UN VENT DE FOLY A RAMATUELLE
Pour démarrer son premier festival de Ramatuelle, 24 ème du nom, Michel Boujenah, nouveau directeur artistique, ne pouvait rêver meilleure affiche puisque étaient réunis en un seul et même lieu et au même instant Barbara et Véronique Sanson, Line Renaud et Muriel Robin, Elie Kakou (du moins… son attachée de presse !) et Fanny Ardant, Sylvie Vartan et Sheila, Birkin et Gréco, Ségolène et Carla, Bardot et Moreau, Dalida et Orlando… et je vous en passe, la liste est longue !
Par quel miracle tout ce beau monde – dont certains ne sont plus là ! – étaient-ils réunis ? Tout simplement par la magie et le talent d’une certaine chanteuse de bal nommée… Liane Foly.
Eh oui, un One Foly Show - avec ses deux complices musiciens les frères d’Angelo - nommé « La folle parenthèse » qui pourrait, vu son succès, ne pas être qu’une parenthèse mais se reproduire souvent et longtemps !
En effet, quel abattage Liane nous balance sur scène avec ce show à cent à l’heure, avec sa gouaille naturelle, son humour et en nous offrant, entre deux parties de rigolades, des moments d’émotion extrême… Barbara… Saisissant. On la croyait encore là ! Moreau, sublime, Elie Kakou entre drôlerie et tendresse… Bref, le festival ne pouvait mieux débuter et pour le public et surtout pour un Boujenah heureux et ému qui, dans les coulisses, n’en menait pas large ! Mais il a réussi une rentrée magnifique, d’autant que la veille, il recevait la productrice Anne Barrère qui nous offrait, au profit de l’association « cent pour sang la vie » et une belle cause : la lutte contre les leucémies, un show du rire absolument superbe où les deux Michel (Boujenah et Leeb) furent irrésistibles et où Liane participait le temps de quelques imitations et d’un duo de charme avec Leeb sur la chansons de Mike Brant « Dis-lui ». Vous verrez d’ailleurs ce show à la télé à la rentrée. Il y avait également Michaël Grégory et sa voix étonnante qui fit un tabac, Maxime, Roumanof irrésistible, Denureau, Armelle, Tex, Jérôme Commandeur, Arthur et quelques autres….
Bref, revenons à Liane qui donc, durant trois jours, s’est installée à Ramatuelle pour en être la star de deux soirs. Une Liane toujours adorable et souriante, lorsque son entourage lui en laisse le temps car, comme beaucoup d’artistes aujourd’hui, les approcher devient le parcours du combattant !
Rendez-vous à 17h, repoussé à 18h avant qu’on nous annonce qu’à cause de quelques aléas de ce dur métier on ne la verrait arriver qu’à 19h30 ! (En réalité j’ai cru comprendre que l’aléa en question était simplement… la mer !).
Arrivée à 19h30 mais… répétition oblige… Alors, si on se voyait plutôt après le spectacle ? Au moins on pourrait en parler… Pourquoi pas ? Patient et gentil j’acquiesce en me disant que je ne suis pas encore rentré à Toulon !
En attendant, interdiction d’assister aux répétitions, pas de photos et même durant le spectacle, au bout de dix minutes on est venu nous interdire les photos ! Dur métier !
Bref, j’ai perdu cinq heures pour m’asseoir enfin à 22h et voir ce spectacle. Mais je vous avouerai que le spectacle valait le déplacement et que j’ai vite oublié mes heures d’attente.
Attente qui se prolongea donc après le spectacle puisqu’elle devait reprendre son souffle avant d’accueillir quelques personnalités venues l’applaudir : la fidèle Brigitte Fossey, le bel Orlando, Anne-Marie Philipe toujours aussi belle, accompagné de son époux, le journaliste et auteur Jérôme Garcin….
Entre deux coupes de champagne, nous nous sommes retrouvés dans le couloir pour une interview express :
« Liane, il y a longtemps que la chanteuse que vous êtes porte ce projet en elle ?
Il y a surtout longtemps que je fais des imitations. Durant longtemps aussi, ma maison de disques ne voulait pas en entendre parler ni mêler les deux. Jusqu’au jour où j’ai décidé de le faire quand même. J’ai donc essaimé quelques imitations dans mon tour de chant et c’est finalement, sur les conseils et l’insistance de Jean-Claude Brialy, que j’ai décidé de faire cette « Folle parenthèse ». Le soir où je suis venue chanter à Ramatuelle, au souper qui a suivi il m’a dit : « Tu devrais monter un spectacle de ces imitations, ce serait formidable et je t’assure que je te fais venir à Ramatuelle ». Et voilà !
Vous avez mis longtemps à monter ce spectacle ?
Trois mois. Après ma tournée en tant que chanteuse je me suis mise au boulot pour monter une histoire qui ait une cohésion, un fil rouge. Le fil rouge, c’est Muriel Robin car tout tourne autour d’elle…
Le choix des voix ?
Partant de l’univers de Muriel, j’ai pris beaucoup d’amies à elle, à nous car nous avons plein d’amies en commun.

N’avez-vous pas eu peur de franchir le pas ?
Non car pour moi ce métier est le plus beau du monde et comme je suis une passionnée, aussitôt je fonce. Que je chante ou que j’imite, c’est moi, ça fait partie de moi. Je suis aussi concentrée sur le tour de chant que sur ce show et comme j’aime ce que je fais, j’y vais avec la même joie.
N’avez-vous pas eu peur de perdre votre public ?
J’avoue que je n’y ai pas pensé… Et j’ai eu raison car il a suivi, il a bien réagi et par contre aujourd’hui, je crois avoir élargi ce public. Je le vois. Il y a un public plus familial.
Qu’est-ce qui est le plus dur pour vous : la chanson ou le show ?
Aucun des deux car je fait chaque chose avec la même énergie, le même plaisir. C’est bien sûr très différent, peut peut-être qu’avec le show je fatigue un peu plus la voix, à force d’en changer et de parler. Je dois la faire reposer un peu plus.
Reviendrez-vous à la chanson ?
Bien sûr, certainement, même si cette folle parenthèse a l’air de prendre des proportions inattendues. Donc, pour le moment, pas de disque, pas de tour à l’horizon. Par contre, le 23 octobre sort un double DVD de ce spectacle.
Ce spectacle vous a donné envie de « faire l’actrice » ?
Il y a longtemps que j’ai cette envie et j’ai été heureuse de jouer dans le film de Pierre Jolivet « Je crois que je l’aime ». Il y a d’autres projets dans l’air mais rien n’est encore définitif ou signé… Mais j’aime aussi « faire l’actrice », ça se rapproche beaucoup de ce que je fais en ce moment !
Vous serez le 2 décembre au Théâtre Galli de Sanary… C’est un peu votre région ?
Oui, dans la mesure où mes parents ont longtemps habité à la Seyne et où j’ai encore de la famille disséminée entre La Seyne, Sanary, Six-Fours où, justement, alors que j’étais très jeune, j’ai fait mon premier concert au Miami, sur la plage de Six-Fours ! Et puis, comme Hélène Ségara, j’ai écumé les pianos-bars et les petites salles de spectacles. Je n’ai hélas pas beaucoup de temps pour revenir dans cette région. Heureusement, de temps en temps il y a une étape…
Le trac, lorsqu’il y a la famille dans la salle ?
De toutes manières, j’ai toujours le trac ! La famille n’y change rien… Il y a peut-être – certainement, même – un peu plus d’émotion. »
Jacques Brachet |