THOMAS DUTRONC : DE L'HUMOUR ET DU TALENT

A l’heure de la crise de l’industrie du disque (entre autres), au moment précis où on tremble à l’idée de la suprématie du virtuel sur le réel… à ce moment précis débarque un ovni…
Le spectacle de Thomas Dutronc est bien réel et aucun site Internet de vidéos ne peut rendre compte de cela… Un Spectacle est bien plus qu’un concert c’est certain, et il était donné au palais des Festivals à Cannes.
C’est un judicieux mélange de chansons, de sketches, d’ombres chinoises que sais-je encore ! Matthieu Chedid et Cyril Houplain l’ont mis en scène. On est plongé dans l’ambiance d’un camp manouche : guirlande de lampions électriques, tabourets, table pour jouer aux cartes, drap étendu là pour sécher… sécher où jouer les ombres chinoises ? Un voyageur arrive, valise à la main et l’histoire commence. La mise en scène est simple et poétique. La parole occupe une place prépondérante et l’humour aussi ! On ne peut pas s’ennuyer un seul instant et le cocktail rire-chanson-émotion est parfait.
Son premier album « Comme un manouche sans guitare » est un univers à part entière. Sorti en 2007 et couronné d’un disque d’or, c’est un vrai morceau de plaisir. Plaisir partagé entre des copains d’enfance qui se retrouvent avec bonheur et plaisir contagieux.
Le monde de Thomas Dutronc est une rencontre réussie entre les Manouches, les Corses, les Parisiens et bien d’autres choses... En effet on voyage beaucoup dans l’espace, dans le temps. Des cartes postales de vacances qu’enfant on était obligé d’envoyer à l’entourage jusqu’au Brésil... Enfin la musique brésilienne qu’on retrouve pour illustrer "N.A.S.D.A.Q", une chanson dans l’air du temps ! Bien sûr Thomas est tombé dans la musique depuis tout petit mais ce n’était pas vraiment son objectif principal. Il a entamé des études artistiques. Un beau jour cependant il découvre la musique de Django Reinhardt : effet d’électrochoc ! Il apprend la guitare sur le tard à 18 ans et va se lancer dans un apprentissage long et scrupuleux de ce jazz manouche passionnant. Il participe à divers titres à des albums de Jacques Dutronc, Françoise Hardy, Henri Salvador ou encore Jacno. Thomas écrit des titres pour plusieurs films : "Toutes les filles sont folles", "Les Triplettes de Belleville" et "Les enfants". Il se produit dans des clubs de jazz comme guitariste et puis il réunit quelques amis musiciens sous le nom « Thomas Dutronc et les esprits manouches » pour sillonner la France : Stéphane Chandelier (batterie), Jérôme Ciosi (basse), Bertrand Papy (guitare) et Pierre Blanchard (violon). C’est de cette rencontre que naîtra l’album. Thomas Dutronc sait vraiment se démarquer et possède cette étincelle qui fait l’originalité et le succès.
Quelle classe Thomas ! Mention spéciale aussi pour « Les enfants de Django » qui on magistralement fait office de première partie en nous plongeant dans ce jazz manouche magique et entraînant.
Laurence Argueyrolles |