TOURNAGE
DIX JOURS EN OR… ET UN JOUR DE GRAND SOLEIL A GASSIN !
Plage de Gigaro, la Croix-Valmer, 23 mars. Si l’air n’était encore un peu frisquet, on aurait pu se croire en été. Mer d’azur se mariant au ciel sans nuages, soleil brûlant, personne sur la plage.
Ah, pardon, si, il y a quelqu’un. Un vieux monsieur en pantoufle qui trottine… Il est reconnaissable : c’est Claude Rich. Et s’il est dans un tel accoutrement, c’est pour le besoins du premier film de Nicolas Brossette : « 10 jours en or ».
Equipe réduite, ambiance calme et sereine. Comme la mer… qui reçoit un visiteur malgré sa fraîcheur : le producteur du film Xabvier Delmas qui n’a pas pu résister !
Durant une pose, Claude Rich évoque quelques souvenirs de vacances :
« J’ai toujours pris un extrême plaisir pour venir à venir sur la côte. Durant deux ans, avec mon épouse, nous avons loué une maison à la Garde-Freinet. Nous avions pour voisines Jeanne Moreau et Anna Karina. Nous allions à la Ferme d’Augustin à St Tropez, nous nous baignions à Pampelone… C’était il y a un siècle… 70/80 ! Mais nos enfants et nos amis ont choisi l’île de Ré… Nous avons suivi. »
Et nous suivons l’équipe à Gassin où aura lieu le tournage l’après-midi. Pour l’instant , nous déjeunons « à la cantine » en plein soleil avec Xavier Delmas, Claude Rich, Nicolas Brossette. Un autre protagoniste du film nous a spécialement rejoints pour l’interview : Franck Dubosc, qui est descendu avec femme et enfant.
« On revit avec ce temps – nous dit-il le regard protégé par les lunettes et le cheveu brun pour les besoins du film – J’en profite car en ce moment, j’enchaîne film sur film. Alors que vient de sortir « Le marquis » de Dominique Farruggia, avec Jean-Hugues Anglade et Richard Berry, dans quelques jours sortira le film d’Eric Lavaine « Bienvenue à bord », avec Valérie Lemercier et Gérard Darmon. Après « 10 jours en or », je tournerai deux films en même temps : « Les seigneurs » d’Olivier Dahan avec José Garcia et Gad Elmaleh et « Plan de table » de Christelle d’Aulnat avec Audrey Lamy. Après ça, j’arrête pour me consacrer à mon prochain spectacle sur scène qu’il faut que j’écrive et que je monterai en 2012. Avec avant-première obligée au Casino d’Hyères car ce lieu me porte chance !
Alors, votre rôle dans « 10 jours en or » ?
Je suis un représentant de commerce un peu coureur. En fait ça pourrait se résumer par : une relation, une nuit, un enfant. Enfant qui n’est pas de moi, qui est métis et que je dois ramener sur la Côte d’Azur. C’est aussi un road movie qui va nous entraîner de Paris à la Côte en passant par la Bourgogne. Hélas, nous ne passons qu’une semaine ici ! »
Voilà, on n’en saura pas plus car Franck est juste venu nous saluer, ayant un rendez-vous important et il tourne l’après-midi.
Nous voici donc à table avec le trio Delmas-Brossette-Rich.
Claude Rich est un magnifique comédien et un homme disert, volubile, souriant, ne se faisant pas prier pour parler.
« Votre rencontre avec Nicolas ?
Il m’a tout simplement envoyé le scénario que j’ai lu et tout de suite beaucoup aimé. J’ai voulu en savoir plus sur lui et sur son film. Nous nous sommes donc rencontrés, il m’a dit des choses magnifiques, je l’ai trouvé d’une grande sensibilité, notre entrevue a été très chaleureuse et j’ai accepté. Au début du tournage, alors que je ne tournais pas, il m’appeleait pour me raconter comment ça se passait. J’ai trouvé cela d’une grande délicatesse. Je le trouve d’une belle modestie et je le découvre tous les jours. »
A ses côtés, Nicolas est quelque peu gêné de tant de compliments :
« Dès le départ, je savais que c’était lui que je voulais. Lorsqu’il m’a dit oui, j‘étais fou de joie »
« Quel est votre rôle, Claude Rich ?
Je suis un vieux monsieur un peu fantasque, qui n’a pas grandi, qui ne pensait qu’à son métier de dessinateur et qui aurait aimé confier ses secrets à un enfant qu’il n’a pas eu. Aujourd’hui il vit dans une profonde solitude, il n’a plus goût à rien. Il va rencontrer ce petit garçon qui va illuminer sa vie et nous nous sentons très vite responsables l’un de l’autre. Ce gamin redonne un souffle à ma vie. J’adore ce personnage un peu lunaire, naïf qui, même désespéré, donne le change avec beaucoup d’humour et de tendresse. C’est un personnage décalé comme je les aime.
