Notre amie seynoise Nicole Fabre, a encore frappé fort !
On se souvient de son flamboyant triptyque « La princesse barbare – L’ombre du Prophète – Les jardins du Fraxinet », une somptueuse saga se déroulant dans la Provence Moyenâgeuse, puis de son superbe et intimiste « Léonard le Toscan » nous faisant découvrir un Léonard de Vinci magnifique et attachant, pour mieux revenir à l’histoire exaltante dans la période des années 30, du fascisme et du nazisme, de Giulia dans « La nuit italienne »….
La revoici, la revoilà avec « Demain à Rome »…
C’est en quelque sorte la suite de « La nuit italienne » même si les deux romans peuvent se lire indépendamment, puisqu’on va retrouver son héroïne venue se réfugier en France avec en fond, le nazisme montant, et tous les événements entre France, Italie et Allemagne qui déclencheront la seconde guerre mondiale.
Giulia, la belle Italienne, va vivre une histoire mouvementée et non sans danger. C’est une femme moderne et libérée avant l’heure, éprise de liberté et de sensations fortes où l’amour est toujours une bourrasque car elle ne sait pas mitiger et calmer ses ardeurs et ses sentiments.
Une grande héroïne de cinéma à l’image d’une Scarlett O’Hara.
Le roman est fait d’amour et de passion, de violence et de liesse, de rires et de larmes, de joies et de peurs, sur fond de manœuvres sournoises, de guerre latente puis déclarée.
Nicole Fabre signe là, encore, une grande épopée lyrique sur fond d’Histoire avec un grand H et ses personnages sont toujours forts, hauts en couleur, passionnés et passionnants dans ce triangle France-Allemagne-Italie avec des incursions en Suisse et en Provence puisque son histoire décrit aussi le sabordage de la flotte à Toulon et la vie des émigrés juifs-allemands à Sanary.
En dehors de l’histoire de ses personnages, Nicole, passionnée d’Histoire, nous conte par le détail avec mille précisions, ces années sombres, car il y a derrière ce roman, comme toujours, des mois de recherches dans les livres, les bibliothèques, les musées… Peut-être presque trop – et ce serait juste cette petite critique que je pourrais lui faire – parce que, quelquefois, l’histoire de ses personnages se perd dans la vraie Histoire et passe au second plan.
Mais on ne peut qu’admirer son travail de recherche incroyable, car là encore, elle n’a pas choisi la facilité. Son écriture est forte, c’est une écriture « virile » quant à ses descriptions, ses images et sa façon de raconter les événements par plans-séquences, elle sont très cinématographiques et dignes d’une grande série télévisée.
Quant à sa belle héroïne, on se prend à l’imaginer ressemblant à Isabelle Adjani ou, mieux encore, Monica Belluci, pure et brune Italienne (comme ne le souligne pas la peinture illustrant son livre, même si la couverture est très belle !) au tempérament bien trempé de Méditerranéenne.
Avec cet ultime roman, Nicole Fabre fait preuve d’une formidable maîtrise de l’histoire dans l’Histoire, avec un style très personnel, très différent de « Léonard le Toscan », qui est pour moi sa plus belle œuvre.
Un très beau et très grand moment de littérature.
Jacques Brachet