AVANT-PREMIERE
FORCES SPECIALES... DE BRUIT ET DE FUREUR
UN GRAND FILM FRANCAIS
Elsa, grand reporter, est prise en otage par les Talibans en Afghanistan. Une unité des Forces Spéciales va aller la délivrer. Elle y arrivera mais devra par la suite faire un long périple pour échapper à leur poursuite. Et commence alors une aventure folle où toute l'équipe devra traverser des plaines et des déserts écrasants de chaleur jusqu'aux sommets sous des tempêtes de neige, toujours poursuivis par des meutes de Talibans qui veulent la peau de la journaliste.
Aventure dramatique où les scènes de combats sont sanglantes, où la marche vers la frontière est épuisante et où certains laisseront leur vie.
Stéphane Rybojad est lui-même grand reporter. Durant vingt ans il s'est trouvé dans des lieux dangereux caméra à l'épaule afin de témoigner. Depuis longtemps il voulait réaliser un film de fiction mais il a dû attendre l'âge de 47 ans pour y arriver.
Et ça valait la peine d'attendre, pour lui comme pour nous car il nous offre un film absolument maîtrisé, filmé remarquablement. Les paysages sont grandioses, les scènes de carnage sont d'une réalité incroyable quant à ses comédiens, ils sont tous parfaits. Une seule femme dans ce monde de mâles : la belle Diane Kruger, loin des films chics et sélects, véritable aventurière qui, au milieu de tous ces mecs, est à la hauteur et endure sans brocher les attaques, les marches forcées sous 40° ou dans les neiges éternelles.
Un grand film d'aventure digne des meilleurs films américains. Un film comme on en voit rarement (pour ne pas dire "pas") en France. Pour un coup d'essai, Stéphane Rybojad peut-être fier du résultat.
Et il nous le dit, sourire aux lèvres, lors d'une rencontre au Cercle Naval au fort St Louis, face à une mer d'huile, accompagné de trois de ses acteurs, aussi complices que sympathiques : Benoît Magimel, Marius, et Raphaël Personnaz. Curieux : ils ont tous un regard bleu, d'autant plus pétillant qu'ils sont heureux du résultats et potes à la ville comme à l'écran.

MARIUS
Le seul de la bande à ne pas être comédien.
"J'ai vu un jour arriver Stéphane pour un reportage sur les Forces Spéciales, dont je faisais partie. Je dois dire que je ne l'ai pas vu arriver d'un bon oeil, j'étais contre ce reportage. Mais peu à peu, pendant le tournage, nous avons commencé à parler et j'ai pu me rendre compte de son professionnalisme car il connaissait son sujet, notre histoire par cœur et j'ai trouvé ça rassurant. Nous sommes devenus amis et il m'a parlé de son projet d'en faire une fiction. Là encore, j'étais un peu sceptique, je trouvais le projet fou et je pensais qu'il ne le réaliserait jamais. Cinq ans après, il est revenu avec le scénario et durant les 9 semaines d'immersion à Lorient, j'ai vite été rassuré par les comédiens qui prenaient vraiment leur rôle à cœur et qui désiraient connaître les moindres détails de notre vie. J'ai rencontré des hommes plein d'humanité, qui avaient un grand respect de nos valeurs et l'amitié s'est vite installée. Ils étaient intégrés. Et lorsqu'il m'a proposé de jouer un rôle dans le film, j'ai dit oui !
STEPHANE RYBOJAD
Pour moi, faire un film pareil, c'était très difficile à réaliser. Je ne suis pas à mon premier projet avorté et je savais qu'il coûterait cher. D'ailleurs, si nous n'avions pas eu Studio Canal, on n'aurait pas pu le monter. Et puis, le cinéma français n'est pas habitué à ce genre de film car il n'a rien où se raccrocher par rapport à des films de guerre, surtout que c'était un film à l'actualité brûlante et que ça se fait rarement en France. Ca se fait aux Etats-Unis mais nous, d'habitude, nous attendons des décennies pour faire un film portant sur ce genre de sujet. De plus, je voulais, pour que ce soit crédible et réaliste, que les comédiens que j'avais chois s'immergent totalement dans la vie de ces hommes qui, quelque part, sont des héros. Voilà pourquoi nous nous sommes retrouvés à Lorient et là, ils m'ont impressionné car ils sont entrés dans leur rôle avec une efficacité étonnante, ils sont devenus militaires à part entière et ont vécu comme eux, même durant tout le tournage qui était très physique et très difficile. Passer de 40° et plus à -40, pour des comédiens ça n'est pas un film de tout repos... Encore moins pour une comédienne !. Mais il y avait entre eux une force, une cohésion, une vraie amitié et le tournage s'est vraiment bien passé.