Nicolas, est-ce difficile de monter un premier film ?
Un film n’est jamais facile à monter alors vous pensez, le premier, lorsqu’on n’a pas fait ses preuves et qu’on n’a rien à montrer. Alors il faut avoir une histoire bien ficelée car on vous fera confiance sur le scénario. Avec les comédiens, c’est moins difficile mais avec les financiers, c’est beaucoup plus dur. Heureusement, on a trouvé des gens formidables.
Comment avez-vous trouvé les lieux ?
Par la Commission du Film du var. J’imaginais ce tournage plus vers Nice, Menton… La Commission du Film m’a alors proposé ces lieux et il est vrai que nous tournons dans de superbes décors.
Claude Rich, il semble que le théâtre vous ait plus gâté que le cinéma ?
C’est vrai mais d’abord c’est parce que le théâtre est moins infidèle que le cinéma ! Et puis, du jour où je suis sorti du conservatoire, j’ai eu la chance d’avoir aussitôt des propositions. Trois pièces… trois bides mais de bonnes critiques ! Et ça n’a plus arrêté, J’ai eu, après, des pièces à succès que j’ai jouées longtemps. Mais il se trouve que, curieusement, en ce moment j’ai enchaîné trois films !
C’est à dire ?
J’ai tourné un film de Stéphane Robelin « Et si on vivait tous ensemble ? » avec Joséphine Chaplin, Guy Bedos, Pierre Richard, Jane Fonda. C’est un très joli sujet : une bandes de « vieux » amis se retrouvant seuls, décident d’habiter tous ensemble. Ca parle de tous les problèmes de nos âges et même de la sexualité, sujet très en vogue. Il y a beaucoup de vérité et de sensibilité dans ce film.
Le second est pour France Télévision. C’est un sujet écrit par Nicolas Bedos et réalisé par Josée Dayan : « Bouquet final », avec Jean-Pierre Marielle, Jeanne Moreau, Julie Depardieu. J’y joue un vieux comédien un peu cabot qui perd la mémoire sauf ceux des textes qu’il a jouée et qui ennuie tout le monde en les ressassant à tout bout de champ.
Et après « 10 jours en or » ?
J’ai encore deux projet de films pour cet été et une pièce de théâtre pour la rentrée que je devrais jouer avec ma fille Delphine.
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Qu’est-ce qui fait ainsi courir Claude Rich ?
Mais je m’em…rde lorsque je ne tourne pas ! J’aime ce métier par dessus tout et j’aime varier les plaisirs en jouant ces rôles-là ou encore Léon Blum ou Galilée… On fait un métier formidable ! »
Et quel homme formidable, aussi !
Comme il ne tourne pas l’après-midi, notre ami s’en va enlever ses pantoufles et se reposer, et nous, nous allons rejoindre le tournage.
Nous y retrouvons Franck Dubosc en famille, prêt à tourner avec ce fameux petit garçon adorable qu’est Mathis Touré. Une scène sans parole où nos deux compères doivent rejoindre la voiture de Claude Rich que cet homme excentrique a décoré de fleurs.
Tout bouclé, tout sourire, Mathis répond avec une belle assurance à nos questions :
« J’ai six ans, je vis à Bondy, près de Paris. C’est la copine de ma tata qui a vu l’annonce du casting à Paris. J’y suis allé. On était 70 enfants sélectionnés, je suis passé le premier… et j’ai gagné ! Je tourne trois semaines en Bourgogne, une semaine ici, quatre semaine à Paris.
Et l’école ?
J’ai une maîtresse qui me fait travailler tous les jours.
Ca te manque ?
Un peu… pour les copains !
Qu’as-tu dû jouer pour être pris ?
Des dialogues du film. C’est ma maman qui m’a fait répéter. Ici, je suis avec mes grands parents.
Est-ce que ça te plait ? Voudrais-tu continuer ?
Oh, oui, j’aime beaucoup ça et j’espère trouver d’autres films à tourner… Franck m’a promis de me prendre s’il fait un « Camping 3 ». Il m’a offert les DVD des deux autres, c’est chouette ! »
Et le voici main dans la main avec son acolyte, descendant jusqu’à la voiture.
La journée est superbe, l’ambiance est on ne peut plus décontractée et chaleureuse, l’équipe fort accueillante, souriante, sans stress, aimable… Si tous les tournages étaient comme ça….
Rendez-vous dans quelques mois sur grand écran.
Un reportage de Jacques Brachet
Photos Christian Servandier

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