Bons plans
    - Participez !

  Cinéma
    - L'amour dure trois ans
    - St-Raphaël et La Seyne
    - Toutes nos envies
    - Les intouchables

  Ecriture
    - Notes de lecture
    - Bios
    - Des artistes et des livres

  Evénement
    - Sanary Evénements
    - Le cirque de Chine
    - Toussaint LOUVERTURE

  Expos
    - LUCERAM
    - Chez Michel ESTADES
    - Urushi

  Festivals
    - Danse à Cannes
    - Hyères 2011

  Gastronomie
    - O Bai Pie
    - Coeur Chocolat

  Musique
    - Concerts
    - Opéra de Toulon
    - CD

  Portraits
    - Line RENAUD
    - Mathilda MAY
    - Rufus

  Théâtre
    - René RAYBAUD
    - Jacques WEBER
    - Victor HUGO

  Tourisme
    - Route des vins
    - Montgolfière
    - Art et Vin

 

CANNES - FESTIVAL DE DANSE 2011
NOUVELLES MYTHOLOGIES

Une nouvelle page de l'histoire du Festival de Danse de Cannes s'ouvre avec la nomination de Frédéric Flamand, l'actuel directeur du Ballet National de Marseille en qualité de directeur artistique : à travers deux volets dont le second est déjà programmé pour 2013, il nous propose de partir à la découverte des Nouvelles Mythologies ; au delà des mouvements du corps, il propose un décryptage de la société, de son évolution, de ses confrontations.
Trois spectacles nous ont permis de juger d'une nouvelle envergure de l'art chorégraphique, tout d'abord , La La La human Steps, le mardi 22 novembre, nouvelle création en première française. Edouard Lock, le chorégraphe canadien inspiré de cette formation imprime à ses danseurs une telle vitesse d'éxécution que cela défie l'humainement possible. Le spectacle est froid, sombre, on voit à peine les danseurs au début et les 4 musiciens qui exécutent une musique aux accents baroques sont à peine visibles au fond de la scène mais la technique est irréprochable, les gestes sont saccadés , répétitifs, hyper rapides , les bras des danseurs ont l'air de se démultiplier comme des ailes à différentes étapes du vol, le niveau d'exigence des figures est d'un niveau rarement atteint et le passage du temps est accentué par des représentations, en fond de scènes, de grandes images animées montrant une femme et son portrait vieilli, le noir, le blanc, les gestes saccadés évoquent Metropolis, on évolue dans un univers déshumanisé, la mécanisation des gestes reflète celle de l'esprit mais la virtuosité éblouissante de la performance nous laisse pantois : une belle découverte !

Le vendredi 25 novembre, c'est la compagnie rock de Michael Clark qui se produit avec 'Come, been and gone', 1h.30 de spectacle entrecoupée de 2 entr'actes .Ici, les costumes ainsi que le maquillage des danseurs évoquent Star Trek, la musique est celle de David Bowie, de Lou Reed , de Brian Eno, les danseurs sont souvent placés en parallèle et exécutent des figures en lignes obliques, ou droites , même lorsqu'ils sont en duo. C'est technique et mécanique -à nouveau- : entre la rigueur de la danse classique et l'influence de l'art visuel, l'ensemble est bien orchestré, les prestations ne sont pas très longues et offrent trois volets variés où la précision du geste est maîtresse et où l'espace est occupé harmonieusement par les figures très contrôlées des danseurs qui suivent un tracé géométrique . Même si l'univers reste encore un peu froid, le stylisme épuré des figures donne toute sa dimension à la gestuelle et au travail du corps. L 'ensemble nous laisse admiratif du travail des danseurs et offre un aspect séduisant de la danse contemporaine.
Dimanche 27 novembre , c'est le Sacre du Printemps de Stravinski, interprété par la compagnie Heddy Maalem, une troupe de danseurs africains en maillots de bain colorés. Le spectacle commence par une nuit d'orage, la nature est omniprésente en fond de scène, les prestations ont une résonnance primitive; trépidations, sauts, danses rituelles, l'énergie est puissante, elle célèbre la naissance, la mort, la renaissance, angoisse et jouissance alternent dans une composition généreuse.
Parfois un décor urbain gris apparaît avec un bâteau à la dérive; est - ce un symbole de notre société qui n'a rien compris à la souveraineté de la nature? Toute la force de la musique de Stravinski trouve une expression visuelle que le compositeur n 'aurait pas démentie, on retourne aux origines, à la création pure ou recréation du mouvement, la boucle est bouclée: la déshumanisation, la mécanique du temps qui passe, l'univers dépouillé redevient chaleureux, désordonné, trépidant, le tam tam retentit et martèle ces rythmes éffrennés. On se sent reboosté par tant de force, d'energie et de simplicité, la performance a d'ailleurs été très applaudie.
Notre incursion dans l'univers de la danse nous livre des compositions diverses, riches en émotions et en réflexions, les mythes sont réinventés mais le mouvement reste souverain.

I.Giulietti

© 2012 Evasion Mag