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DRÔLES DE LIVRES !
Par Jacques Brachet

REGINE ZYLBERBERG « A toi Lionel, mon fils… » (Flammarion)
Curieux livre que ces nièmes « mémoires » de Régine qui en a de moins en moins !
En effet, si elle raconte toujours, même si c’est de façon différente, les mêmes choses, elle confond les noms et les gens tout le temps. Je ne veux pour exemple que Maritie et Gilbert Carpentier qui deviennent Georges et Maritie « ses amis » ou encore Anthony Perkins et Sophia Loren qui viennent dans sa boîte alors qu’ils viennent de tourner « Aimez-vous Brahms ? »… en sachant que ce n’est pas Sophia Loren mais Ingrid Bergman qui joue dans ce film…
Tout au long du livre dates et noms s’entrechoquent dans un pur mélange. Et le pire est que, tout au long du livre, elle conjugue les verbes en mélangeant allègrement futur et conditionnel…
Il est vrai qu’elle n’est pas écrivain mais il faut croire qu’il n’y a pas de correcteur chez son éditeur ni d’historien pour lui redresser ses erreurs.
Ceci dit, on n’apprend rien de très nouveau sinon qu’avec son fils ça a été une guerre sans merci de sa naissance à sa mort. Il est vrai – et elle le confesse – qu’elle a plus été une businesswoman, une femme de la nuit, une chanteuse et une « jetsetteuse » qu’une mère attentive et l’on conçoit que son fils ait manqué d’équilibre et ait été frustré d’une mère souvent absente et préférant rejoindre ses lieux de plaisir que de rester à la maison pour pouponner ; et même si elle se considère comme « vraie mamma juive », aujourd’hui elle se rend compte que ce fils brillant mais frustré de famille, a toujours balancé entre haine et amour pour une mère souvent absente.
Aujourd’hui elle le regrette, elle lui écrit ce livre, elle lui raconte… Peut-être aurait-il été plus judicieux qu’elle lui parle de tout cela avant qu’il ne s’en aille à tout jamais.
Par contre, ce qui devient aussi fatigant, c’est tous ces « amis » dont elle nous parle et qui sont devenus ce qu’ils sont grâce à elle… Dans chaque livre on en retrouve de nouveaux, à croire que le tout show biz n’existerait pas sans elle… ou presque car, pour faire le poids, elle balance quelques piques à certains et certaines qui n’ont pas eu l’heur de lui plaire ou de la considérer à sa juste valeur.
Bref, cette longue lettre d’une mère à son fils, me semble aussi un prétexte à sortir un nouveau livre qui ne nous apprend plus grand chose qu’elle n’ait déjà écrit, sur cette « gueule de nuit » qui manque peut-être un peu de modestie et d’humilité, malgré toute la peine qu’elle puisse avoir de perdre un fils, ce que l’on conçoit très bien et qu’on ne saurait lui enlever.
Une mère qui perd son fils est une mère blessée à jamais… Et cela se respecte.
Le reste n’est qu’anecdotique.

