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GO FAST… AU CŒUR DU TRAFIC
LE SECOND FILM D’OLIVIER VAN HOOFSTADT A 200 A L’HEURE !

Que voilà un bon film de rentrée, entre polar et film d’action !
Une vraie histoire revue et corrigée par trois personnages passionnés de films policiers : Emmanuel Prévost, qui est aussi le producteur, qui a été bercé et fou de ce type de films et a fait ses preuves au service cinématographique des armées, Bibi Nacéri (le frère de…) qui sait de quoi il parle dans la mesure où il a vécu dans ces quartiers ghetto où tout se trame et Jean-Marc Souvira qui a apporté le côté crédible du film puisqu’il est commissaire divisionnaire au sein de la police judiciaire.
Tous trois se sont donc mis au travail autour d’un scénario de 30 pages et d’un livre signé de Bruno di Maio qui fut go faster.
Alors qu’est-ce qu’un go faster ? C’est toute l’histoire de ce film dont le rôle principal, Marek, est tenu par Roschdy Zem, beau comme un camion, sombre et fermé comme une huître et jusqu’au boutiste car il a été formé pour infiltrer un gang importateur de cannabis de l’Espagne en France en passant par le Maroc, grâce à des bagnoles de folie appelées go fast aussi rapides que chargés de drogue. Officier de police, il a perdu son ami dans une opération et décide de le venger.
A partir de là on part sur une histoire filmée à 200 à l’heure avec poursuites et cascades parfaitement maîtrisées. Une histoire sans vraiment de suspense mais qui vous tient jusqu’au bout tant la réalité dépasse la fiction, avec en prime, en guest star, Olivier Gourmet qui, hélas, disparaît très vite et la belle et lumineuse Catalina Denis dont c’est le baptême du feu.
A peine sortis de ce film qui vous assène un vrai coup de poing frontal, nous nous retrouvons dant une tout autre ambiance, au bord de la plage avec Roschdy Zem, toujours aussi beau mais très souriant, Catalina, venue d’Aix-en-Provence où elle habite en ce moment, qui a rendu terne un soleil pourtant au zénith et le volubile et passionné producteur-scénariste Emmanuel Prevost.
Moment de charme et de sympathie avec ces trois personnalités aussi différentes qu’intéressantes.

Bien sûr au départ, n’étant que des hommes pour cette rencontre presse, nous avons tous les yeux vrillés sur la belle Catalina qui nous raconte son jeune chemin dans un parfait français aux accents ensoleillés de son pays (Elle parle colombien, français, anglais, espagnol et italien !) :

« Je suis Colombienne et comme j’adore les voyages, j’ai choisi de devenir mannequin. J’ai ainsi voyagé deux ans dans tous les pays du monde mais j’ai très vite compris que là n’était pas mon destin. Je commençais à m’ennuyer à poser des heures sans parler. J’ai besoin de communiquer et dans ce métier c’est plutôt « sois belle et tais-toi ». Je suis bien entendu venue à Paris car c’est le passage obligé pour la mode et j’ai eu envie de tenter le casting de ce film.
Dès qu’Olivier m’a vue il a été très réticent : j’étais trop propre, trop souriante, trop nette pour le rôle qui se veut être un rôle fort, assez sauvage… Mais je me suis battue, accrochée jusqu’au moment où il m’a dit : « Tu reste chez toi une semaine sans te laver les cheveux et tu essaie de trouver des vêtements pas très reluisants… On verra »
Et j’ai eu le rôle au final !
Aviez-vous déjà fait du cinéma ?
Non, pas vraiment, des petites choses dans de courts métrages où je me contentais d’être moi. Mais je n’avais rien d’autre à faire, ce n’était pas de la création. Ca a été une vraie expérience et avec ce tournage, j’ai découvert ce que je voulais faire avec ma vie. Le tournage a été passionnant, Roschdy a été un vrai papa pour moi, très attentionné, très patient, très protecteur et j’ai beaucoup appris. Ca a été un véritable privilège que de me retrouver sur ce plateau. Après ça, je suis allé faire un stage à l’Actors Studio aux Etats-Unis… Je crois que j’ai trouvé ma voie et j’ai d’ailleurs déjà quelques projets.
Roschdy, le choix de ce rôle ?
Je crois que c’est évident : Ce film sort vraiment du formatage des films d’action. Il y a tous ces plans courts et rapides, ces poursuites superbement filmées et beaucoup de gros plans, une composition importante du personnage… Je recherche toujours des films où je peux me remettre en question, me renouveler, me lancer de nouveaux défis aussi bien physiques qu’intellectuels. C’est ça qui est passionnant dans ce métier. Et en plus, j’ai vraiment envie de m’amuser, ce qui a été le cas sur ce film, même s’il a demandé une partie physique très fatigante, beaucoup d’énergie et d’endurance.
J’arrive sur un film chargé en émotion et en technique et je donne ce que veut le réalisateur, je suis à sa disposition et je veux vivre une découverte. Je ne connaissais ni le maniement des armes ni les voitures rapides. Je me suis beaucoup entraîné et après je travaille à l’instinct avec tout ce que j’ai pu prendre et apprendre avant le tournage.

