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NICOLE CROISILLE A SANARY
UNE SOIREE... DANS LE VENT !

Il s'en fallut de peu que le concert de Nicole Croisille tourne à la catastrophe.
D'abord, arrivant sur le lieu du spectacle à Sanary, elle découvre, à 19h, le public déjà installé pour 21h30 ! Et ça, c'est rédhibitoire : Nicole ne répète pas devant le public. Elle ne veut pas écorner la magie d'un spectacle et elle a raison. Alors, ce sont les musiciens qui feront les balances pour elle. Retour à l'hôtel.
Et puis, professionnelle jusqu'au bout des ongles, la revoici pour monter sur scène... après être restée coincée dans les embouteillages à l'entrée de Sanary pendant vingt minutes !
Sur scène, il y a un fort vent d'est qui lui arrive en plein visage, ce qui est loin d'être l'idéal pour une chanteuse... et pour son brushing ! Enfin, l'ampoule de poursuite claque dans les deux minutes qui suivent et un éclairage minable, placé derrière elle, éblouit les spectateurs et la laisse à moitié dans l'ombre.
Après tous ces avatars, il n'y avait "qu'une Croisille" pour sauver la situation avec humour, avec talent, avec charme et surtout avec une sacrée maîtrise, et nous offrir un spectacle malgré tout superbe, applaudi par M le Maire "in person" à qui elle a dédié une chanson : "Le blues du businessman" qui a fait rire le public.
De plus, c'était son premier concert de l'été et je la retrouvai, comme à chaque fois qu'elle est dans les parages car notre amitié date de... 40 ans !
Mais on a toujours quelque chose à se dire !

"J'ai passé toute l'année au théâtre et c'est donc mon premier concert depuis fort longtemps.
J'avoue que j'aurais aimé un peu me reposer et que mes musiciens avaient plus envie que moi de remontrer sur scène. Mais comme les 7, 8 et 9 octobre je chante à Paris à l'Alhambra, il fallait que je fasse quelques concerts dans l'été pour me remettre le spectacle en bouche et en jambe... J'avoue que j'ai démarré sur les chapeaux de roues !
Le théâtre, c'est terminé ?
Mais non puisque, dès le concert de Sanary je pars pour Avignon où je reprends, dans la salle du Bélier, "Les monologues du vagin" en compagnie de Valérie Mairesse et Alexandra Kazan ou Emmanuelle Boisdron, la petite "Navarro" !
Un nouveau disque est annoncé...
C'est un bien grand mot car c'est en fait une compilation qui sortira en septembre avec une seule chanson nouvelle.
Pourquoi pas un nouveau disque ?
Je te répondrai : pourquoi un nouveau disque ? Les gens de notre génération n'achètent plus de CD et ce ne sont pas les jeunes qui vont nous acheter, déjà qu'ils en achètent de moins en moins ! Alors pourquoi faire un disque qui sera sans promo car on ne nous passe plus nulle part ?
Il n'y a que les auteurs-compositeurs comme Souchon, Le Forestier, Voulzy qui s'en tirent bien. Les interprètes que nous sommes ne se font plus d'illusions.

Alors pourquoi une nième compilation ?
Ca fait cinq ans que, sans me consulter, Wagram sort des compilations avec toujours les mêmes, se contentant de changer la photo du disque. Le contrat se terminant, j'ai voulu sortir "ma" compilation que j'ai gérée d'un bout à l'autre avec les éditions Budde. J'ai donc choisi des incontournables et sept chansons qui ne sont pas dans les autres compilations et que mon public attend.
Et la nouvelle chanson ?
Elle s'intitule "Avec infiniment d'amour" et a été composée par Aldo Franck et une jeune auteure, Julie Sogni Daroy avec qui j'avais collaboré pour mon hommage à Nougaro.
Alors Aldo Franck s'y est remis....
Oui, il a mis du temps. Lorsqu'il m'a offert ma première chanson "Quand nous n'aurons que la tendresse", c'était en 69 pour la Rose d'Or d'Antibes que j'ai gagnée et qui a fait démarrer ma carrière... Compte le nombre d'années de gestation pour en avoir une autre !
Mais il y a toujours l'amour, la tendresse et surtout une complicité à toute épreuve car ça fait 40 ans qu'on travaille ensemble puisqu'il est mon pianiste. Il m'a juste trompée quelque temps avec Aznavour mais il m'est revenu. C'est une immense amitié qu'il y a entre nous...
En tout cas cette chanson, c'est le public de Sanary qui l'a eu en avant-première !"

Propos recueillis par Jacques Brachet

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