TOULON, 16,17,18 NOVEMBRE : FÊTE DU LIVRE... 11ème !

C’était il y a 11 ans à Toulon. Un souffle de folie passait sur cette ville et, dans des circonstances très difficiles, Hubert Falco alors Président du Conseil Général du Var, décidait de créer en 97 cette fête du livre « En toute Liberté » pour les raisons que l’on sait. C’était un pile ou face. C’était une fête alors militante. C’était une fête populaire ouverte à tous. C’était peut-être un coup de folie qui retomberait, une fois les esprits calmés et certains politiques chassés…
Ce fut un succès. Ce fut une vraie fête et, 10 ans après, cette fête voyait se concentrer sur Toulon une centaine d’auteurs venus de tous horizons, tout comme le public puisqu’il y eut l’an dernier quelque 53.000 visiteurs.
Ce qui prouve que le Var n’est pas un tel désert culturel qu’on ne le croit, que les Français aiment et savent lire et que cette fête leur donne encore plus l’envie de lire. Comme le soulignait Horace Lanfranchi, Président du Conseil Général du Var, l’amour du livre, ça se cultive. Et il sait de quoi il parle, lui qui a enseigné le Français durant 38 ans avec une grande passion. Et il suffit, pour s’en persuader, de voir qu’aujourd’hui les Varois ne s’exportent pas seulement dans le commerce mais dans la culture aussi..
Ce que ne partage pas vraiment Mme Paule Constant, écrivain, prix Goncourt 98, mais aussi cette année présidente du jury des lecteurs du Var :
« J’ai – nous confie-t-elle – beaucoup de crainte quant à la langue française qui se porte mal, tout comme la littérature française qui s’exporte de plus en plus mal à l’étranger. Donc aujourd’hui, tout ce qu’on pourra faire pour fortifier l’une et garantir l’autre, est un mouvement nécessaire. Bénévoles, bibliothèques, médiathèques, professeurs, politiques… tous doivent s’unir pour la défense de la langue française. Sur cette Fête du livre, nous avions en Yves Berger un être généreux et ardent défenseur de notre langue. Il faut donc suivre sa route et notre devoir et de continuer son œuvre, ce que je ferai toujours de toutes mes forces. C’est de la langue que partent les idées. C’est pour cela que j’ai accepté avec joie d’être cette année, la présidente du prix des lecteurs du Var. Prix qui a été attribué à Milena Agus pour son livre « Mal de pierres » (Ed Liana Levi). C’est un livre assez subtil, un roman sur trois générations : la grand mère, le père, la petite fille., à l’époque où une femme était enfermée dans des carcans et n’avaient pour refuge que le rêve et la lecture ».
On retrouvera bien sûr Paule Constant à cette Fête du livre qui, comme les autres années, est ouverte sur la Méditerranée et plus particulièrement cette année sur les Horizons Lointains qui nous font tant rêver même si, ajoute Horace Lanfranchi, ces horizons se rapprochent de plus en plus de nous grâce aux moyens de locomotion et de communication.
La Méditerranée est le cheval de bataille, la grande passion d’Hubert Falco, sénateur maire de Toulon et dès qu’on parle de Toulon « la troisième rade du monde », il s’emporte :
« La Méditerranée, c’est notre histoire, notre présent, notre avenir. La fête du livre, créée dans des conditions bien improbables, s’est retrouvée à Toulon au pied de la Méditerranée grâce à la Marine qui fait partie de notre histoire. Vous étiez là, les plus grands étaient avec nous et grâce au Ciel, on a pu pérenniser cet événement.. il était donc normal que ce moment important de la vie toulonnaise soit tournée vers la Méditerranée. Lors de la venue de M Sarkozi, qui n’était pas encore notre président, il a eu cette phrase sublime : « l’avenir est au Sud ». Et je veux bien partager avec lui cette phrase… »
Arthur Puecht, vice-président du Conseil Général, maire de la Seyne sur Mer, qui n’est pas méditerranéen, nuance ces phrases passionnées et ajoute qu’il est heureux que, sur un tel événements réunissent un public à la fois populaire et culturel.
« Les Varois – dit-il – sont devenus des lecteurs enthousiastes et assidus parce que cette fête leur a donné envie d’aller vers les auteurs et donc, vers les livres ». Il animera lui-même une conférence sur Malraux auquel on rendra hommage durant cette fête, Salle Mozart tout le vendredi. Il ajoute aussi sa joie de voir que le prix de la nouvelle ait pu interpeller quelque 500 auteurs en herbe et parmi eux, de futurs grands écrivains.
La Marine, parie prenante de la manifestation depuis 1991, a créé le prix Encre Marine , présidé par le Préfet Maritime, prix récompensant un auteur célébrant la mer et mettant en valeur les thèmes liés à la mer et au monde maritime, civil ou militaire. Cette année, le prix a été aussi dévolu à une femme : Gaëlle Nohant pour son livre « L’encre des rêves ». Le prix sera remis à sa lauréate lors de la cérémonie d’inauguration le vendredi 16 novembre à 15h sous le chapiteau place d’Armes.
A noter encore qu’outre tous les écrivains qui seront présents cette année (voir liste www.var.fr), de nombreuses manifestations, expos, conférences, rencontres, ateliers d’écriture sont prévus sur la Fête., dont trois tables rondes regroupées sous le thèmes des horizons : Scientifiques et écologiques, géopolitiques, culturels animées par des auteurs et des spécialistes. Le vendredi sera la journée des collèges du Var au cours de laquelle devrait participer 69 collèges et 1500 collégiens varois. Le prix des collégiens varois sera remis à cette occasion.
Spirou et Fantasio seront les héros de la fête de la BD, qui fait aujourd’hui partie intégrante de la littérature. Ils y fêteront leurs 50 ans d’existence…. Ca ne nous rajeunit pas !!!
Avoir un prix littéraire à Toulon est toujours un événement et nous aurons cette année Gilles Leroy, prix Goncourt 2007 qui sera parmi nous.
Bref, 2007 va encore être un sacré bon millésime pour une fête qui a aujourd’hui pignon sur rue à Toulon et qui est devenu un événement incontournable.
Jacques Brachet
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