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« DISCO », LE NOUVEAU FILM DU DUO DUBOSC-ONTENIENTE

Après « Camping » qui avait fait un carton, voici que se reforme le duo Fabien Onteniente et Franck Dubosc pour un film aussi déjanté que le premier et tout à fait au goût du jour puisque voici le disco qui fait sa réapparition.
Dubosc est Didier Travolta – alias Didier Graindorge – est un looser, la quarantaine, beau gosse mais avec… un grain d’orge dans la cervelle, qui s’est arrêté à l’époque de son adolescence où avec ses amis Neuneuil, vendeur chez Darty (Abbès Zahman) et Walter, docker (Samuel Le Bihan) ils étaient les stars du Havre sous le nom des Bee Kings.
Endetté jusqu’au cou, sans travail, vivant aux crochets de sa mère (Annie Cordy) et séparé de son fils de 8 ans qui vit en Angleterre avec sa mère, il décide de repiquer au jeu lorsque Jean-François Jackson et la Baronne (Gérard Depardieu et Isabelle Nanty) lancent dans leur boîte le Gin Fizz, uun concours de disco avec à la clef un voyage pour deux personnes au pays des kangorous.
Les voici remettant le couvert, quelque peu rouillés, avec quelques kilos de plus, plus ringards que jamais et suivant des cours avec France, la belle prof de danse (Emmanuelle Béart) dont il tombe éperdument amoureux.
Vous pourrez sans difficulté imaginer gags et situations drolatiques avec un Dubosc plus Dubosc que jamais et juste assez d’émotion pour nous donner un gentil film à la distribution « hénaurme » mais cependant moins énorme que Depardieu qui a triplé de volume et Nanty qui suit son chemin !
C’est bien joué, c’est plein de poncifs et de lieux communs, c’est sans surprise, sauf la fin inattendue et très émouvantes. C’est du Dubosc pur sucre et sans renouvellement, et c’est peut-être la seule chose qu’on puisse reprocher à ce sympathique divertissement qui se laisse regarder avec le sourire.

On attendait Onteniente - Dubosc- Le Bihan… Il nous arrive Dubosc - Demaison, ce qui est sympathique en soi. Ce qui l’est moins c’est que, venant de Marseille pour Toulon, ils arrivent en retard, ne s’en excusent pas et nous font poireauter trois-quarts d’heure… pendant qu’on les regarde manger… Ce qui est pour le moins beaucoup moins sympathique et pas très correct.
Mais bon, nos comédiens se rattraperont en nous offrant une séance photo désopilante et un beau moment d’entretien.
Franck, comment est venue cette idée de « Disco » ? Est-ce parce que le disco redevient à la mode ?
Pas du tout car nous en parlions déjà, avec Fabien Onteniente, alors qu’on tournait « Camping ». On cherchait déjà un sujet pour faire ensemble un autre film et c’est en tournant la scène où je danse sur la table que l’idée est venue. D’abord j’ai commencé à égrener mon adolescence marquée par cette musique et, par petites touches rapides, l’idée a germée. A tel point que Fabien a préféré couper en partie la scène où je danse pour la garder pour l’autre film ! Donc ce film est en corrélation avec le disco qui est en train de renaître aujourd’hui mais on n’a pas du tout eu l’envie de faire ce film parce que ça redevenait à la mode.
Le film a quelques accointances avec « Camping » dans la mesure où tu joue encore un type ringard, heureux d’être ce qu’il est et même, croyant être quelqu’un qu’on admire et qui s’admire et qui, finalement, a les qualité de ses défauts. Es-tu comme ça dans la vie ?
C’est charmant comme question… C’est presque humiliant et maintenant, ça va m’obliger à me poser la question : suis-je vraiment comme ça ?!!
Préfères-tu être le Fred Astaire du disco ?
Ah c’est vraiment gentil tout ça… Etre comparé à un danseur mort ?!! J’ai bien fait de venir à Toulon ! Remarque que c’est mieux que d’être le Marcel Azzola du disco !
Non, c’est vrai que c’est le genre de personnage que j’aime, qui essaie de donner le change et voulant paraître, montrer qu’il existe et bien sûr, allant tellement loin dans la caricature, qu’il en devient émouvant. Il y a certainement des choses de moi dans ces rôles… Je vais étudier ça de plus près ! Mais il est évident qu’entre Patrick Chirac et Didier Travolta, il y a certainement un cousinage et que je suis peut-être un peu comme ça : un cœur d’enfant dans un corps d’adulte. Après, on aime où l’on n’aime pas mais moi je sais que, comme nombre de gens, je ne m’aime pas beaucoup dans la glace et que je me préfère dans mes rôles. C’est un autre moi que j’aime bien ou, tout du moins, mieux.
Tu t’es donc servi de tes souvenirs d’adolescent ?
Oui car j’ai eu deux périodes : d’abord ma période hard rock et baba cool qui se dandinait sur Trust et ACDC. Mais je ne me reconnaissais pas vraiment là-dedans. J’y voyais surtout un prétexte à avoir des cheveux longs, à bouger la tête dans tous les sens pour faire venir les cheveux sur le visage… et cacher ainsi mon acné !
Je me suis plus retrouvé dans la mode disco, pattes d’eph, boots à talons, vestes fluos, brushings… A cette époque, j’ai pété les plombs… du sèche-cheveux plutôt que celle des sonos ! Mais il faut savoir qu’à cette époque, nous avions 14/15 ans et qu’être disco c’était être rebelle. On allait au Gin Fizz, boîte rive gauche et on faisait la nique aux voyous… C’était le rap des années 70 ! C’était surtout un moyen de nous évader et de clamer notre différence.

