TOURNAGE AUX EMBIEZ... "A DIX MINUTES DES NATURISTES"
TOUT NU ET TOUT BRONZE !
8h30.
Le temps est superbe. Pas un nuage dans le ciel. il fait à peine frais, les bateaux sont bercés par un léger ressac. L'île des Embiez, en ce 12 octobre, se réveille, calme, après un été comme toujours très chahuté par le monde qui s'y déverse journellement.
Je me balade en proie à un moment de sérénité matinale délicieux.
Je frappe à la porte... J'ouvre... Ciel, un homme velu et à poil !
Je reviens sur terre... après avoir traversé la mer car si je suis ici à une heure si matinale c'est qu'un film se tourne durant quelques jours, mené par le réalisateur Stéphane Clavier, avec Christine Citti, Lionel Abelanski, Macha Méril, Fabrice Roux et Jean-Louis Barcelona. C'est ce dernier qui me reçoit dans le plus simple appareil, non pas qu'il soit exhibitionniste ni pas encore habillé mais parce qu'il est naturiste en chef !
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Je m'explique : Nous sommes dans une villa, "A dix minutes des naturistes", titre du film qu'on verra sur TF1. Un couple belge est venu s'y installer pour les vacances, échangeant sa villa avec les propriétaires qui, pour de troubles raisons, ont dû aller en Belgique.
C'est compter sans Suzy, une originale pro-naturiste, qui vit là comme restauratrice et qui fraye avec les nudistes en question, au grand dam du couple courroucé. Ce qui va être l'objet de conflits... Et j'arrive en pleine grève sur le tas au moment où ces naturistes menés par l'ami Jean-Louis, envahissent la villa.
Le lieu est idyllique, ce beau mas provençal ayant été prêté par la famille Ricard.
Accueilli par le directeur de production Claude Azoulay, j'y retrouve ma copine Macha... que j'ai quitté voici quelques jours à Toulon où je l'avais invitée sur les journées littérature et danse.
Si elle n'est pas à poil, c'est guère moins car elle est vêtue d'une robe bleu nuit, délicieusement transparente, cachant peu de sa belle plastique !
Quant aux figurants, eux, ils sont carrément à poil, à peine cachés par des pancartes... qu'ils mettent... où ils peuvent !
Christine Citti joue la vacancière choquée auprès de son époux Lionel Abelanski, Fabrice Roux est le policier... Levant (nom de circonstance !) qui essaie difficilement de régler le problème, Jean-Louis Barcelona est le naturiste meneur de troupe qui ne supporte pas ces envahisseurs qui veulent les faire se rhabiller.
Au milieu de tous ces affolés, Macha, alias Suzy, très charmante, très mondaine, très peu vêtue, essaie de calmer le jeu. C'est très drôle, très inattendu et tout cela sous le regard bleu de Stéphane Clavier, le frère de Christian, aussi discret que son frère est volubile, aussi posé que son frère est électrique mais surtout avare de mots, même s'il me reçoit avec une extrême gentillesse.
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Bien entendu, les manifestants à poil vont défiler vingt fois avant que la scène ne soit dans la boîte.
"Nus chez nous, nus partout, les culs nus au pouvoir" crient-ils avec véhémence.
A chaque fois, Jean-Louis Barcelona, qui n'arrête pas de faire le pitre dans le plus simple appareil, me demande : "Dis, t'as pas pris mon kiki au moins ?" Eh que si je l'ai pris... mais je le couperai au montage !
Christine Citti est très concentrée, Lionel Abelanski un peu à part, au repas j'aurai une grand conversation avec Fabrice Roux avec qui nous nous sommes trouvé des racines communes ardéchoises. Quant à Macha, entre deux scènes, nous nous retrouvons pour bavarder car nous avons toujours mille choses à nous dire. Elle est ravie de ce rôle à la fois léger et drôle.
"C'est très bon enfant, alors qu'un tel sujet pourrait prendre une tournure particulière. Mais c'est traité avec beaucoup de drôlerie, sans une once de vulgarité et... c'est un beau plaidoyer pour cette façon de vivre qui en fait, est très naturelle"
Il fait un temps de plein été, le soleil darde ses rayons sur les fesses des manifestants, le repas se passe en toute simplicité avec les artistes et je laisserai tout ce petit peuple cinématographique à leurs problèmes de nudité pour aller me baigner.
Le réalisateur est tout simplement ravi de trouver, pour un tel film, un temps si idéal, car on est à la mi-octobre. Mais difficile de réaliser un tel film en plein été avec tous les vacanciers. Par contre, il se fait un peu plus de soucis - et les naturistes aussi ! - pour le tournage fin octobre, à poil sur des vélos en plein Bruxelles !
Belle atmosphère riante et ensoleillée... Si tous les tournages étaient aussi sympathique !!!

Jacques Brachet |