de pair avec la défense d’un cinéma hexagonal quand il se justifie, un refus de toutes les catégories et classifications notamment de genres, une sensibilité plutôt ancrée à gauche dans une conception très globale (tous les courants de gauche se croisent à l’intérieur du groupe des rédacteurs), ont contribué à confirmer Positif, comme une des revues incontournables du paysage cinématographique.

Très rapidement, dès son numéro 3 avec John Huston, Positif s’est intéressé à publier des entretiens avec des cinéastes dont elle défendait l’œuvre, qu’elle voulait faire découvrir. La tradition de l’entretien s’est amplifiée et chaque numéro en comporte désormais plusieurs. Depuis deux ans, le photographe Nicolas Guérin, cinéphile passionné, collabore avec Positif et s’efforce d’être présent avant ou après les entretiens pour réaliser un portrait du cinéaste soumis aux questions. Mais parfois dans ses voyages, Nicolas Guérin « rattrape » des réalisateurs quand il n’était pas présent pour l’interview. En raison des indisponibilités, maladies, téléphones indisponibles, voyages des uns ou des autres, implications dans des tournages éloignés, les rencontres n’ont pas toujours pu se «reconstituer».

A l’occasion du 50e anniversaire de notre revue, nous avons choisi de ne présenter qu’une centaine de portraits de cinéastes réalisés par Nicolas Guérin. Certains ont déjà été publiés dans Positif, mais d’autres sont inédits. Ils ont presque tous été réalisés dans les deux dernières années.

Nous avons choisi de les publier suivant un ordre qui est à peu près celui de l’apparition significative de ces cinéastes dans Positif : leur « entrée en scène » en quelque sorte ! Il n’est donc pas étonnant que l’ouvrage s’ouvre avec un portrait de Michelangelo Antonioni, présent dès le n° 16 avec Femmes entre elles, et d’Alain Resnais, dont Nuit et brouillard fait l’objet d’un texte critique dans le même numéro et se clôt sur Elia Suleiman dont Intervention divine découvert lors du dernier Festival de Cannes est présent avec une critique et un entretien dans notre n° 500. Nous laisserons le soin aux lecteurs de cet ouvrage de découvrir quand certains cinéastes – d’abord américains, mais aussi asiatiques plus récemment – ont commencé à faire l’objet d’études dans Positif, bien avant que des revues concurrentes tentent de se les approprier. Plus globalement il est possible de retrouver dans cette succession non-alphabétique de cinéastes les mouvements de l’Histoire du cinéma sur cinquante ans, l’apparition de vagues successives en France et dans d’autres pays, le maintien en activité des cinéastes qui ont fait la gloire des années cinquante, comme de l’émergence de nouveaux cinéastes. Les noms des plus jeunes sont encore peu familiers aux lecteurs mais leur personnalité est suffisamment forte pour que malgré le peu de films qu’ils ont réalisés un pari soit établi sur leur place dans le cinéma d’aujourd’hui et de demain. Leurs portraits alternent avec leurs aînés mais augmentent évidemment en nombre dans la chronologie des photos. Dans cet entrecroisement des générations on retrouve toute la cinématographie mondiale telle qu’elle occupe les écrans des salles de cinéma ou les pages de Positif : Clint Eastwood mais aussi Jia Zhang-khe, Claude Chabrol tout aussi bien que Paul-Thomas Anderson, Jane Campion et Andrzej Wajda également sur leurs plateaux de tournage. Cette diversité représente évidemment nos choix critiques.

Malgré les manques évidents de cette liste pour l’équipe de Positif (de Chris. Marker qui refuse de se faire photographier à Hayao Miyazaki en voyage au Tadjikistan quand Nicolas Guérin passe par Tokyo, de Ingmar Bergman rétif aujourd’hui aux séances de pose à Quentin Tarantino qui est à Beijing quand Nicolas Guérin est à Los Angeles, et quelques autres…), la centaine de cinéastes présents dans cet ouvrage, du doyen d’âge Manoel De Oliveira (doyen de Positif en quelque sorte puisqu’il est évoqué dès le n° 4 dans un article sur le Cinéma portugais) aux trentenaires qui apparaissent dans nos derniers numéros qu’ils soient britanniques, argentins, ou chinois, des auteurs de films longs métrages de fiction aux films documentaires, tous reflètent assez bien ce qui est toujours aujourd’hui notre ligne de conduite, la passion du cinéma.

Hubert Niogret
Rédacteur de Positif
© 2005 Evasion Mag