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CANNES - PALAIS DES FESTIVALS
ETIENNE DAHO... ENTRE DELIRE ET NOSTALGIE

« Comme un igloo, je me tiens bien en surface .. » chante notre Daho national; le ton est donné: C’est l’invitation à la fête et au délire, aux nuits sans fin. Devant un parterre de fans entichés de leur idole, il arrive, sur la scène du palais des Festivals à Cannes, vendredi 25 avril, détendu, mèche brune sur l’œil, veste et pantalon de cuir noir, petit sourire malicieux au coin des lèvres, le côté British en prime, il présente tout de suite ses musiciens. Son groupe, tant par le look que par le son semble tout droit échappé du groupe Oasis, en prime ; trois jeunes femmes aux instruments classiques dont violon et violoncelle pour la dimension  symphonique de certains morceaux, ils sont là pour faire la fête avec le public et ….. ça déménage avec « Mr Etienne », bien plus qu’on aurait pu l’imaginer ! On alterne entre douceur et folie au gré des morceaux choisis.
Les sonorités pop rock de « l’Invitation », première chanson de son dernier album balancent bien, l’ambiance est psychédélique et le déhanché du chanteur impeccable, on ressent vraiment le bonheur d’être sur scène, une générosité naturelle et la tendresse qui arrive  avec une nouvelle chanson : « Cet air étrange » où il se déclare « fauteur de trouble », puis « les fleurs de l’interdit » qui invitent à moins de sagesse, dès le quatrième morceau, «  Saudade », la moitié de la salle est debout, tout près de la scène et chante à tue-tête en se déhanchant. Sans aller jusqu’à une manifestation d’hystérie collective, il est rare de voir le public se « lâcher » autant au grand Auditorium, le plaisir est sincère et réel, le mot d’ordre du « Maître de cérémonie Daho » a été suivi : on fait la fête !
La performance se poursuit avec un superbe poème de Genet, « Sur mon cou », sur un accompagnement de guitare sèche, suit alors « L’Adorer » , morceau qu’il avoue avoir mis beaucoup de temps à écrire, inspiré par sa collaboration avec Marianne Faithful, icône sixties, collaboration dont il se vante avec orgueil en se moquant un peu de lui-même. Arrive ensuite le magique « Heures Hindoues », chanté par tous ; Ah ! Gemini ! ( prononcez Djeminaï  , séquence émotion et nostalgie garantie ! D’autres morceaux s’enchaînent : « Epaule Tattoo », « Paris ailleurs », « Tu me fais tourner la tête ».
Les deux rappels sont tonitruants, le public, bien chauffé obtient en bonus « Promesses », « Bleu comme toi », « Cap Falcon », chanson plus récente, «  Week- end à Rome », réclamé à hauts cris, est chanté par….. le public ! Daho a tourné le micro vers les fans, « c’est à vous », dit-il, et le concert se termine sur : « Ouverture »… 
La boucle est bouclée, l’interprète nous a offert un beau voyage à travers le temps et les émotions en alternant interludes intimistes et performances pop rock. Les fans de la première heure (Indoue?), à présent futurs cinquantenaires ont revu leur jeunesse défiler tandis que les plus jeunes ont goûté à ce qu’on peut faire de mieux sur la scène musicale française.
Au sujet d’Etienne Daho, le magazine les  «  Inrockuptibles » a déclaré à juste titre : « …toujours le même sourire doux, toujours la même fraîcheur vitale – authentiques et émouvants, l’un et l’autre. Et, puis, cette faculté précieuse à réconcilier grand public et branchés, entre chanson épine, pop plume, ou techno puce. » Ce portrait est plutôt fidèle, Daho reste un homme neuf entre nostalgie rock et modernité synthétique, à la fois discret et omniprésent, constant et insaisissable, il se remet en question à chaque album et se révèle en allant vers les autres, ce qui explique une popularité de 20 ans, jamais démentie, une «  Dahomania » qui séduit tous les publics en réconciliant courants indépendants et variétés.
Lors de ce concert cannois, il a réveillé le meilleur de nous même ; une énergie positive et le plaisir de partager la fête.
Longue vie à « Mr Dah » et aux «  Dahomaniaques » : « Demain nous appartient … » (Heures Hindoues). 

Isabelle G.

© 2008 Evasion Mag