Tu as retrouvé les gestes disco sans problème ?
Non, avec problème car depuis je me suis beaucoup rouillé et j’ai dû subir un entraînement de folie, gym et sport pour ré entraîner les muscles, et danse pour m’affiner et être synchrone… six heures de cours par jour et même durant le tournage, on tournait un jour, je m’entraînais le lendemain… Je me suis même fait un claquage entre les boules à facettes… les miennes… J’ai vraiment eu un accident de disco !
Abbès Zahmani joue un employé de chez Darty… Avez-vous été sponsorisés par cette grande surface ?
Pas du tout et c’est une drôle d’histoire car lorsqu’on a imaginé le personnage et qu’on a demandé à Darty, ils ont refusé qu’on parle d’eux mais moi, je tenais à ce qu’il soit employé là. Du coup, j’ai téléphoné à Miami à M Darty « in person » par l’intermédiaire de quelqu’un qui le connaissait. Retiré des affaires, il a eu la gentillesse d’appeler son remplaçant et c’est ainsi qu’on eu l’accord… et la voiture qu’on nous a prêtée, ainsi que les employés qui, dans la scène, sont les vrais employés de Darty !. On a fait pareil avec Buffalo Grill après que Courte Paille ait refusé… Et aujourd’hui à Buffalo, il y a un menu Disco-Franck Dubosc !!!
Après le succès de « Camping » n’as-tu pas un peu peur à la sortie du film ?
Oui bien sûr mais pas plus que lorsque « Camping » est sorti. Bien évidemment, on aimerait qu’il ait le même succès mais c’est un lieu commun que de dire « c’est le public qui décide » ! En tout cas, on a tout fait pour que ça marche, on a beaucoup travaillé et crois-moi, ça n’est pas si facile que ça d’écrire une comédie, d’ironiser sans trop se moquer pour ne blesser personne, de faire rire sans vulgarité, de pratiquer quelquefois le second degré, de trouver le bon rythme, le bon montage … On bosse beaucoup même si l’on rit aussi beaucoup…. Et on aimerait bien que ça marche car on est aussi content du film ! »

Quant à François-Xavier Demaison, qui joue le rôle du frère d’Emmanuelle Béart, c’est un bourge dans toute sa splendeur, râleur, pédant, narcissique, étroit d’esprit…
« Un vrai rôle de con – nous dit-il en riant ! – mais en voyant le film, je l’ai trouvé encore plus antipathique car il a la panoplie complète de la connerie bourgeoise. C’est assez caricatural, heureusemen, mais je le joue – du moins je l’espère ! – avec un certain recul, avec humour aussi. Par contre, j’ai été très frustré de ne pas être des trois danseurs de disco… J’aurais beaucoup aimé m’éclater sur la piste de danse ! »
Il vient de tourner sous la direction d’Antoine de Caunes « L’histoire d’un mec » où il joue le rôle de Coluche. « Rôle difficile s’il en est – nous avoue-t-il – et grosse responsabilité ». On verra ce film en octobre alors qu’il passera à l’Espace Julien de Marseille le samedi 1 er novembre avec son one man show « Demaison s’envole ».

Quant à l’ami Dubosc, avant de partir avec à nouveau avec Fabien Onteniente au Mexique tourner… « Le mexicain », nous pourrons l’applaudir dans son show « Il était une fois Franck Dubosc » le 3 mai au Casino des Palmiers d’Hyères, où se sera la première de ce spectacle et nous pourrons le revoir au théâtre Galli de Sanary avec ce même spectacle le 16 mai.
Notez tout ça sur vos tablettes et, bien sûr, la sortie de « Disco » le 2 avril !

Jacques Brachet

© 2008 Evasion Mag