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BENOIT MAGIMEL
Il oublie de dire que le soir, après le tournage, nous nous retrouvions tous... dans un dortoir ! Pas d'hôtel 4 étoiles. On a vraiment vécu la vie des soldats avec tout ce que ça comporte de ronflements, d'odeurs de pieds... etc. Heureusement il y avait une vraie complicité entre nous et beaucoup d'humour et de rires qui font passer beaucoup de choses. Nous étions tous dans la même galère et chacun aidait l'autre, était attentif à l'autre. Le stage nous avait beaucoup réunis et c'était une prolongation de ce que nous avions vécu. Dans la chambrée, ça n'était pas triste !
Par contre, on a essayé d'être crédible tout en étant sidérés de voir des hommes capables de vivre des choses incroyables, quelquefois surhumaines. C'était quelquefois difficile car très loin de nos références d'acteurs, ce n'était pas naturel pour nous et c'était beaucoup plus physique qu'intellectuel.
RAPHAËL PERSONNAZ
Sortant du film de Tavernier "La princesse de Montpensier", me retrouver au milieu de ces hommes au tempérament bien trempé m'a quelque peu surpris et j'ai mis quelque temps à revenir sur une réalité plus terre à terre ! Dans le film, je suis le petit nouveau qui doit faire ses preuves et j'avoue que je suis celui qui a le plus couru !
La difficulté était d'être un jour dans des lieux où la chaleur est accablante et de se retrouver en quelques jours à 3500 mètres avec la neige, le froid, la tempête et le manque d'oxygène. Un matin... très, très tôt, Stéphane est venu me réveiller pour me monter à 5000 mètres. Là il m'a dit : "Maintenant, tu cours" ! Quand on fait ça et qu'on voit que les soldats, eux, le font sans problème, une seule idée vous vient à l'esprit : demain, j'arrête de fumer !
DIANE KRUGER, vue par Benoît MAGIMEL
C'est une comédienne magnifique et une femme formidable. Tous les militaires étaient à ses pieds ! Elle est très pugnace et a vécu l'aventure comme nous, sans jamais se plaindre en se vantant que c'était moins difficile que pour nous alors qu'elle a vécu la même chose. Le soir, elle s'occupait de nous, elle parlait avec nous et soignait les bobos des acteurs... Elle était très maternelle. Elle a vraiment été aussi rustique que nous, elle faisait partie intégrante du groupe et on ne l'a jamais vue demander quelque chose de plus que ce que nous avions, sous prétexte qu'elle était la seule femme. Nous étions vraiment un groupe soudé.
STEPHANE RYBOJAD
J'ai tourné ce film dans le même esprit que les Forces Spéciales : partir pour réussir une mission. Evidemment, il y avait moins de danger au bout mais c'était une bataille à gagner. Et nous faisions une vraie équipe avec les soldats. D'ailleurs, deux d'entre eux qui étaient avec nous, sont morts quelque temps après le tournage du film, en Afghanistan. Ils étaient des nôtres...

Tout cela fait que le film est formidable, même si ce ne fut pas pour eux une promenade de santé. Sans compter que, lorsqu'on sait qu'un montage de film se fait avec quelque 800/900 plans, Stéphane nous avoue qu'il avait à sa disposition... 3100 plans... Là encore, pas un travail de tout repos. Mais la réalité est là et le résultat est remarquable. Un grand beau film à ne pas rater.
Propos recueillis par Jacques Brachet |