LA FARLEDE – MUSEE DE L’ECOLE PUBLIQUE
NOSTALGIE, QUAND TU NOUS TIENS…

On a beau ne pas avoir aimé l’école, avoir été un cancre, avoir rêvé au fond de la classe près du poêle… on garde une nostalgie certaine pour les premières années d’école.
On a en mémoire l’odeur de la craie et son crissement caractéristique sur le tableau noir, des noms qu’on ne peut effacer comme les plumes Mallat ou Sergent Major, ou encore les crayons Baignol et Farjon… cette encre violette avec laquelle ont faisait les pleins et les déliés, les pâtés sur les cahiers, qu’on épongeait avec un buvard-publicité et surtout cette couleur qu’on finissait par ne plus pouvoir enlever du bout de nos doigts…
Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.
Mais ils ont pu en entendre parler par leurs parents et leurs grands parents et surtout, ils peuvent aller du côté de la Farlède découvrir tout ça et bien d’autres choses encore, grâce à Monique et Jean-Paul Broussais, provençaux bon teint, anciens « maître et maîtresse », des mots qui aujourd’hui sont désuets puisque, après avoir été « instit’s », ils sont aujourd’hui « professeurs des écoles » !
A noter que Jean-Paul fut, durant trente ans, directeur de l’école de Solliès-Ville et c’était au temps où ces métiers étaient des sacerdoces, des métiers de passion.
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La passion, ils l’ont encore. Elle ne les a tellement jamais quittée qu’ils ont un jour, après avoir organisé quelques expositions, décidé de créer un musée de l’école .
Durant des années, ils ont conservé des souvenirs de leur métier et après avoir tout entassé chez eux, en 2001 ils arrivent à stocker tous leurs trésors dans une salle offerte par la ville de la Londe. Ils vont alors créer l’Association des Amis du Musée de l’Ecole Publique et en 2004, la municipalité leur offre une classe de l’école Jean Jaurès .
Mais très vite, leur collection, leurs souvenirs, ajoutés à tous ceux qui leur sont spontanément offerts par les nostalgiques de ce temps de l’enfance, ne rentre plus dans cette petite pièce.
Ce n’est donc que l’année dernière que la ville de la Farlède leur offre, en dessous de la maternelle Marius Gensollen, l’ancien appartement de la directrice. Le musée ouvre ses portes le 17 octobre 2009.
Là, ils peuvent enfin étaler leurs trésors, reconstituer une salle de classe avec bureaux et encriers, cartes de France et bouliers, bons points et cahiers dont le plus vieux date de 1892, un cahier de « leçons de choses »… qui s’en souvient encore ?
Dans ce musée où l’on remonte le temps avec émotion, l’on découvre des trésors oubliés : le vieux poêle à bois, lieu de prédilection des cancres mais où les élèves faisaient chauffer leur gamelle, la salle d’asile dans laquelle l’école donnait l'hospitalité aux gosses qui traînaient dans la rue, les vieux cartables en cuir où les besaces taillées dans les sacs de pommes de terre pour les plus pauvres, des travaux d’aiguilles que l’on faisait faire aux filles et une très belle collection de fusils bataillons scolaires pour les garçons.

Eh oui, il y avait des fusils dans les classes. Précisons qu’ils étaient en bois, qu’ils avaient été créés sur une idée de Jules Ferry en 1885 et qu’ils servaient à leur faire faire des exercices de maniement d’armes pour les préparer à des guerres futures !
Et puis, vers 1900, pensant qu’il n’y aurait plus de guerre, ce maniement d’armes s’est arrêté au profit de cours de gymnastique… Mais deux autres guerres allaient leur faire regretter ce changement !
L’on redécouvre aussi les planches de sciences et de géographie, plein de petits objets qui semblent aujourd’hui très désuets mais oh combien émouvants et de très beaux dessins naïfs, signés d’un grand monsieur, créateur, avec sa femme de la fameuse édition qui porte son nom : André Rossignol. Ces panneaux représentent des scènes de la vie quotidienne à la campagne et à l’école. Ils ont été offerts au musée par son fils, Philippe, qui est d’ailleurs président d’Honneur du Musée, aux côtés d’un autre grand monsieur : Cavanna, qui est tombé amoureux de ce lieu.
A noter qu’une belle exposition regroupera ces célèbres « panneaux Rossignols » à partir du 8 octobre à la Médiathèque. Un jeu a été imaginé par le bureau de l’association : Chaque vitrine de magasin exposera, tel un puzzle, un morceau de tableau qu’il faudra retrouver !
Car il faut préciser que l’association ne fait pas que tenir une permanence au musée : elle se dévoue corps et âme avec passion et inventivité pour proposer des visites guidées, des expositions, des rencontres, des conférences, des fêtes, la reconstitution du certificat d’études, des dictées et des ateliers d’écriture, des projections de films, des animations diverses, participant à tous les événements de la région en rapport avec l’école et se déplaçant un peu partout dans la région Rhône-Alpes
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Bientôt sera inaugurée une photothèque regroupant toutes les photos d’écoles offertes, retrouvées et conservées.
C’est un musée qui bouge et qui marche au pas de l’instit’ Monique Broussais, toujours pleine d’allant, très directive, et qui n’est jamais sans ressources pour animer, préparer, organiser….
Nostalgie peut-être mais c’est sans tristesse et dans le bonheur total qu’on remonte le temps entre deux bancs d’école mâchurés et… sculptés par les canifs des générations d’élèves qui se sont suivis et yont usé les manches de leurs blouses !
Un "cahier de roulement" sort deux fois par an, retraçant et annonçant toutes les animations de ce musée vivant qu’il faut à tout prix découvrir pour retrouver le goût de notre enfance.
Le musée est ouvert d’octobre à juin, les mardis et vendredis pour les scolaires tous les samedis après-midi à 15h pour des visites commentées.
Jacques Brachet

Les Amis du Musée de l'Ecole Publique
Avenue de la Libération - 83210 - La Farlède
Tel.04.94.33.00.54 – contact@musecole83.fr
Site : www.musecole83.fr
Photos :
1. Premier rang au milieu : Monique Broussais, entourée de toute son équipe
2 et 3. Le plus vieil objet du musée : le cahier de choses et le fameux buvard mâculé d'encre sur lequel repose l'encrier de porcelaine blanche.
3. Les tabliers et les bérets pendus dans le couloir
5. Inattendu : Laurel et Hardy à l'école, oferts par M Rieu, l'assistant de Jean-Jacques Annaud qui a apprécié le musée
6. Souvenirs de classe : les plus Mallat, Sergent Major et autres... |