CANNES - THEÂTRE-CROISETTE
BALLETS JAZZ DE MONTREAL : LE CORPS EN FÊTE
Eblouissant, surprenant, prodigieux ; les qualificatifs ne manquent pas pour décrire le spectacle de danse réalisé sous les yeux ébahis du public cannois !
Fondés en 1972, les ballets Jazz de Montréal se composent d’une douzaine d’interprètes des plus agiles, capables de livrer de manière rafraîchissante et sans prétention toute la vitalité et la joie de vivre de la danse Jazz.
Ils continuent d’évoluer avec la vitalité des débuts et une énergie constamment renouvelée depuis l’arrivée de Louis Robitaille en 98 à la direction artistique. Danseur à la virtuosité internationalement reconnue, L.Robitaille met à profit une carrière riche d’enseignements et de rencontres afin d’offrir un éventail de tendances novatrices. Fusionnant classique et contemporain avec d’autres disciplines artistiques, il rend hommage à la splendeur du corps, sa force, sa sensualité.
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Au programme de cette soirée :
Short Works ; 24 pièces de 1mn, entrecoupées de noir. Le défi proposé au public est de pénétrer 24 univers originaux, profonds et éphémères. L’ensemble est frais, inhabituel, ingénieux et ludique avec des groupes plus ou moins importants sur scène, les mouvements s’exercent avec une telle précision que l’on peut même suivre le travail des muscles dans l’exécution du morceau. Des croquis de mouvements nous restent en tête comme la superbe prestation du n°20 en solo, la gestuelle des bras de l’un des danseurs au n°11, le danseur déguisé en ours au n°5, original et inattendu. On ne peut qu’être admiratif devant ces exercices de style conçus par la chorégraphe Crystal Pite. Old Song arrive ensuite,- même chorégraphe- interprété en solo par Katherine Cowie, sur une musique jazzy et langoureuse de Veda Hille ; on retrouve les constantes précédentes : précision des gestes, mouvements rythmés et syncopés mais toujours fluides dans l’enchaînement des figures et une maîtrise parfaite de l’ensemble. C’est plaisant et surtout techniquement impeccable !
Dernière prestation : Les chambres des Jacques, sur une chorégraphie d’Aszure Barton,où l’on passe de la musique de Gilles Vigneault à celle de Vivaldi ou encore ‘Les yeux noirs’ avec une cadence à couper le souffle. La majorité des danseurs se trouve sur la scène, à nouveau, ils donnent la pleine mesure de leur talent et de leur technique irréprochable, enchaînant des mouvements de groupe ou des scènes plus intimistes ; les hommes évoluent avec grâce, les femmes avec force et toujours cette maîtrise parfaite des gestes, certaines figures relèvent de l’acrobatie avec des sauts dignes du meilleur patinage artistique. Le spectacle est grandiose et accessible à tous, ce n’est pas de l’art conceptuel, c’est une grande fête où le corps est magnifié, où les danseurs poussent des cris parfois et célèbrent la joie de bouger son corps avec grâce, puissance et fluidité. Un véritable périple musical et visuel dont on garde un souvenir chaleureux et étincelant avec en prime la gentillesse et la simplicité des danseurs virtuoses avec lesquels certains inconditionnels ont pu échanger quelques mots après le spectacle. Que du bonheur !
Isabelle G |