9ème MONTE-CARLO FILM FESTIVAL DE LA COMEDIE
Le lieu: Grimaldi Forum à Monte-Carlo
La durée: 4 jours
La compétition: 3 films par jour
L’accueil: sympathique et chaleureux. " A l’Italienne" puisque ce sont nos voisins transalpins qui sont les organisateurs de ce festival. "Open-bar" permanent! Spécialités locales: Asti, cappuccino, et salé/sucré.
L'histoire: Créé en 2001 par Ezio Greggio, acteur et célèbre présentateur de la télévision italienne et par Mario Monicelli père de la comédie italienne.
Haut patronage de la principauté et de S.A.S. Prince Albert II de Monaco.
Le thème: La comédie. Rien de plus difficile car tout le monde sait qu'il est plus facile au cinéma de faire pleurer que de faire rire.
La Comédie à "l'italienne": Les Italiens eux-mêmes ont du mal à la définir..! Alors la variété est grande entre les films d'humour, les satires, les histoires de passion, les histoires tendres…
Le but: Le sourire dans l'âme…Vaste programme, n'est-ce pas? Voir les gens d'une façon différente, telle est la capacité visée par une grande comédie.
EDITION 2009
10 films internationaux tous présentés en avant première.
LE JURY
Président: Christian De Sica, réalisateur et acteur italien. (si vous avez quelques années, vous savez de qui il est le fils.)
Les membres:
Actrices françaises: Christine Boisson, Valérie Mairesse, Delphine Chanéac
Actrice russe: Elena Bouryka
Acteur italien: Massimo Ghini
Les hommages: à Michelle Mercier et Lino Baufi, pour l'ensemble de leur carrière
La marraine: Ornella Muti
LE PALMARES:
Meilleur film: "Pagafantas" de Borja Cobeaga avec Gorka Otxoa et Sabrina Garciarena (Espagne)
Le sujet relève tout à fait d'une comédie. Le réalisateur a dit que le film avait été pour lui comme une sorte de thérapie.
Le héros du film aura en effet à accepter que malgré ses espoirs, ses illusions, il restera toujours l'ami de celle avec qui il aurait voulu une relation amoureuse. Aimer et ne pas être aimé en retour, qui ne l'a pas été un jour? C'est douloureux et pourtant ici c'est traité avec humour et intelligence. On sourit, on rit…Bravo l'artiste! Car le jeune homme qui tient le rôle "crève l'écran".
Meilleur 1er film: "The be all and end all" de Bruce Webb avec Eugène Byrne, josh Bott (royaume Uni)
Deux adolescents, (acteurs de 18 et 15 ans) ont fait le serment: "A la vie, à la mort". Hélas le pronostic vital de l'un d'eux est compté. L'expression "pour toujours" perd tout son sens. Sur son lit d'hôpital, le malade n'a plus qu'une seule chose en tête: découvrir l'amour avant de mourir et la seule personne qui lui permette d'atteindre son but est…: vous l'avez deviné…
Le thème est on ne peut plus tragique et pourtant l'émotion est là, forte…
Meilleurs acteur, et actrice: Antonio de la Torre et Leticia Herrero dans "Gordos" de Daniel Sanchez Arévalo (Espagne)
Meilleur scénario: Le film "Gordos" de Daniel Sanchez Arévalo (Espagne)
Ce film parle de l'obésité. Question actuelle me direz-vous? Oui et non car en fait il s'agit de cinq histoires de surpoids dans une thérapie de groupe. On n'est pas chez les Weight Watchers: il n'est pas question de perdre du poids mais plutôt de trouver les raisons qui en ont fait prendre. Les participants souhaitent savoir pour quelles raisons ils n'aiment pas leurs corps. Le poids n'a aucune importance, leur corps, non plus. Le surpoids est une métaphore qui les conduit à parler de ces choses qu'ils avalent jour après jour et qui grossissent avec eux. Ces choses si difficiles à exprimer, à combattre et à accepter.
Prix Spécial du Jury: L'acteur Gorka Otxoa dans "Pagafantas"
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Outre ce palmarès, il est à noter que d'autres films de la sélection étaient fort intéressants:
- Pour ma part, j'ai bien aimé "Cold Souls", film américain qui dénonce la Banque des Ames, laboratoire privé proposant un service des plus intrigants: soulager les patients de leur âme, leur retirer leur âme tout simplement et pourquoi pas la remplacer par une de celles disponibles dans leur catalogue!
