"FATAL"... FATALEMENT DEJANTE !

Avec Michaël Youn, il fallait s’attendre à tout… Fatalement, on a tout eu !
Tous les poncifs négatifs du show biz, pipi-caca-vomi, des dialogues loin de la littérature française et tous les excès dont est capable ce trublion : allusions salaces et scatos, propos grossiers et bien sûr, « la » séquence inévitable où il montre ses fesses.
Il ne nous épargne rien, jusqu’au pet final suivi d’une diarrhée collective !
Le seul moment – très court ! – quelque peu bucolique est son retour dans la Savoie natale du personnage, sur la musique de « Peer Gynt » de Grieg… Rassurez-vous, ça dure quelques secondes !
Le reste est brouillon et bruyant, tonitruant même et ce qui sauve le film c’est le maniement de la caméra que Michaël maîtrise fort bien – ce qui est rare pour un premier film ! –, un montage très rythmé et les comédiens* qui s’en sortent malgré tout, tous bien.
Est-ce que je manque cruellement d’humour ? Suis-je trop âgé pour ce genre de galéjade ? suis-trop pudibond ?
Cela se peut au vu d’un public qui s’est précipité à l’avant-première, faisant ouvrir deux salles pour recevoir tout le monde au Pathé Grand Ciel.
Heureusement pour lui car le film lui a demandé deux ans de préparation, un nombre incalculable de semaines pour le montage et 14 millions à a clef, coût du film.
Quant à moi, je suis sorti du film assez désespéré. D’autant plus désespéré qu’à la sortie nous attendait trois magnifiques actrices, Isabelle Funaro, Armelle et Reem Kherici et le duo d’enfer Michaël Youn-Stéphane Rousseau, grand sourire, gentillesse extrême. Et lorsqu’on a en face de soi une équipe aussi sympa, dur dur d’avoir… la dent dure !

MICHAEL YOUN : « Le succès, ça ne rend pas forcément intelligent ! »
« Vos personnages sont vraiment bêtes et méchants !
Tout à fait mais ils sont drôles aussi et c’est pour cela que j’ai une certaine tendresse pour eux. C’est vrai que c’est une belle brochette d’imbéciles, de couillons… Mais je les aime !
Vous fustigez sans ménagementle show biz… Est-il vraiment aussi noir ?
Mon but était de faire un film sur le monde des stars et du show biz et d’en montrer toute l’hypocrisie et la bêtise. C’est très caricatural mais à peine exagéré… peut-être moins en France qu’à Hollywood. Disons que c’est une comédie française à l’américaine… ou plutôt, à l’armoricaine !
C’est vrai que tout est montré à l’extrême mais à part la séquence savoyarde, on ne sait pas où àa se passe… C’est presque un pays imaginaire.
Ne pensez-vous pas que vous avez un peu forcé sur les mots grossiers et les expressions vulgaires ?
Mais on en utilise tout les jours ! Et puis je parle d’un milieu vulgaire, il est donc normal que j’en parle vulgairement. Enfin, si je vous disais que vous avez raison, ça voudrait dire que je n’ai pas fait le film que j’aurais dû faire !
Vous avez mis du temps à monter ce film !
2 ans, plus le tournage et le montage qui m’a pris un temps fou car c’est un film assez sophistiqué et le montage était extrêmement important.
Il y a beaucoup de musique dans le film. N’avez-vous pas eu envie d’en faire une comédie musicale ?
Je n’en ai jamais eu l’idée, d’abord parce que je ne m’en sens pas capable et que je ne suis pas Jacques Demy et puis parce que je trouve qu’aujourd’hui les comédies musicales au cinéma c’est un peu désuet. Ce que je peux dire c’est que c’est un film sur le monde de la musique et automatiquement, il y a des la musique.
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On retrouve donc votre fameux personnage de Fatal Bazooka !
Oui et ça s’est fait en plusieurs étapes puisqu’il avait été créé pour l’émission « Morning live » et qu’il n’avait existé qu’une semaine. Puis, au moment de faire une compil’ de l’émission, je l’ai retrouvé et ça m’a donné l’idée de faire un disque… qui s’est vendu à plus de 500.000 exemplaires, nommé aux Vixtoires de la Musique, aux NRJ Music Awards. Lorsque j’ai préparé ce film, il devait s’appeler « Star » et puis, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de points communs avec Fatal et j’ai imaginé l’histoire autour de lui. Il est donc revenu et le titre du film s’est alors imposé.
Votre envie de réaliser est venue comment ?
D’une frustration. Je n’étais jamais content des réalisateurs qui filmaient les sketches que j’avais imaginés. Un réalisateur ne voit fatalement pas ce que nous imaginons et je crois que pour qu’une comédie soit drôle il faut déjà que le réalisateur ait de l’humour, ce qui est rare. Alors je me suis dit qu’il n’y avait que mopi pour réaliser ce que j’écrivais et imaginais. C’était, je crois, un aboutissement normal.
Comment s’est fait le casting ?
Sur des coups de cœur mais il a fallu d’abord convaincre les producteurs et de ce fait, tous les comédiens ont dû passer le casting… sauf moi ! Mais tous s’en sont superbement sortis et ils sont tous au générique !
Ce film est dédié à vos parents. Pourquoi ?
Rassurez-vous, ce n’est pas un film autobiographique !
Mais depuis mes débuts, mes parents ont toujours été là, ils m’ont toujours soutenus, défendus et je tenais à leur rendre hommage pour leur aide.
Vous avez eu cette phrase : « Etre dans la lumière, ça rend un peu con… »
C’est vrai mais… j’avais déjà de bonnes bases au départ ! Je suis sûr d’un truc en tous cas : le succès… ça ne rend pas forcément intelligent ! »

