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SIX-FOURS – LES VOIX DU GAOU
LES JOLIES SURPRISES

L’intérêt du festival "Les Voix du Gaou"et de cette magnifique programmation que nous ont concocté le directeur Rabah Houia et sa collaboratrice Karine Plumail c’est qu’aux côtés de grands noms comme Lavilliers, Bénabar, Kravitz, alpha Blondy, Grand Corps Malade et quelques autres, ils ont programmé des groupes et des chanteurs prometteurs qui méritent une large écoute et quoi de mieux que ce genre de festivals pour être tout à coup confronté à des milliers de spectateurs ?!
De plus, comme aime à l’expliquer Rabah Houia, c’est aussi pour tous ces artistes en devenir, la joie, le plaisir et l’importance de rencontrer leurs aînés, de pouvoir discuter avec des musiciens qui sont souvent de grandes pointures.
Bref, c’est un lieu d’échange musical et convivial.
Quant à nous journalistes, nous faisons aussi de jolies découvertes comme Yodelice dont je vous ai déjà dit tout le bien que j’en pensais et dont ma rencontre avec Maxm Nucci fut un très beau moment de convivialité et d’échange…

MAKALI
Il y a eu aussi cette rencontre impromptue avec le groupe avignonnais Makali qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est pas du tout africain !
Nous attendions sagement l’arrivée de Lavilliers lorsque ce groupe bien sympathique qui commence à faire parler de lui, dépassant les frontières provençales, a déboulé.
Jolie rencontre, conversation à bâtons rompus.
Ils avouent eux-même que leur seul désir est de chanter… Ils se sont regroupés grâce à la musique, entre autres le reggae mais très vite, leurs goûts musicaux se sont ouverts et mélangés, et sur des thèmes plus swing, plus folk, plus gitan, ils nous racontent de jolies petites histoires dans le droit fil de la chanson française d’aujourd’hui.
Pourquoi donc ce nom : c’est l’anagramme d’un mot arabe qui signifie « La parole ».
La parole, ils l’ont aujourd’hui puisque parmi eux il y a deux auteurs. Pour la musique, tous y participent. Il y a deux filles : Armelle et Audrey puis 5 garçons : Andréa, Rew, Nico, Cleps et Barnabé qui n’est autre que le fils d’Isabelle Adjani !
Grande chance pour eux : leur musique est partie à Hollywood illustrer le film de Ridley Scott « A good year » avec Marion Cotillard et Russell Crow, excusez du peu ! Et le générique de ce film n’est autre que leur chanson « Il faut du temps au temps ».
Le temps, ils l’ont, ils ont fait les premières parties de Raphaël ou de Yannick Noah mais aujourd’hui tout commence à s’accélérer pour ce groupe aux talents multiples qui a une pêche formidable, une belle passion de la musique qu’ils communiquent magnifiquement sur scène… A suivre !

ROKIA TRAORE
Elle est belle et est la classe et l'élégance mêmes.
Victoire de la Musique 2009 dans la catégorie « musiques du monde », elle nous emmène sur des rythmes venus de son Mali natal et son concert est basé sur la voix, la guitare, les percussions. Elle est en train de réussir une tâche difficile : se faire connaître avec cette « world music » qui n’a pas souvent sa place en télé ou sur les radios.
Sereine, souriante, on la sent décidée, déterminée :
« Réussir à se faire un nom, une carrière, avec cette musique, ce n’est pas un hasard. C’est beaucoup de travail, d’amour, de passion. Rien ne peut aller vite avec cette musique puisqu’on a du mal à se faire entendre et qu’il faut aller voir me spectacle. Donc rien n’est facile mais j’ai tout mon temps, entre autres le temps de me rappeler pourquoi je fait cette musique : par amour. Réussir est un rêve au-delà de mon ego. Réussir pour mon pays, c’est un moteur car je suis comme un étendard.
D’un autre côté, ce qui est aussi un peu compliqué c’est qu’on m’a étiquetée « world music » et c’est un peu réducteur. Je fais de la musique, c’est tout. J’ai bien sûr ma culture africaine mais je fais de la musique et j’écris les paroles en Français dont je traduis certaines ensuite. Je chante dans de nombreuses langues, j’ai même chanté en duo en portugais avec Gilberto Gil. La musique nous fait franchir les frontières et c’est vrai qu’aujourd’hui la culture africaine attire beaucoup de monde. Ca me fait plaisir car au moins, on parle d’autre chose que des guerres civiles et la musique est aussi une façon de faire passer un message.
De toutes façons, la musique, c’est ma vie ! »
Ce qu’elle a oublié de dire mais que nous dit le directeur du festival, c’est qu’après son concert au Gaou elle devait s’envoler en Angleterre pour recevoir le prix de la chanteuse de l’année !

Jacques Brachet

© 2008 Evasion Mag