Propos qui s'articulent autour de " vendre son âme", "perdre son âme" et "si notre âme n'avait la taille que d'un pois chiche"…Désillusion? La rechercherait-on?
Métaphores philosophiques intéressantes. Trafic entre les USA (pays d'accueil) et Russie (pourvoyeurs du trafic!): on se croirait en guerre froide! Scénario très original.
- "Une chaîne pour deux": film belge de Frédéric Ledoux
Le thème est social, actuel. On lit et on entend cela tous les jours. Mais surprise: la fin du film. Je vous laisse la découvrir: "E la Comedia!"
- "In the air": Sur le même thème mais hors compétition, avec George Clooney, film de Jason Reitman nommé à l'Oscar du meilleur réalisateur pour "Juno"."In the air" a été présenté au dernier festival de Rome. Sa sortie française est prévue pour janvier 2010.
C'est l'histoire d'un homme expert des plans sociaux qui passe son temps à parcourir le ciel; à force de prôner la philosophie zen: -alléger son sac à dos- sa vie ne prendra pas le sens qu'il voudra au moment où il acceptera de ne plus fuir et de se voir lui dans sa vie riche en miles mais pauvre en affectif. Mais la philosophie américaine est là: il rebondira!
-"Cado dalle nubi": Un autre film hors compétition, de Geynaro Nunziante, avec Chicco Zalone (le Borat italien, grande révélation du cinéma transalpin non politiquement correct), est typique selon moi de la Comédie italienne: certains trouveront clichés cette opposition Nord/Sud de l'Italie à travers l'histoire du jeune homme du Sud qui rêve de devenir chanteur et qui, à Milan, va rencontrer la jeune fille de ses rêves. Le père, affilié à la Ligue du Nord, n'y est pas favorable, vous vous en doutez. Mais le propos ne s'arrête pas là, me semble-t-il, car l'évocation de l'homosexualité admise à Milan pose le problème du "coming out" peut-être encore tabou quelque part en Italie, Nord ou Sud bien entendu.
Film où on rit…C'est rare de nos jours, n'est-ce pas?
-"Le Bonheur de Pierre": de Robert Ménard. Film franco canadien, une comédie où Pierre Richard est fidèle à son personnage, où il joue un peu plus finement le personnage d'un physicien quantique; sa fille Sylvie Testud, qui l'accompagne, en fait un peu trop, selon moi. On a le plaisir de voir le paysage canadien, l'acteur Rémy Girard est à son avantage mais le film est décevant.
-Contraste brûlant avec " The last days of Emma blank" : d'alex Van Warmerdam, Pays-Bas/Belgique.
Emma Blank propriétaire d'une grande demeure à la campagne, est gravement malade. Elle vit entourée de ses domestiques à qui elle fait vivre un véritable enfer. Pulsions sadiques à l'œuvre. Atmosphère lourde et pesante. Certains spectateurs rient, d'autres se taisent. Noirceur de l'âme humaine: le jour où les domestiques apprennent qu'ils n'hériteront de rien ils changeront d'attitude en préparant alors leur vengeance.
Les humiliations évoquées sont si lourdes que certains spectateurs ont pu dire "Ce n'est pas possible!". "C'est une farce!". J'avais l'impression de ne plus rien comprendre au cinéma!
J'ai rencontré le producteur, frère du réalisateur et l'acteur du film. Je leur ai posé la question:"-En quoi ce film si lourd, si pesant, si tensionnel, est-il une comédie?". Leur réponse a été négative. Ouf!::"-C'est l'Univers d"'Alex." Ont-ils dit.
Si ce film était décalé par rapport au festival de la Comédie de Monte-Carlo, sachez cependant, qu'il a été présenté à Venise où il a reçu un prix.
Rafraichissant, décapant, charmant… à l’italienne, ce festival est un rendez-vous annuel indispensable. Pensez à l’édition 2010 !
Annie Ravier
Photos : 1 : Ghini-Geggio-de Sica - 2 : M Mercier - 4 : L'équipe d'Emma Blank
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