SAMANTHA LEMONNIER « Raymond Devos – L’enfer du décor »
(Ed Alphée)
Beaucoup de controverses autour de ce livre et surtout de cette femme dont les dires et les écrits sont aujourd’hui au cœur d’un procès.
Il est vrai que, tout au long de ce parcours parallèle qu’elle dit avoir vécu avec l’illustre Raymond Devos, peu de gens ont vu ou aperçu Samantha Lemonnier et ceux qui pourraient l’attester… son morts !
Entre autre son épouse et son agent qui fut aussi sa maîtresse, avec qui Samantha aurait eu des rapports incroyablement complices, se partageant l’artiste sans le moindre sentiment de jalousie et même avec une certaine amitié… Mais il n’y a aujourd’hui qu’elle pour le dire !
Elle nous raconte donc son « coup de foudre », à l’âge de 6 ans, pour cet homme qui en a… 30 de plus et qui est déjà un artiste confirmé, De « tonton », il deviendra l’ami avant de devenir l’amant. Un amant qui – toujours à l’en croire – ne voudra jamais quitter sa femme et plus tard, prendra une autre ma^tresse tout en la gardant dans l’ombre… Curieux parcours, drôle de destin déjà assez original pour en faire une histoire. Mais ce qui aurait pu rester une histoire romantique devient un drame policier avec, dans l’ombre, le fameux traître dont le jovial Devos sera entre les mains et qui, le faisant chanter, va le prendre complètement sous sa coupe et détourner sa fortune. Ce traître n’est autre que le secrétaire particulier qui fera front avec la famille de Devos contre cette femme de l’ombre aujourd’hui en pleine lumière…
Est-ce vrai ? Est-ce de la fiction ? Est-elle sincère ou tout simplement mythomane ? Est-elle la femme dévouée qu’elle prétend être ou alors une sacrée menteuse voulant profiter de l’aura de l’artiste ?
Difficile de dénouer le noeud de l’histoire mais il est regrettable que la fin d’un homme aussi magnifique doublé de l’artiste génial qu’était Raymond Devos soit entachée de toute cette histoire de gros sous absolument sordide…
A vous de vous faire une opinion !

ANDRE MANOUKIAN « Deleuze, Sheila et moi” (Ed Calmann-Levy)
Ah, ce Manoukian !
Après nous avoir offert « La mécanique des fluides » où il disséquait avec délectation, ses histoires de cœur savamment entremêlées de sexe, on découvrait un « obsédé sensuel » mais aussi un écorché vif qui ne peut partager sa passion de la musique qu’à travers les femmes, leur voix, leur physique, leur façon de chanter…
On se gausse de ses formules halambiquées « intello-sexuelles » qu’il nous offre à chaque prime de « La nouvelle star » et comme il est loin d’être dupe et que, certainement, il en rajoute des tonnes car aujourd’hui, il sait qu’on l’attend à chacune de ses interventions, il a fini par faire, dans un tout autre genre mais avec la même optique, comme Eve Angeli avec ses « Evangelismes » ! Voilà donc aujourd’hui les « Manoukianismes », phrases récupérées tout au long des émissions, qu’il a reprises pour nous offrir la première partie de ce livre. Ces petites phrases qui font mouche même si, quelquefois, tout en les lisant, on ne les comprend pas plus qu’à la télé !!!
Pour mémoire : « J’aime bien votre côté Nana Mouskouri postmoderne « ; « Vous chantez comme dans un bar à putes mais de gauche » ; « Vous ne chantez pas assez avec votre anus » ; « J’adore ton vibrato tendu comme un string » ; « C évidemment, voici quelques phrases clefs de l’ami Manoukian, qui se plait à nous les commenter avec délectation !
En seconde partie, il nous offre son abécédaire, qui va de l’Alchimie à Zorba, en passant par Casse-Couilles cosmique, Fellation, Méditation transcendantale… Bref, il y en a pour tous les goûts, exprimés par des phrases truffées de mots savants : ayurvédique, languide, pentagrammes, métalangage… etc… Et je vous passe les phrases sibyllines à découvrir… de la vraie poésie !
Enfin, troisième partie, la plus folle, la plus drôles, où il compare les grands philosophes avec des artistes. Ainsi Lao Tseu c’est Charles Aznavour, Aristote c’est Jamel Debbouze, Epicure c’est Johnny Hallyday, Montaigne c’est Brassens, Pascal c’est JJ Goldman, Rousseau c’est Francis Cabrel….J’en passe et des meilleurs ! C’est de la philosophie humoristique qui clos ce petit Manoukian non illustré mais tellement drôle, décapant et irrésistible.
Et en prime, en couv, un Manoukian torse nu, toute fourrure à l’air… Comme il pourrait le dire lui-même : c’est juste d’une drôlerie postmoderne !!!

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