STEPHANE ROUSSEAU : « Jaime les comédies totalement déjantées ! »
Chance de l’avoir à Toulon puisqu’il est en pleine tournée avec son spectacle. On avait déjà pu le voir à Sanary et interviewé. Le revoici donc pour nous parler de ce personnage farfelu qu’est le rocker Chris Prolls.
Qu’est-ce qui vous a décidé à accepter ce rôle totalement déjanté, Stéphane ?
Justement parce qu’il était déjanté, drôle et très savoureux !
J’avoue que je me suis beaucoup amusé à lire le scénario et je me suis dit que si Michaël le tournait comme il était écrit, ce serait formidable. Et je me suis aussi beaucoup amusé à le tourner.
A l’arrivée, pas déçu ?
Ca fait 30 ans que je joue la comédie et je peux dire que j’ai rarement rencontré un type qui sache aussi bien rendre l’humour au cinéma. Tout le monde sait que réaliser un film comique et la chose la plus difficile à faire.
En lisant le scénario j’ai beaucoup rigolé et j’ai autant rigolé en visionnant le film.
Il y a du rythme, de la rigueur et le film est exactement ce que j’avais imaginé.
Avez-vous eu des difficultés particulières pour jouer ce rôle ?
Le rôle en lui-même non car j’aime aller au bout de la folie mais la seule chose qui m’ait donné du fil à retordre ce sont les mots et les expressions typiquement français que je devais dire et que, pour beaucoup, je ne connaissais pas car on ne les emploie pas au Québec. Il m’a fallu quelques explications.
C’est le genre de film que vous aimez ?
Oui, j’adore les ce genre de comédies complètement décalées comme les films de Ben Stiller par exemple. Les Américains savent très bien faire ça mais il n’y a pas beaucoup de Français qui les réussissent. Du coup, dès que j’ai lu le scénario, j’ai dit à Michaël : « Ne cherche plus, je suis le gars qu’il te faut ! »
Et Michaël d’ajouter : « C’est vrai qu’il y a peu d’acteurs comme lui qui réunissent tout ce dont j’avais besoin : il sait jouer, chanter et en plu sil est beau, le con ! Et du coup, il est très crédible. S’il avait refusé, j’aurais eu du mal à trouver quelqu’un d’autre ! »
Un reportage de Jacques Brachet
*Sur la photo : Stéphanr Rousseau, Michaël Youn, Isabelle Funaro, Reem Kherici, Armelle.
Sont aussi au générique Fabrice Eboué, Jean Benguigui, Catherine Allégret, Vincent Desagnat…. |