Etes-vous un comédien docile ?
Bien sûr, c’est le réalisateur le maître du jeu. Il se trouve qu’Olivier travaille aussi beaucoup à l’instinct. Il a sa base de travail, il sait ce qu’il veut mais en même temps, il travaille comme un peintre, en ajoutant tous les jours une petite touche en fonction de ce qui se passe sur le plateau. Il fonctionne un peu au flair. C’est vrai qu’au début j’étais un peu inquiet mais sa façon de procéder m’a très vite plue…
Chaque héros doit avoir une faille… Vous, dans le film, c’est l’eau !
Et le plus drôle – enfin, façon de parler ! – c’est que j’ai vraiment la phobie de l’eau et lorsqu’on a cherché la fameuse faille, elle était là, toute prête. Et croyez-moi, j’ai vraiment souffert dans cette piscine… Là je ne jouais pas et ça se voit ! Par contre, si aujourd’hui je ne nage toujours pas, au moins je ne coule plus !
Emmanuel Prévost, on sent dans ce film, un peu la patte d’un Melville…
C’est très flatteur pour nous, merci ! On a surtout essayé d’être sobre et de montrer un vrai héros de roman policier, qui plus est, français. 20 ans de polar et de policiers maniaco-dépressifs qui boivent comme des trous, il fallait en sortir ! Et Roschdy correspondait vraiment à ce qu’on cherchait. On voulait aussi être au plus près du réel sans tomber dans le documentaire mais aussi avec une problématique intellectuelle sans que ça fasse trop « cinéma »… On était sur un fil. Il était donc important de s’ancrer dans le réel afin d’avoir une démarche de véracité. C’est pour ça qu’on a vraiment tourné dans les lieux de l’histoire. Ce ne sont pas des décors reconstitués, c’est vraiment Clichy, c’est le vrai Maroc et les champs de cannabis… Il fallait vraiment immerger l’histoire dans ses vrais lieux. C’est, je crois, ce que ressent le spectateur en voyant ce film  même s’il ne connaît pas ce milieu.
Il y a une véracité, une crédibilité.
Travailler à trois sur un scénar, comment ça se passe ?
Souvirat nous a pondu trente pages mais après, n’étant pas scénariste, il lui fallait quelqu’un et comme je suis passionné de polars j’avais envie d’écrire. J’ai écrit deux versions mais je trouvais que ça manquait d’arrondis, j’avais envie d’avoir l’avis de quelqu’un qui pouvait nous apporter des idées sur le côté adverse. Est alors intervenu Bibi et l’on a écrit une troisième version. Ca a été un vrai travail de fond et, comme je suis très maniaque, j’ai té très chiant durant le tournage, sur tous les détails !
Roschy, vous voilà à près de 40 films, à des prix et des récompenses et aujourd’hui les films reposent sur vous…
Comment appréhende-t-on cet état ?

Pas trop mal ! Je m’étais toujours dit que ce métier deviendrait intéressant pour moi aux alentours de mes 40 ans. J’ai commencé à 25 ans aujourd’hui j’ai la maturité, les fameuses failles et blessures de la vie, j’ai un vécu, j’ai confiance en moi et comme j’ai su être patient, ça commence à payer.
C’est un métier où l’on est à la merci du désir d’un producteur, d’un réalisateur et il faut donc avoir tout ça en soi mais être aussi au bon endroit au bon moment.
Le théâtre a été pour moi une bonne école… tout comme le marché aux puces qui vous apprend à vous extérioriser.
Alors c’est vrai qu’aujourd’hui j’ai un choix plus ouvert de propositions mais il faut aussi savoir qu’il y a beaucoup de déchets dans ce qu’on me propose. Et s’il y a deux propositions intéressantes par an c’est déjà bien !
Il faut du discernement, du flair et surtout avoir l’intelligence de savoir dire non et de ne pas faire un film pour plaire au public ou au réalisateur. Même si l’on a envie d’être aimé par les deux ! Il faut un coup de cœur aussi…
Il faut finalement beaucoup d’ingrédients pour faire un choix sans se tromper. Par contre, il faut bannir toute forme de stratégie dans ce métier, ne pas être attiré par des propositions alléchantes financièrement si le scénario ne vous convient pas, ne pas être gourmand, être patient…
Il en faut, des choses et ce n’est pas si facile que ça… Mais c’est supportable ! »

Propos recueillis par Jacques Brachet

© 2008 Evasion Mag